Vous cherchez de vrais hivers ? Avec du blanc sur les sapins ? Avec des stations de ski ouvertes de novembre à fin mai, sans canon à neige ? Direction l’Alberta, à l’ouest du Canada. C’est beau, tout simplement beau et ça nous fait oublier les morsures du froid. 5 bonnes raisons pour aller batifoler dans la poudreuse de l’Alberta.

Le panorama ouf de Sunshine Meadows
Les Canadiens y ont semé de belles stations de ski comme à Sunshine Meadows à 16 km de Banff, un vaste champ de neige encadré de hautes montagnes aux crêtes acérées. Le sommet le plus saisissant dans cet horizon tout en blanc et bleu reste celui de l’Assiniboine dont l’envoûtante forme pyramidale le fait passer pour le Cervin des Rocheuses. Avec un téléphérique qui vous expédie du fond de la vallée à plus de 2 400 m directement sur la ligne de partage des eaux de l’Amérique du Nord, Sunshine Meadows propose l’un des meilleurs ratios efforts-panorama de la région.


Rando raquettes sur le Mont Standish (2398 m). Sunshine Meadows © Christophe Migeon
La ruée vers Banff
Dès 1885, le gouvernement décide de créer une réserve sur 674 km2, qui devenait deux ans plus tard le tout premier parc national du pays. Avec 6 641 km2 de nature en majuscules, il est aujourd’hui l’un des plus visités du monde.

La ville de Banff est entièrement au service des 4,2 millions de visiteurs qui chaque année sillonnent pistes et sentiers du parc. Accueillir cette foule sans porter préjudice aux lieux sauvages que le parc est censé protéger représente un véritable défi de développement durable.
Il était une fois le Lac Louise
En parcourant le parc de Banff, » en 1882, un certain Tom Wilson, guide et trappeur pour le Canadian Pacific, tombe sur ce bijou de lac lové dans un écrin de montagnes boisées. Devant ses eaux d’un vert intense, une couleur due à un fin limon en suspension, il le nomme « Emerald Lake », mais moins de deux ans plus tard, il faut faire plaisir à son Excellence John Campbell gouverneur général du Canada. Le lac est rebaptisé Louise pour honorer son auguste épouse, Louise Caroline Alberta, quatrième fille de la reine Victoria, une princesse particulièrement gâtée, puisque la province elle-même a hérité de son troisième prénom.

Johnston Canyon ou l’art de la chute
Chaque année, à l’approche des frimas, la tumultueuse rivière Johnston se fige en un long ruban glacé entrecoupé de cascades pétrifiées. Une longue passerelle accrochée à la falaise surplombe les gorges et peut généralement se négocier sans raquettes. Mais il serait audacieux de s’y risquer sans crampons tant le chemin peut être verglacé.


Rando le long des cascades du canyon Johnston. Parc national de Banff © Christophe Migeon
Sauf glissade inopinée, un premier groupe de chutes, dites Lower Falls, apparaît au bout de 1,2 km. Les Upper Falls, encore plus spectaculaires avec leurs 30 m de vertige demandent encore 20 minutes de marche. Le sentier s’arrête devant ces cathédrales de glace tout en marbrures bleutées sous des draperies de stalactites et une couronne de sapins ployant sous la neige. Un vrai décor de conte de Noël.
Des bottes sur mesure à Calgary
Du cousu main pour vos pieds ! Chez Alberta Boot Company non loin de la fameuse tour de Calgary, on vous fabrique des bottes supposées durer 50 ans. Leurs semelles sont cousues sept fois. Les bottes de Kevin Costner dans la série Yellowstone ou celles de Leonardo di Caprio dans le dernier Scorsese, « Killers of the Flower Moon », ont été conçues ici, c’est dire. Les passionnés essaieront les bottes de la police montée que l’atelier s’est amusé à reproduire. Compter tout de même plus de 1 000 € (les bottes personnalisées le sont à partir de 500 euros) pour cette fantaisie.


Alberta Boot, atelier de bottes artisanales dans le centre de Calgary © Christophe Migeon
PRATIQUE
Y aller
WestJet est la seule compagnie aérienne à effectuer des vols directs vers l’Alberta. L’aller-retour Paris-Calgary est à partir de 600 €.
Dormir et manger
Vers le parc national de Banff
Buffalo Mountain Lodge. L’hôtel se présente comme une succession d’une douzaine de gros chalets en bois. C’est une retraite paisible à quelques minutes du village de Banff. 108 chambres à partir de 140 €.
Fairmont Chateau Lake Louise. Le chalet érigé en 1890 sur les rives du lac Louise a laissé la place deux incendies plus tard à un superbe hôtel de luxe. Son imposante façade en pierre a fait de lui un emblème des Rocheuses. 539 chambres à partir de 550 € la nuit.

À Calgary
Major Tom. Propriété du groupe Concord qui gère une vingtaine de restaurants à Calgary, ce bar restaurant spécialiste du cocktail offre une vue panoramique sur la ville depuis le 40e étage d’une tour. Son « All the way up », savant mélange de whisky japonais, de liqueur d’abricot, d’amaro Montenegro et pistaches, a été primé « meilleur cocktail de l’année » l’an dernier. Cocktails entre 13 et 17 €.
Hotel The Dorian. Cet hôtel boutique en plein centre de Calgary se distingue par son style élégant et sophistiqué inspiré par l’œuvre d’Oscar Wilde. Dans le lobby un tableau digital figure « Le Portrait de Dorian Gray » dont le visage accuse plus ou moins le coup selon les notes attribuées à l’établissement sur Internet. 137 chambres à partir de 110 €.
Banff Sunshine. Station de ski. Forfait adulte 115 €, le forfait après-midi 85 €.
Parc national de Banff. Un pass est nécessaire pour y entrer et circuler. Comptez environ 7 € pour le pass journalier (tarif adulte). Disponibles aux postes d’entrée et centres d’accueil, les pass peuvent aussi se réserver en ligne.
Buffalo Stone Woman. Heather Black et son fils Ryan font découvrir la faune et la flore des Rocheuses canadiennes. Le tout en transmettant le savoir et la philosophie des Premières Nations. Entre 55 et 75 € par personne selon la durée de la sortie.
Plus d’infos
Le site de Destination Canada, l’office de tourisme du Canada : MyCanada.fr
Le site de Travel Alberta, l’office de tourisme de l’Alberta : travelalberta.com
Ce reportage est à retrouver dans son intégralité dans le AR N°69, disponible en kiosque et sur notre boutique.
