Overdose turquoise à Saint-Vincent et Grenadines

 

Dans le sud de l’arc antillais, des îles au nom de sirop se délayent au gré des courants en un cocktail aux nappes d’émeraude et de turquoise. Les Tobago Cays, joyau désormais protégé des Grenadines, constituent un vaste lagon cerné d’une barrière de corail, convoité par tout le gratin de la plaisance.

 
 
Pendant des siècles, l’île de Saint-Vincent n’a cessé d’être l’objet d’âpres et sanglantes querelles entre l’Angleterre et la France. La France a fini par lâcher le morceau. Seuls quelques noms de villages familiers subsistent le long des routes, comme autant d’oripeaux claquant dans le vent lourd d’humidité. Il faut par exemple faire un détour par le délicieux hameau de « Petit bordel »  sur la côte nord-ouest de l’île. Ozzi, le chauffeur rasta, secoue ses 30 ans de cheveux entassés sous son bonnet jaune et vert en se demandant ce qu’aurait pu devenir le pays s’il était resté français. « Sans doute quelque chose comme la Martinique ou la Guadeloupe, avec plein d’immeubles et d’autoroutes. On préfère quand même notre indépendance, même si je ne comprends toujours pas pourquoi on ne parvient pas à faire d’Union caribéenne. J’ai l’impression que le seul truc qui rassemble les Caribéens, c’est le cricket ! ». Le cricket et peut-être l’une des mers les plus belles du monde. (…)
 
 
 
 
Photographe : Christophe Migeon
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Écrit par
Christophe Migeon
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