Sommet d'un temple et cime des arbres à Tikal au Guatemala
Sommet d'un temple et cime des arbres à Tikal au Guatemala © Christophe Migeon

Guatemala, au pays des Mayas

Qui a dit que les Mayas avaient disparu ? Ils sont au moins sept millions au Guatemala à avoir résisté au métissage forcé. Les marchés grouillent de couleurs et de prières ancestrales. On vous emmène en voyage entre volcans, cité coloniale et anciens sites mayas.

Où est le feu ?

Randonnée vers le volcan Pacaya © Christophe Migeon

Au Guatemala, une longue colonne de volcans s’étend sur plus de 200 km parallèlement à la côte Pacifique. Certains endormis à jamais, d’autres – 33, paraît-il – susceptibles de se réveiller et de cracher leur bile d’un jour à l’autre. Trois d’entre eux en tout cas refusent de faire la sieste : le Fuego, le Santiaguito et le Pacaya. Depuis sa grande éruption de 1965, il est tout de même possible d’emprunter un sentier depuis San Francisco de Sales pendant une heure et demie pour se retrouver devant un champ de lave. De là le panorama est magnifique avec la pointe parfaite du volcan de Agua et sur sa gauche le Fuego et les volutes de son panache de fumée.

Antigua, ancienne capitale coloniale

Calle de la Inquisicion. Antigua © Christophe Migeon

À Antigua, découvrons la beauté de l’ancien Monde conquistador. Après un premier tremblement de terre en 1715 et un second séisme en 1773, les colons prennent leurs distances avec les volcans puis fondent Nueva Guatemala de la Asuncion, connue aujourd’hui sous le nom de Guatemala City. C’est toute la chance d’Antigua d’avoir été abandonnée à son sort. Antigua est restaurée dès 1946, sous la houlette de spécialistes et d’historiens qui ont pris garde à respecter l’authenticité architecturale coloniale de la ville : maisons basses aux fenêtres bardées de fer forgé, patios ombragés ainsi que des rues tracées au cordeau, pavées de galets. Aujourd’hui, Antigua Guatemala, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, passe pour être la plus jolie ville du pays. Sur la Place des Armes, la cathédrale San José de 1680 n’exhibe plus que son fronton, émouvant décor de théâtre dressé devant des ruines ouvertes aux quatre vents.

Le marché de Chichi

Un arrêt à Chichicastenango s’impose car son marché passe à juste titre pour le plus grand et le plus dynamique de toute l’Amérique centrale. À « Chichi », deux fois par semaine, les Mayas Quichés viennent de 80 km à la ronde, en bus, scooters, parfois à pied, chargés de caisses et de ballots, pour installer leurs étals la veille au soir du marché.

La plupart passent la nuit sur place malgré la fraîcheur des 2 000 m d’altitude. À 7h du matin, une foule déjà compacte joue des coudes dans le dédale des stands. On trouve de tout sur le marché de Chichicastenango, de la serpette à la râpe à fromage, du dindon à la tête de veau. Les marchands de fleurs dressent leurs éventaires jusqu’en bas des marches de l’église Santo Tomás, construite dit-on au-dessus d’une pyramide maya.

Le marché de Chichicastenango © Christophe Migeon

Fresques lacustres

Les murs de San Juan La Laguna sont couverts de fresques, San Juan La Laguna, Guatemala © Christophe Migeon

Plus au sud, du côté des Mayas Tzutuhil du lac Atitlán, on prie Maximón, un curieux combiné de Saint Pierre, de Saint Michel ainsi que de Mam, bonne vieille divinité incarnant la puissance et l’autorité. Le lac où se reflètent les trois cônes des volcans Toliman, San Pedro et Atitlàn, est entouré d’une douzaine de villages avec chacun leur spécificité. Routards et noctambules viendront déposer leurs sacs à dos à San Pedro connu pour ses night-clubs animés, tandis que les bab en sandalettes iront dépenser leurs quetzals dans les stages de danse transcendantale et de lecture astrologique qui font la renommée de San Marcos. Les amateurs de street art pourront débarquer à San Juan où les murs se couvrent de peintures naïves et colorées. Plusieurs familles d’artistes comme les Sisay ou les Coche perpétuent cette vieille tradition maya de la fresque en l’adaptant à l’air du temps.

