C’est le plus petit État d’Australie et sa superficie représente presque la moitié de la France. Cela ouvre le champ des possibles. Par où commencer ? Par Melbourne, la capitale culturelle branchée. Et on taille la route jusqu’à découvrir la Great Ocean Road, la plus spectaculaire route du pays. C’est parti pour un road trip inoubliable.

C’est en janvier à Melbourne, soit au cœur de l’été austral. Il fait chaud, très chaud. À la réception de l’hôtel, une corbeille pleine de mini-tubes de crèmes solaires protection 50+ est mise à disposition des clients. Comprendre : piochez dedans et pommadez-vous avant de vous exposer à la morsure des rayons dont nous, les Australiens, avons depuis longtemps appris à nous méfier.

Ça tombe bien, car j’aime m’enduire d’huile solaire et qu’à l’Open d’Australie, les températures grimpent. La direction du tournoi a permis de prendre une pause de dix minutes à l’issue de la troisième manche. Mais ô rage ! ô désespoir ! Devant un public en dépression, un Musetti à qui la victoire est promise vient d’abandonner sur blessure son match contre Djokovic.
Il était une fois Batman
Ça alors, carrément une avenue dédiée à l’homme chauve-souris, l’avenue Batman ! Mais non il s’agit plutôt d’honorer la mémoire de John Batman, le fondateur de la ville de Melbourne en 1835. Ce dernier a cependant vu pâlir son étoile depuis qu’il a été établi qu’il avait participé à des massacres d’Aborigènes en Tasmanie et que le traité signé avec la tribu Wurundjeri censé lui accorder la possession d’un vaste territoire reposait au mieux sur un malentendu au pire sur une tromperie. Toujours est-il que Melbourne a pris en 1837 le nom de Lord Melbourne, le Premier ministre britannique de l’époque.


Melbourne © Michel Fonovich
Devenue l’une des villes les plus prospères de l’Empire britannique voire du monde grâce à l’exploitation de mines d’or à l’orée du XXe siècle, Melbourne en profite pour bâtir à tout-va de superbes bâtiments civils (Parlement, bibliothèque d’État, Cour Suprême…) auxquels elle doit en partie son cachet. Les revues anglo-saxonnes la placent régulièrement au pinacle de leurs classements des « villes les plus agréables à vivre du monde ».
Sa majesté la Great Ocean Road
Bye-bye, Melbourne ! Une route mythique m’appelle, la Great Ocean Road soit la Grande Route de l’Océan. Les États-Unis ont la Route 66, nous avons la Nationale 7, les Australiens ont la Great Ocean Road. Au sud-ouest de Melbourne, elle ondule entre Torquay et Port Fairy sur 243 km. La grandeur de la Great Ocean Road tient à sa manière de louvoyer entre la côte méchamment escarpée et l’océan impétueux qui charrie avec lui des relents de Quarantièmes rugissants. À chaque lacet en surplomb, elle fait mine de piquer une tête pour se rafraîchir, longe des plages peuplées évidemment de surfeurs, mais aussi de nageurs en combi en quête d’une bonne baston avec les vagues et c’est plus surprenant dans ce pays accro aux sports, d’étranges personnes venues là pour simplement contempler l’horizon assis sur des chaises pliantes de camping.

Immanquable, les Douze Apôtres, soit des pitons de calcaire qui surgissent de la mer à une encablure des falaises. Il faut se souvenir que la GOR est l’œuvre de 3000 soldats de retour de la Première Guerre mondiale. Elle a été conçue comme un mémorial aux 60 000 volontaires australiens tombés sur les champs de bataille. Sa construction entre 1919 et 1932 a permis d’employer des vétérans traumatisés par la boucherie à laquelle ils avaient échappé. Munis de pioches, de pelles, de brouettes et d’explosifs, ils ont pris d’assaut les falaises pour désenclaver un territoire qui n’était accessible que par la mer ou à travers d’épaisses forêts.
Nos amis les bêtes
Éloignons-nous de ces magnifiques falaises pour déambuler dans la réserve naturelle Wildlife Wonders. Alors qu’on chemine sous les frondaisons, Liam, notre guide, nous donne un tuyau.

« Pour dénicher les koalas, inspectez d’abord le sol. Là où il y a des crottes, vous avez une chance en levant la tête de dénicher un koala sur son perchoir. Les experts, en les examinant de près, peuvent même déterminer l’âge de ces marsupiaux adeptes de la défécation à outrance puisqu’ils se soulagent jusqu’à cent fois par jour. Les crottes des vieux individus contiennent de plus gros morceaux de feuilles d’eucalyptus à cause de leurs dents usées qui ne leur permet plus de mastiquer convenablement. » Toujours bon à savoir. Et voici un émeu qui passe devant nous. Plus loin une foule de kangourous se reposent dans une prairie. Une escale incontournable sur la Great ocean Road !

Pratique
Y aller
La compagnie nationale vietnamienne et membre de SkyTeam, Vietnam Airlines relie Paris-CDG à Melbourne via Hanoï ou Hô Chi Minh-Ville. Depuis Hanoï, la compagnie propose 4 vols directs par semaine vers Melbourne, tandis que la liaison Hô Chi Minh-Ville–Melbourne est opérée quotidiennement en vol direct. Sur le trajet retour, la correspondance à Hô Chi Minh-Ville, d’environ 8 heures, peut se transformer en véritable escale-découverte. Ce temps permet de sortir de l’aéroport et de découvrir la ville avant de reprendre son vol vers Paris. Pour les Français aucun visa n’est nécessaire pour un court séjour au Vietnam. Selon les correspondances, la durée totale du voyage oscille entre 20 et 24 heures. Comptez à partir d’environ 1 260 euros pour un A/R au départ de Paris.

Southern Secrets Tours. Tombé amoureux de l’Australie après l’avoir sillonnée pendant un an, Julien Nicolle s’est installé à Melbourne où il a fondé, son agence, il y a près de 20 ans. Secret Southern Tours est une agence à taille humaine animée par des guides français ou francophones, des passionnés qui vous mènent en petit comité au plus près du terrain et des gens. Bref du sur-mesure qu vous immerge dans l’Australie avec une pointe de French Touch.
Plus d’infos :
Retrouvez le reportage complet dans AR N°76, disponible en kiosque et sur notre boutique.
