Alexis Lopez : voyage d’antan au Kirghizistan

Pour fuir la société moderne et se reconnecter à la nature, le photographe et réalisateur Alexis Lopez a parcouru à cheval et à l’ancienne le Kirghizistan. Il raconte son aventure sur YouTube, dans « Voyage dans le temps », un film qui a remporté le prix de la meilleure vidéo « Expérience du voyage » au Wonder France Festival 2023.

Comment as-tu fait ce voyage dans le temps ? 

Après un burn out, j’ai voulu reprendre la main sur le temps. Je suis parti chez les Kirghizes qui vivent à peu près comme il y a cent ans : ils se déplacent à cheval, vivent dans des yourtes, et se passent des technologies modernes. J’ai donc voyagé à cheval en adoptant leurs coutumes et leur rythme de vie. Pour tout équipement, j’avais une hache, un couteau, un antique sac à dos de l’armée suisse, un pantalon à bretelles, des chemises de lin… Seule concession à notre époque : appareils photo et vidéo avec un chargeur de batteries solaire. J’achetais tous les quatre ou cinq jours sur des marchés, de la viande séchée, des noix de cajou… et très souvent, j’étais invité dans les tentes des nomades. 

Qu’est-ce qui a été le plus dur dans cette aventure ? 

Accepter de ne pas être maître de tout. Ce qui est difficile, ce n’est pas de dormir dans une yourte ou de gérer les chevaux, non. C’est juste de se faire confiance, de se laisser aller à des choses totalement inconnues. C’est un voyage initiatique où j’ai dû me reconnecter à mes émotions.

© Capture d’écran YouTube – Alexis Lopez

Tu cherches à t’éloigner de la société hyper connectée, mais tu documentes tout sur les réseaux sociaux, n’est-ce pas contradictoire ?

En effet ! Mais je pars du principe qu’aujourd’hui les jeunes sont sur Insta et TikTok. Je veux leur montrer qu’on peut aller dans la nature, voyager de manière plus lente, plus respectueuse de l’environnement. En fait, je trouve que ça a plus de sens de poster ça sur les réseaux sociaux plutôt que de le garder dans un carnet personnel ou d’en faire un bouquin que personne ne lira.

Préviens-tu toujours que tu filmes ?

Oui, toujours. Je suis honnête à 100 %. Je filme beaucoup, c’est ma manière à moi de prendre des notes dans un carnet. Mais le regard que portent les gens sur la caméra est très positif. Ils ont envie de parler, d’avoir une parole qu’on ne leur donne pas toujours. Parfois, c’est une sorte de laissez-passer.

Penses-tu qu’aujourd’hui, l’aventure doit être repensée ?

On n’a pas le choix ! Il y a un effondrement climatique en cours, on doit voyager autrement. Les peuples sont aussi de plus en plus menacés, ainsi que les écosystèmes, parce que tous les touristes vont au même endroit. On doit protéger certaines zones victimes de leur succès, comme l’Islande, ou Bali.

Cet entretien est à retrouver dans AR N°66, disponible en kiosque et sur notre boutique, et en podcast.

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Écrit par
Eglantine L'Haridon
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