xr:d:DAGB6Brj9VE:4,j:8047230945148448153,t:24040908

Cuba : Là où le temps s’est arrêté

Il y a des lieux sur terre qui n’évoluent pas au même rythme que les autres. Des lieux où la célèbre montre molle de Salvador Dali aurait toute sa place. Des lieux où l’Histoire avec un grand H est gravée à jamais sur les murs décrépits des moindres villages. Cuba est ce lieu. 

En cet hiver un poil frisquet sous nos latitudes, la chaleur moite qui imprègne l’aéroport José Martí de La Havane me met tout de suite une petite claque. Dehors, une Pontiac Chieftain, carrosserie écarlate et pare-chocs rutilants m’attend. Le décor est planté. Le voyage à Cuba s’annonce contrasté, déroutant, caliente et pour commencer très confortable grâce aux moelleuses suspensions de la belle Américaine. Fin de la course. Me voilà au cœur de la capitale, sur une terrasse feutrée, un verre de rhum 11 ans d’âge dans une main et un énorme cigare Cohiba dans l’autre. Point d’abus ce soir, cependant je rêverai toute la nuit de révolutionnaires barbus dans cet hôtel qui fut l’un des quartiers généraux de l’armée.

Vers le vert

Réveil fruité et coloré pour faire le plein de vitamines. Cap à l’ouest à destination de Mil Cumbres. Après plusieurs heures de conduite sur une route aussi remuante qu’un cours de salsa, j’arrive au bout de mes peines, mais, je l’ignore encore, seulement au début de mes efforts musculaires.

© Olivier Caillaud

En tout cas, le spectacle est de toute beauté. Devant le resto sur pilotis où nous faisons halte se déploie un paysage vallonné à la végétation exubérante. Mais à quoi peut donc servir juste à côté cette surface bétonnée qui fait injure à la nature ? Chacho, le guide, répond : « C’est l’héliport de Fidel Castro qui venait ici pour se reposer loin de l’effervescence de La Havane ! » Et si on cassait la croûte. Une assiette de soupe, puis un grand plat où s’empilent haricots rouges, riz, légumes et poulet font plus que me rassasier. Une micro-sieste s’impose. Ça tombe bien, sur la terrasse, il y a un rocking-chair, parfait symbole de ce pays qui sait tenir à distance le stress comme les Yankees. Fidèle à Fidel, je prends le temps de recharger mes batteries.

« Tout est ravissement et sérénité »

Bonne nouvelle, des mules porteront nos sacs tandis que nous marcherons à la cadence tranquille des bottes bleues de Chacho. Dans tout ce vert végétal, elles seront un repère. Impossible de perdre le guide ! Le petit layon que nous suivons est très agréable. Il traverse une végétation abondante, mais pas hostile. Nous croisons le gommier rouge ou « arbre à touriste » dont l’écorce rouge pèle affreusement ainsi que le palmier royal qui porte bien son nom. Tout est ravissement et sérénité. Entre deux clairières où la pelouse est aussi bien entretenue qu’un jardin anglais, nous faisons connaissance avec des campesinos, ces hommes qui travaillent la terre seuls et loin de leurs familles pour arrondir leurs fins de mois.

Fidel Castro veille

Ici, la vie n’est pas toujours facile. Tout est débrouillardise et à chaque jour suffit sa peine. Mais le sourire est omniprésent et la générosité est de mise. Dans sa misérable cabane, Lazzaro, chapeau de cowboy enfoncé sur la tête, nous invite à boire un café. Pas de tasses, mais à la place deux petits verres qu’il a découpés dans deux grands verres en utilisant un bain d’huile chaude et un clou. Système D et moment d’humanité suspendu.

© Olivier Caillaud

Un peu plus loin, un petit village composé d’une dizaine de maisons en bois, toutes bien soignées avec chacune un parterre de fleurs et zéro déchet dans l’allée centrale nous impressionne. À croire qu’ils concourent pour une médaille. Mais c’est vrai qu’ici tout est organisé pour que chacun soit dans l’égalité et le respect. Ainsi dans la petite maison faisant office d’épicerie, un vieux monsieur nous montre dans le registre bien rempli au stylo d’écolier la quantité de riz, de sucre ou de farine empruntée par chaque villageois.

