Côte d’Ivoire : 4 façons de voyager autrement

Après les Assises du Tourisme responsable qui se sont tenues début mai 2024 à Grand Bassam, en Côte d’Ivoire, on part dans la région Sud-Comoé pour découvrir les initiatives qui ouvrent la voie d’un tourisme vertueux pour le pays. Située à la frontière du Ghana, c’est la région la plus touristique d’un pays réputé pour ses grandes plages. Mais derrière les plages, il y a de quoi faire ! 

Grand-BassamLe quartier France

© Christian Laemmel

À Grand-Bassam, qui fut la première capitale du pays en 1875, le quartier France, classé à l’Unseco, a conservé un charme fou grâce à ses maisons coloniales joliment décaties et ses immenses manguiers centenaires importés d’Inde par les Français au début du XIXe siècle. On est à 30 minutes de l’aéroport d’Abidjan (quand les embouteillages n’embouteillent pas trop). Un lieu idéal pour commencer un séjour en Côte d’Ivoire au bord de la plage, en prenant garde toutefois aux vagues qui peuvent frapper fort. 

Grand-BassamLa chocolaterie Choco+

© Christian Laemmel

La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao. De quoi se réjouir. Sauf que cette production intensive participe grandement à la déforestation du pays et qu’elle est transformée à l’étranger. Pour créer de la richesse dans le pays et réinsérer des jeunes qui ont eu des problèmes avec la justice, l’ONG Como Équitable a lancé une unité de production bio de chocolat. Des tablettes 100 % made in Côte d’Ivoire. Des visites de l’atelier depuis la fève jusqu’au chocolat sont organisées pour des groupes. 

Sud-Comoé – La route des rois

© Christian Laemmel

Chez nous, les routes des vins permettent une joyeuse approche du territoire. Dans le Sud-Comoé, la route des rois permet de découvrir d’antiques traditions. Ils sont huit, huit rois qui font le lien entre les vivants et les puissances surnaturelles, huit rois qui incarnent l’autorité. Impossible de se rendre sur leur territoire sans recevoir leur autorisation.

À Kodjobane, un village du peuple Bétibé, après les civilités d’usage (qui peuvent être longues), les échanges de cadeaux, les chants de la chorale composée de 50 chefs de village ; on se dirige vers la plage. La grande pirogue de Fa (pirogue guerrière) est de sortie, symbole de la force des Bétibés qui vivent autour de la lagune Aby. La visite se termine par des danses sur la plage et un déjeuner au maquis (c’est comme ça qu’on appelle les restos). Demain sera un autre jour, avec la visite d’un autre roi.  

Fama Bio Terre vivante

© Christian Laemmel

À Maféré, commune d’Aboisso, la Ferme Agropastorale et du Maraîchage Biologique (Fama Bio) est active depuis 2018. Sa mission : développer l’économie circulaire dans un but d’autosuffisance. Exemple ? La récupération des déjections des animaux permet de produire des vers de terre, lesquels nourrissent les poissons dans les étangs. Cette même eau sert à l’irrigation et la fertilisation d’une rizière qui produit 8 tonnes à l’hectare. Les visiteurs sont les bienvenus et peuvent dormir sur place dans des hébergements touristiques. Au restaurant, ils mangent les produits de la ferme : escargots, poulets, œufs, carpes… Tout le centre est accessible au public. 

Pratique 

A/R Paris-Abidjan. CorsAir : vol direct à partir de 563€.

Meilleure période pour y aller. De décembre à avril, c’est la saison sèche. Après commence la saison des pluies, il fait chaud et humide, mais c’est franchement supportable. 


Merci à l’Association pour la Promotion du Tourisme en Côte d’Ivoire (APTCI), à l’Association des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI) et à Tourisme Sans Frontière (TSF). Ils ont organisé les 9èmes Assises du Tourisme Responsable à Grand-Bassam et Aboisso les 3 et 4 mai 2024 et l’Eductour, qui a réuni des professionnels du tourisme et des journalistes.

Tous les deux ans, TSF organise des Assises dans un pays en développement pour promouvoir le développement d’un tourisme qui soit supportable, voire profitable pour la planète et les habitants. 

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Écrit par
Sandrine Mercier
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