Entretien avec Philippe Geluck

D’un naturel sédentaire, Philippe Geluck ne rêve pas de voyages lointains. Jouer à Tintin, très peu pour lui, et ça tombe bien, car son alter ego, Le Chat, n’envie pas Milou obligé de cavaler derrière son maître aux quatre coins du monde. Bruxelles, Paris, un village en Ombrie, c’est son triangle des Habitudes où il ne risque pas de disparaître.

Si Le Chat ne voyage pas tellement, est-ce que vous voyagez?

Très peu. D’une part, je manque de temps, d’autre part pour une raison éthique j’essaye deconsommer le minimum de carbone, donc j’évite surtout les petits voyages en avion comme unweek-end à Lisbonne ou à Rome. Je suis allé trois fois à New York dans ma vie, mais à chaque foisça m’a posé un problème puisqu’on sait qu’un aller-retour Bruxelles-New York fait fondre un oudeux mètres carrés de banquise par passager. Quand on sait ça, on se dit qu’on fait mieux devoyager à vélo autour de chez soi.

On verra au printemps le long des Champs-Élysées à Paris une vingtaine de statues du Chat qui côtoieront de Gaulle, Churchill et Clémenceau, ce n’est pas rien.

C’est un endroit impressionnant, mais qui manque, je trouve, d’animaux, qui manque de chats, desculptures un peu rigolotes. Je me rends compte de plus en plus, dans mon expression en grand format avec les toiles et les sculptures, que je suis peut-être en train de lancer un mouvement artistique, qui s’appellerait «l’art rigolo». Anne Hidalgo a dit oui au projet à deux conditions: qu’il soit voté au conseil de Paris, ce qui a été fait, et que ça ne coûte pas un centime à la ville, ce qui est le cas. Il y aura vingt sculptures de bronzes de deux mètres de haut, disposées entre la Concorde et le Rond-Point des Champs Élysées, exactement où il y a eu Botero en 1992. Au fond si Fernando l’a fait, pourquoi pas moi? Il sculpte des gros et des grosses, moi aussi. Donc il y avait une espèce de logique à poursuivre dans cette voie, et j’ai d’ailleurs créé un Chat en tutu, en hommage à la danseuse de Botero qui est très enrobée. Je sais parce que des personnes les ont déjà vues à la fonderie, qu’elles provoquent les rires et certaines d’entre elles tirent les larmes et interpellent aussi notamment celle en hommage à mes confrères dessinateurs assassinés.

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Entretien réalisé par Michel Fonovich

Photos: Studio Fifty Fifty

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Écrit par
Michel Fonovich
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