L’action de Grindadráp, le dernier polar de Caryl Férey, se déroule aux îles Féroé sur fond de chasse aux cétacés et activisme sur écologique. Comme à son habitude, l’auteur, grand baroudeur, s’est immergé dans le décor pour nourrir son inspiration. Revenudu pays des tempêtes féroces, il a écrit un livre à la fois politique et mystique.
Une petite curiosité pour commencer, d’où vient votre prénom Caryl?
C’est un prénom gallois que personne ne connaît. C’est aussi l’histoire pas très gaie d’un condamne à mort américain, Caryl Chessman, qui est devenu un symbole de la lutte contre la peine de mort, un truand qui est resté 12 ans dans le couloir de mort avant d’être envoyé à la chambre à gaz en 1960. Durant son incarcération, il a écrit des livres pour se défendre et survivre. Mon père y a vu une sorte de Che Guevara a choisi ce prénom pour moi.
Ça vous a prédestiné a devenir un défenseur des causes perdues?
À 6 ans, je voulais être tueur de braconniers après avoir vu à la télé un guépard se faire abattre. J’étais resté inconsolable. Je trouve ça hyper classe comme boulot. Je n’ai pas bougé là-dessus, mes livres parlent de ce lien perdu avec le sauvage comme Okavango centré sur le braconnage dans les parcs nationaux. L’humain est tellement arrogant et inconséquent alors quand je me retrouve dans la nature face à une girafe, ça me fait un bien fou parce que c’est un moment de paix.
Qu’est ce qui a nourri l’intrigue du Grindadrap?
D’abord le grind. Les images des massacres du grind sont choquantes. Des baies rouges de sang où des cétacés se débattent. Mais je ne voulais pas que ce soit les bons défenseurs de la nature contre les méchants chasseurs. Sea Shepherd, je les ai mis dans un endroit où ils n’ont pas le droit d’aller et je leur ai collé une tempête. Et enfin le côté polar, c’est presque un jeu, il faut toujours un cadavre, alors j’ai choisi le chef du grind. Après, il faut brouiller les pistes.
Alors, où se situe votre conscience écologique?
Moi, je suis pour l’écoterrorisme. Paul Watson est considéré par beaucoup comme écoterroriste, alors qu’il essaie juste de faire rspecter les traités qui ont été signés et qui ne sont pas respectés. Je ne vois pas où est le terrorisme. Utiliser ce mot, c’est une façon de disqualifier la cause écolo et d’utiliser toujours les vieux codes du xxe siècle alors qu’on a déjà pris 3 degrés dans la vue. Les jeunes sauront eux prendre des mesures radicales.