Angkor précolombien

Tikal, la capitale des Mayas des Basses-Terres est ressortie de l’oubli en 1848 où l’on a découvert environ 80 bâtiments sur les 3 000 estimés. À son apogée, autour du 8e siècle, la cité abritait 100 000 habitants couvrait plus de 120 km². Aujourd’hui, tous les matins, les touristes prennent la direction du temple no3, alias temple du Serpent à deux Têtes. Ils entament alors l’ascension de ses 64 m qui en font la plus grande structure précolombienne. Là-haut, au-dessus d’une canopée encore embrumée, ils s’assoient sur les marches et assistent au réveil de la forêt encore engourdie par la nuit.

Temple n°V à Tikal & Cérémonie des Mayas Quechi pour remercier les dieux © Christophe Migeon

Aujourd’hui les Mayas profitent du site et de son aura spirituelle pour se livrer à des cérémonies. Ils se réunissent pour honorer leurs divinités et leurs nahuals, ces divinités tutélaires, à la fois anges gardiens et esprits-guides, propres à chacun et souvent associés à un animal. Les incantations se noient dans les nuages de suie et les vapeurs d’alcool. « Je pense que ce site est en connexion cosmique avec des forces supérieures, souffle Miguel qui pendant 32 ans a participé aux campagnes de fouilles sur Tikal. Il se passe ici des choses qui sortent du rationnel.Un matin, j’ai vu et entendu un petit groupe de personnes monter les marches d’un temple. Je suis monté à mon tour juste après. Arrivé au somment, il n’y avait plus personne ! »

PRATIQUE

Y aller

Pas de vol direct pour Guatemala City, mais Air France propose un vol avec escale à Panama à partir de 935 €.

Quand

Durant la période sèche de novembre à mai tout en évitant si possible les fortes affluences de décembre et janvier.

Avec qui

Le TO Atalante propose plusieurs voyages au Guatemala dont « Couleurs Maya », une découverte complète du Guatemala en 15 jours avec des randonnées faciles passant par Antigua, le lac Atitlan, Chichicastenango, Tikal et d’autres sites historiques ainsi qu’une visite de la côte caraïbe à Livingstone. À partir de 3 899 €, vols inclus. Tél. : 04 81 68 55 60

Dormir

El Meson de Maria, Antigua. Au cœur de la ville, un sympathique hôtel de 20 chambres agencées autour d’un agréable patio. Superbe roof-top pour boire un verre en contemplant les tuiles de la vieille ville. Autour de 100 € avec le petit-déj.

Hotel El Meson de Maria, Antigua, Guatemala © Christophe Migeon

Hotel Santo Tomas, Chichicastenango. Cet ancien couvent dominicain a été reconverti en hôtel de charme très agréable, organisé autour de deux patios. Les 73 chambres et parties communes sont décorées d’antiquités religieuses ainsi que de masques païens. À quelques minutes à pied du marché. Autour de 100 € sans le petit-déj.

Jungle Lodge, Tikal. Le lodge est au cœur du parc national de Tikal, à une trentaine de minutes à pieds des temples. 49 chambres et suites réparties dans de petits bungalows dans la forêt. À partir de 70 € la nuit + 12 € le petit-déj.

À faire

La casa del ron, Antigua. Le rhum Zacapa, vieilli en fût de chêne en altitude (2 500 m), est l’un des meilleurs. Dégustation de 3 rhums de 23, 24 puis 25 ans d’âge pour 26 €.

La casa del ron, Antigua, Guatemala © Christophe Migeon

Ascension du volcan Pacaya. Le départ se fait de San Francisco de Sales, accessible en voiture depuis Antigua (environ 1h30 de route). L’accès au parc national du volcan Pacaya coûte environ 7 € et un guide est obligatoire (25 €).

Un reportage est à retrouver dans AR N°74, disponible en kiosque et sur notre boutique.

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Écrit par
Christophe Migeon
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