Québec – 4 activités fun dans les Laurentides en hiver

Direction les Laurentides, au nord-est de Montréal, pour s’enivrer de blanc, de forêts et de balades en chiens de traineaux. 4 expériences uniques à vivre en hiver.

Randonner au Mont-Tremblant

Selon une légende algonquine, cette montagne était la demeure du Grand Esprit. Si l’on s’aventurait un peu trop près du sommet, la puissance divine se mettait dans une rogne capable d’ébranler la montagne. La colère du Manitou a donné ce nom de Manitonga Soutana qu’on a traduit par le massif du Mont-tremblant.  

Sentier des cimes Laurentides. Laurentides © Christophe Migeon

Les peuples autochtones géraient la région en bons pères de famille jusqu’à ce que les Occidentaux prennent le relais et décident d’en faire en partie un parc national dès 1895 pour la préserver de leur propre cupidité. L’hiver, ses 1510 km2 se découvrent raquettes aux pieds dans le feutre de la neige et du froid, entre les vieux érables à l’écorce pachydermique, les bouleaux jaunes drapés dans leurs haillons de bandelettes dorées et les épinettes aux branches meringuées de poudreuse, prêtes à se déverser sur le premier venu.

Une chance d’apercevoir un coyloup, fruit d’une honteuse romance entre un coyote et un loup. « On voit des coyotes au Québec depuis les années 1940, mais avec le réchauffement climatique, ils sont de plus en plus nombreux », raconte Éric Loiseau, chef naturaliste du parc du Mont-Tremblant. « Leur hybridation avec les loups est devenue un vrai problème. Les coyloups peuvent se reproduire et cela dilue la génétique du loup. » On ne le dira jamais assez : il ne faut pas coucher avec n’importe qui.

Parc national du Mont-Tremblant. Entrée 9,85 CAD. Location raquettes 19 CAD la journée.

Observer les bisons de Kanatha-Aki

En France, du côté de Dieppe, il menait de front et sans relâche une demi-douzaine de boîtes, faisait le mareyeur, le pisciculteur, le fabricant de conserves… « J’étais une machine de travail », se rappelle Stéphane Denis. Puis, il décroche et accompagne au Québec son père Jean-Claude, qui y faisait de fréquents voyages pour importer des bisons des bois en Europe… et ne revient pas.

Bison des bois.Centre Kanatha-Aki. Laurentides © Christophe Migeon

Son père lui offre 11 bisons, il en a maintenant une quarantaine. Le site devient un lieu de réunion et de cérémonie pour les autochtones. Son domaine, baptisé « Kanatha-Aki », un nom qui signifie « gardien de la terre sans frontières » en algonquin, s’est ainsi donné pour mission de reconnecter les gens avec la nature et les animaux.

Stéphane Denis, patron du centre Kanatha-Aki. Laurentides © Christophe Migeon

Un joli programme qu’on appréhende encore bien mieux autour d’une fondue au fromage et d’une gaufre aux bleuets avant de monter en raquettes ou en motoneige, en direction d’une cabane juste au-dessus de l’enclos des bisons. Le poêle en fonte est bourré de bûches et ne va pas tarder de rugir de chaleur. Alors, il n’y a plus qu’à retirer la chemise à carreaux et se faire digérer par la moiteur du sac de couchage. Migouetch, comme disent les Anishinaabeg. Merci. Merci la vie. 

Glisser avec les chiens

Au fil des hivers Martin s’est constitué sa dream team parmi les soixante chiens actifs du chenil, choisissant comme un sélectionneur de foot affûté les chiens capables de s’entendre et de tirer au mieux son traîneau : juste devant lui les wheel dogs ou chiens de barre, les plus puissants de l’attelage, puis au centre les chiens d’équipe pour la puissance et l’endurance, et devant les chiens de pointe qui aident à suivre les virages et à maintenir le cap. Enfin, tout en tête de la meute les leaders, capables à l’oreille de répondre aux ordres du musher – ho ! pour virer à gauche, dji ! pour tourner à droite – et ne pas envoyer l’équipage dans les sapins. Adieu la terre ferme.

