Suisse : Des assistants sexuels d’utilité publique

En Suisse, les personnes handicapées peuvent recourir à des assistants sexuels. Une pratique qui, en France, serait assimilée à de la prostitution. Cela n’a pourtant rien à voir, car l’assistance sexuelle s’inscrit dans une approche généreuse et humaniste du corps, dont nous ferions bien de nous inspirer.

Les Suisses ont beaucoup à nous apprendre dans un tas de domaines : le chocolat, l’horlogerie, ou le suicide assisté… Mais, plus étonnant, aussi dans le sexe. En effet, dans ce pays, il est possible de faire appel à des assistants sexuels. Il suffit de contacter, par exemple, l’association genevoise « Corps solidaires ». Son site internet précise que l’offre « s’adresse à toute personne majeure en situation de dépendance liée au handicap physique, psychique, mental, multihandicap ou au grand âge ».

L’assistance sexuelle existe aussi dans d’autres pays (Pays-Bas, notamment), mais elle est inimaginable en France. Chez nous, cela serait assimilé à de la prostitution : les organisateurs seraient donc condamnés pour proxénétisme, et ceux qui en bénéficient tomberaient sous le coup de la loi de 2016 qui punit « le fait d’obtenir en échange d’une rémunération […] des relations de nature sexuelle ». En Suisse, l’assistance sexuelle est aussi assimilée à de la prostitution, mais comme celle-ci est autorisée et réglementée, ça ne pose pas de problèmes. L’assistance sexuelle n’a cependant rien à voir avec la prostitution.

Prenons, pour commencer, les conditions d’accès. Avec un(e) prostitué(e), il suffit de payer. Avec « Corps solidaires », c’est plus compliqué, comme l’explique Pierre Pantillon, assistant sexuel et coordinateur des assistances pour cette association : « Il faut prendre rendez-vous, puis passer un entretien, ce qui nous permet de comprendre les besoins de la personne, car chaque cas est unique, et de trouver l’assistant ou l’assistante adéquate. »

Seconde différence avec le sexe tarifé, disons classique : « l’assistance sexuelle ne se définit pas par telle ou telle pratique. En ce sens, elle est à l’opposé de la prostitution. On ne fait pas de différence entre un massage des pieds et une masturbation. Si quelqu’un demande une masturbation, il faut comprendre qu’il exprime avant tout le besoin d’être relié à quelqu’un. Ce qui compte c’est l’humanité de la relation, dans les limites convenues entre les deux personnes. » (…)

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Écrit par
Antonio Fischetti
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