Tout est noté sous l’œil de Fidel qui même absent, surveille toujours ses sujets. Il est partout le Lider maximo, peint sur le mur des écoles, encadré dans chaque établissement, et représenté aux côtés de son ami Che Guevara à l’entrée des villes sur les seuls panneaux autorisés, car ici point de publicités.

Le retour à la terre

Les randonnées se suivent et ne se ressemblent pas. Les forêts font place à de splendides petites montagnes cernées par les champs de tabac et de café. On les appelle « mogotes ». De vraies cartes postales devant lesquelles il fait bon s’asseoir pour mieux les contempler. Moment suspendu de gratitude. Les nuits fraîches se passent tantôt sous une tente hecho en Cuba, tantôt chez l’habitant où l’ambiance est toujours joyeuse avec bien souvent un groupe de musique pour digérer la journée sur des notes de guitare. Au matin, danseurs et musiciens se transforment en paysans et s’en vont labourer les champs, marchant aux culs des bœufs en tenant fermement le mancheron de leur antique charrue. La montre molle s’est, semble-t-il, arrêtée

Pratique

Y aller

Toute personne désirant se rendre à Cuba pour un séjour touristique de 30 jours maximum doit être en possession d’une carte touristique délivrée par le consulat de Cuba à Paris et les tours opérateurs français agréés par les autorités cubaines.

Dormir

Casa Norma, calle San Rafael, La Havane. Une chambre d’hôte, tenue par un Franco-Breton et un Franco-Cubain qui respire bon l’histoire de Cuba, le rhum et surtout les bonnes crêpes bretonnes servies sur la terrasse à l’heure du petit déjeuner, face à la mer. Un régal. Tout comme le cocktail offert à l’arrivée. 

Casa del Puerto, Inquisidor 508, La Havane. Dans le centre historique, à deux minutes de la baie de La Havane, cette casa est resplendissante. Sur sa terrasse fleurie de 200 m2, on peut se restaurer, boire un verre, se détendre dans le coin solarium ou dans un hamac. Le propriétaire parle français et offre un bon cocktail accompagné d’un cigare à l’arrivée. 

Avec qui

Nomade Aventure, tour opérateur engagé dans un tourisme durable et responsable, est un créateur de voyages hors des sentiers battus depuis 1975. II propose diverses façons de voyager pour découvrir les incontournables de Cuba et d’autres sites plus confidentiels.

En petit groupe, accompagné d’un guide local francophone, laissez-vous transporter dans une aventure hors du temps, en trek, randonnée ou découverte tranquille selon la formule, en immersion dans les cultures locales, avec nuits chez l’habitant dans des casas particulares (maisons d’hôtes) pour partager le quotidien et les traditions des Cubains ou en hébergements de charmeLes incontournables de Cuba : villes coloniales, parcs nationaux, sites naturels et détente sur les plages paradisiaques des cayos, (petits îlots de Cuba).

Lors d’un autotour sur mesure entre amis ou en famille, explorez Cuba, à votre rythme et en toute liberté, en véhicule de location avec ou sans chauffeur, guidé par l’application MyNomade, une vraie boussole vers vos hébergements et les sites emblématiques. Vivez un voyage de noces unique, lors d’un road trip à Cuba de La Havane à Viñales, de parcs naturels en plages de rêve. Et même un voyage spécialement conçu pour les passionnés d’ornithologie afin d’observer l’avifaune à Topes de Collantes, Guanahacabibes, Viñales et Cienaga de Zapata.

Pour réserver un voyage : www.nomade-aventure.com/voyage-cuba

© Olivier Caillaud

Cet article est à retrouver dans le AR66, disponible en kiosque et sur notre boutique.

Partager
Écrit par
Olivier Caillaud
Voir tous les articles