Les aventures de Julie au Vietnam - A/R Magazine voyageur 2017

Hommage : les aventures de Julie Sarperi au Vietnam

Moi qui n’aime pas les sorties organisées, me voilà coincée au dernier rang d’un autocar en route pour les ruines des temples Cham de My Son (VIe-XIIIe siècle) aux environs de Danang. Comment ai-je atterri là ? J’en suis encore à me le demander quand le véhicule s’immobilise.  Terminus, tout le monde descend. Notre guide est là. Il s’appelle Dung.

 

Hello everybody !!! How are youuu ?

 

Imaginez un petit homme d’une trentaine d’années, les cheveux très courts, la mâchoire carrée avec une belle paire de lunettes de soleil. Il s’agit de Ray Ban Aviator,  toute noires et rutilantes. Des fausses bien sûr mais qui produisent leur effet. Son accent est difficile à comprendre mais c’est surtout sa voix, qu’il pousse trop loin dans les graves, et sa façon de parler qui prêtent à rire. Comme il se la pète! Nous avons en face de nous un mélange de Jean-Claude Van Damme au naturel et de Tom Cruise dans Top Gun, avec la panoplie du pilote de chasse : lunettes et blouson.

 

 

 

I tell you now and you remember…»

 

Dung s’adresse au groupe comme à une classe de collégiens. Comme il y a beaucoup de touristes sur le site, il va nous nous falloir un p’tit nom. « We call our group THE TIGERS TEAM ! This is important ok ? Remember ! THE TIGERS TEAM ! » Puis il feule comme tout bon tigre et donne dans l’air quelques coups de pattes toutes griffes dehors. Nous marchons un moment en direction des temples. Il fait chaud, notre grand félin porte toujours son blouson. « And now you repeat after me : Miiii Ssson ! » Et tout le monde de répéter en chœur : « Miiiiiii Sssôôôn ». Au secours !

 

« Follow me »

 

Une fois arrivés devant les ruines, Dung pointe son doigt vers nous, fronce le sourcil et de sa voix caverneuse lance : « and you remember … », suivi d’une explication sur le peuple Cham que je n’entends pas, trop affairée à dissimuler mon fou rire. C’est qu’il vaut mieux être prudent : le sergent-instructeur nous scrute fixement. Interdit de rigoler. Je retiens une chose : le site a été découvert par un Français et certains concitoyens ont cru bon de voler les têtes de toutes les statues. Elles sont aujourd’hui exposées au Louvre. Qui ça, moi ? Française ? No sir. Ze bonne blague !

 

  

 

« Back to the bus »

 

Pendant le traditionnel arrêt au magasin de souvenirs, notre star nous offre en cadeau d’adieu une petite démonstration de kung-fu, entre chapeaux pointus et tongs en plastique. Il donne de hauts coups de pied dans le vide, le plus sérieusement du monde et dans l’indifférence générale. Fin du spectacle. En saluant Dung, j’hésite à lui demander un autographe. Merci à lui pour ce one-man-show incroyable, et pardon d’avoir ri pendant toute la visite. Mais sait-il que son nom signifie en anglais excrément, crotte, fiente …  Tiger Dung, quel fabuleux nom de scène !

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Écrit par
Julie Sarperi
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