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Le Caire (pas très) confidentiel

 


Arrivez au pays d’Osiris en plein zarma (l’heure de pointe) avec des klaxons par milliers, dans un air saturé de poussière et vous aurez une assez bonne idée d’une ville de plus de 20 millions d’habitants conçue avant tout pour la voiture. Heureusement qu’il se cache de bonnes surprises. 

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D’un musée à l’autre

En attendant l’ouverture du très attendu musée de l’histoire d’Egyte du Caire, il y a bien sûr sur la place Tahrir, le magnifique Musée Egyptien.

Inauguré en 1902 à une époque où Le Caire était encore une vaste zone humide inondée périodiquement par les eaux du Nil, cet imposant bâtiment est l’œuvre de l’architecte français Marcel Dourgnon. Félicitons-le pour sa folie des grandeurs, car la statuaire égyptienne requiert une certaine place, pour ne pas dire une place certaine. Il n’y a qu’à voir Amenhotep III et la reine Tiyi dans l’atrium. Alors qu’ils sont assis, les deux époux culminent tout de même à 7 mètres. En tout, plus de 160 000 trésors archéologiques parsèment les allées et les salles de ce musée hors-norme. Certaines pièces sont régulièrement exhumées après avoir été oubliées pendant plusieurs décennies dans les réserves. On doit ces redécouvertes aux équipes d’archéologues et de restaurateurs qui œuvrent sur place. Un laboratoire a même été installé dans les caves du bâtiment pour réaliser l’analyse génétique des quelque 200 momies qui peuplent les lieux. 

 

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Il faut jouer des coudes au milieu des touristes russes débarqués de Charm el-Cheikh pour s’approcher de la Joconde locale : Toutankhamon dont le masque d’or pur découvert en 1922 symbolise l’extraordinaire raffinement d’une civilisation. Star planétaire, ce pharaon aura pourtant peu contribué à la grandeur de l’Égypte antique. Son règne fut court et plutôt insignifiant, mais sa légende lui survit encore à ce jour. Bientôt sa chambre funéraire et plus de cent mille objets déménageront dans le nouveau Grand Musée égyptien à Gizeh dont l’inauguration a été reportée à 2021. Un projet qui suscite une âpre négociation pour la répartition des chefs-d’œuvre. Des pièces essentielles, comme la statue de Djéser et celle de Khéphren, devraient toutefois demeurer dans l’ancien bâtiment et les futures découvertes continueront d’y être acheminées.

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Splendeurs et misères de Gizeh

Ce nouveau musée sorti du sable, on l’aperçoit sur la route de Gizeh qui mène aux pyramides admirées depuis l’antiquité par tous les visiteurs. Elles inspirèrent à Napoléon une phrase passée à la postérité (« Songez soldats que du haut de ses pyramides 40 siècles vous contemplent. ») et à moi un selfie qui ne devrait pas être rangé parmi les images marquantes du XXIe siècle.

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Photographe: Nicolas Leblanc / item

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Écrit par
Jeremy Suyker
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