Sortie traineau dans les forêts autour de Val-des-Lacs. Centre Kanatha-Aki. Laurentides. Canada.

Les clameurs s’apaisent, remplacées par le bruit hypnotique des patins fendant la neige et le rythme cadencé des pattes frappant le sol gelé. L’air est vierge comme aux premiers jours du monde. Les haleines blanches des huskies s’élèvent dans le froid. La suite n’est plus qu’une longue glissade féérique entre sapins et bouleaux transis de froid. 

Centre Kanatha-Aki. Activité traîneau à chiens. 359 CAD pour une demi-journée, 599 CAD pour la journée avec déjeuner en cabane.

Tester le ski Hok

Les Laurentides émergent à peine de la formidable poudrerie de la semaine passée, près d’un mètre en deux jours. Au-dessus de Lac-Supérieur, les petits aulnes sur les rives de la Diable sont ensevelis jusqu’au houppier. Sous prétexte d’overdose de flocons, il serait tentant de se faire des escarres sur son canapé sous perfusion de chocolat chaud. Mais depuis le ski Hok, l’excès de neige n’est plus une excuse pour tirer au flanc. Avec cet hybride de ski de rando et de raquettes à neige, on prend la forêt comme on prend le large, par tous les temps, par toutes les neiges et sur tous les terrains boisés ou vallonnés.

Sortie ski hok sur les rives de la Diable avec Jonathan Casaubon, patron de Farouche Tremblant. Laurentides © Christophe Migeon

Il paraît qu’Altai Skis, l’entreprise québécoise qui les a mis au point, s’est inspirée des Mongols qui une fois descendus de cheval, chassent dans la taïga avec un genre de skis courts. Ceux-ci semblent toutefois un peu plus high-tech : noyau en peuplier revêtu de fibre de verre, demi-peau de phoque synthétique fixée sous la semelle pour une bonne accroche en montée, fixations compatibles avec des bottes classiques… C’est maniable, ça flotte, ça glisse. Avec de tels engins aux pieds, il vous prend l’envie de courir les bois jusqu’au Nunavik.

PRATIQUE

 Y aller

Pour la saison hivernale, la compagnie québécoise Air Transat propose un vol direct quotidien entre Paris et Montréal. A/R à partir de 450 € avec bagage cabine et repas chaud inclus.

Dormir

L’Abbaye d’Oka, Oka. Les moines trappistes l’ont quitté en 2009 et les bâtiments ont été reconvertis en hôtel *** doté de 50 chambres simples, mais confortables. À partir de 220 CAD.

Farouche Eco-resort, Lac-Supérieur. Geneviève et Jonathan ont quitté Montréal et la vie de bureau pour « s’ensauvager » sur les bords de la rivière la Diable à 500 m du parc du Mont-Tremblant. Ils y ont désormais leur ferme ainsi que 7 refuges modernes et confortables autour d’une buvette. À partir de 160 CAD + 15 CAD le petit-déjeuner.

Les refuges de Farouche Tremblant. Laurentides © Christophe Migeon

Grand-Lodge Mont-Tremblant, Mont-Tremblant. Un superbe bâtiment en bois rond idéalement situé devant le lac Ouimet. 110 suites à partir de 250 CAD.

Manger

Labonté de la pomme, Oka. Pour un repas de cabane traditionnel, exclusivement pour les amateurs de sucré-salé, car ici tout est plus ou moins arrosé de sirop d’érable. Goûter le spectaculaire étagé campagnard, combinaison de gaufres nappée d’un gratin de fromage Oka. Deux menus 47 et 67 CAD.

À faire, à voir

Musée du ski des Laurentides, Saint-Sauveur. Saint-Sauveur où se trouve le musée est le berceau du ski au Canada. Ce sont les Norvégiens qui en ont importé la pratique au début du XXe siècle. Entrée gratuite.

Plus d’infos pour organiser votre voyage :

Tous les bons plans sur Tourisme Laurentides : laurentides.com

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Écrit par
Christophe Migeon
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