Récompensée en 2025 par le prix spécial « Nouvelle destination gastronomique » du guide digital LaListe, La préfecture de Fukuoka, au nord de Kyûshû, a tout pour séduire les amoureux du Japon en quête d’un itinéraire gourmand original.

Les yatai, patrimoine de Fukuoka
Les Japonais ne mangent pas en marchant mais adorent manger dans la rue, assis autour de petits stands mobiles où sont préparées toutes sortes de nourritures populaires. Le soir venu, au cœur de la préfecture, on repère vite les lampions des yatai dans les quartiers de Tenjin ou de Nakasu.


Quel le plaisir de déguster coude à coude, avec les gens du cru, un bol de ramen, des yakitori (brochettes), de l’okonomiyaki (sorte de pancake garni de viande et chou émincé), du chahan (riz frit), des tempura, des yakisoba (nouilles sautées), des takoyaki (boulettes de poulpe), ou de croustillants et moelleux hakata gyoza… le tout arrosé d’une bière bien fraîche. L’hiver, on se réchauffe autour d’un ragoût de tripes (motsunabe) ou d’un pot-au-feu fumant (oden), tout en serrant dans ses mains un verre de shochu de patate douce allongé d’eau chaude. Le Yatai, c’est le condensé joyeux et bon enfant d’un Japon intemporel ou manger est le plaisir suprême.
Le Tonkotsu ramen de Kurume
Inventé par erreur à Fukuoka, on en raffole dans le monde entier ! Le bouillon riche et crémeux du Tonkotsu ramen est obtenu en faisant mijoter des os de porc, afin d’en extraire tous les sucs et la substantifique moelle. Au mitan du siècle dernier, un cuisinier aurait laissé chauffer trop longtemps la marmite contenant les os : le bouillon, habituellement transparent, aurait alors pris une teinte blanche opaque.

Alors si vous aimez les ramen en général – et le Tonkotsu en particulier – c’est à Kurume qu’il faut aller ! Cette ville du sud de la préfecture de Fukuoka, construite sur les berges du fleuve Chikugo et entourée d’une chaîne de montagne, est une ancienne ville fortifiée. Après avoir arpenté les temples et sanctuaires, mettez le cap sur le quartier de Bunka Gai et engouffrez-vous dans le Ramen Yokocho. Cette ruelle étroite est bordée d’échoppes d’où s’échappent de savoureux arômes. Les variétés de ramen proposées sont nombreuses et il est interdit de repartir avant de les avoir toutes goûtées !
Le thé de Yamé, thé des origines
Amateurs de thé, en route pour Yamé et ses somptueuses plantations vert tendre. C’est ici que certains des premiers arbres à thé japonais furent plantés ! On cultive depuis des siècles un gyokuro d’exception dont les jeunes feuillees et les plus beaux bourgeons, protégés de la lumière, donnent un thé doux, rond, velouté et riche en umami.

Le Yame-cha se décline aussi en hôjicha (thé vert torréfié), genmaicha (thé vert mélangé à du riz grillé) ou thé noir (wakôcha). Pour apprécier ce breuvage et en faire provision, rien de mieux que le quartier historique de la ville de Yame. Le magasin Konomi Honke, fondé il y a plus de 300 ans, occupe tout un pâté de maisons. C’est le plus ancien marchand de thé de Kyûshû. Le Yame-cha se déguste dans toute la région, y compris à Fukuoka, au café-épicerie & LOCALS qui donne sur le paisible parc Ohori. C’est le lieu idéal pour savourer un ochazuke (riz sur lequel est versé du thé chaud), une glace italienne au gyokuro, et un bol de matcha de Yame.
Un saké très réputé
Bien que l’île de Kyushu soit la terre d’élection du shochu , la préfecture de Fukuoka produit des sakés parmi les plus réputés du Japon. Élaborés avec des eaux de source de grande qualité, les sakés de Fukuoka, en raison de leur diversité, s’accordent aussi bien avec les plats gastronomiques qu’avec la cuisine populaire des yatai. Dans les bars du quartier de Tenjin, les noctambules boivent du saké en dégustant du mentaiko (oeufs de colin salées et épicées), autre mets incontournable de Fukuoka.

Depuis 1820, la brasserie Kitaya fabrique son saké selon la méthode traditionnelle afin de perpétuer « l’esprit de Fukuoka ». À Ukiha, la Maison Isonosawa propose d’héberger les voyageurs désireux de vivre une expérience immersive autour de la « boisson des dieux ». Et tous les ans, à la mi-février, se tient à Kurume le festival de Jôjima. On peut y déguster les sakés régionaux et des spécialités locales comme les huîtres grillées et les fameuses fraises Amaou ! La ville est quadrillée de fabriques ancestrales aux murs blancs d’où s’échappe, par bouffées, le parfum doux et sucré du saké.
Ne partez pas sans…
Découvrir les cabanes à huîtres d’Itoshima et les gobôten udon et leurs tempura de racine de bardane. Fukuoka possède aussi son propre style de sushi, dit hakata-mae, composés principalement de poissons blancs pêchés dans la mer de Genkai et de riz moins vinaigré qu’ailleurs.

À Fukuoka, les marchés de produits locaux frais et de fruits de mer, comme celui de Yanagibashi Rengo, ne manquent pas. La région est aussi dotée d’un grand nombre d’hôtels de charme (ryokan) où la cuisine traditionnelle tient une place essentielle. Depuis Tokyo, deux heures de vol suffisent pour atteindre Fukuoka, le « Royaume de la gastronomie » !
Pour organiser votre voyage, toutes les infos sont ici : crossroadfukuoka.jp/fr
