T’as de belles pierres, tu sais

En matière de vieilles pierres, la Jordanie n’est pas la dernière, loin de là. Il y a bien sûr Pétra, la cité nabatéenne sculptée dans le grès ; mais aussi Jerash, la ville romaine ; Amman, la capitale que les Grecs appelaient Philadelphia ; les châteaux du désert… Tous ces vestiges raconte une histoire très ancienne qui irrigue le reportage. Alors, prêts pour un voyage dans le temps ?

Amman, beau comme l’antique

Amman et le théâtre romain

À peine un village en 1923 quand elle accède au rang de capitale, Amman s’est métamorphosée en une mégapole de deux millions d’habitants où subsiste comme par miracle en son cœur un sublime théâtre romain du IIe siècle adossé à la montagne.

Jerash : une cité fondée par les Grecs

Jerash Jordanie
Jerash

Une immense colonnade, une singulière place ovale, deux théâtres, un hippodrome, des temples dédiés à Zeus et Artémis, une douzaine d’églises, il y a de tout pour transporter jusqu’au septième ciel l’archéologue le plus blasé.

Il était une fois Pétra

Petra Jordanie
Pétra

Impossible de passer à côté de Pétra, c’est la cité la plus grandiose. Elle a été sculptée à-même la roche rouge à l’époque des Nabatéens, il y a plus de 2000 ans. Le 22 août 1812, dans les montagnes du sud farouchement belles, il s’engage dans le Siq, un défilé si étroit et si profond que le ciel par moments se dérobe au regard. Au bout, il l’ignore encore, il y a le khazneh, un monument entièrement sculpté dans la roche rose. Soudain apparaît la façade. Quel émerveillement!

Il écrira en gardant un calme helvétique: « Sa situation et sa beauté ont été calculées pour produire une extraordinaire impression sur le voyageur.» Deux siècles plus tard, l’effet est toujours garanti. Burckhardt est donc le premier Européen à découvrir Pétra, la capitale des Nabatéens. Intuitif et perspicace, il estimera «qu’une grande cité existait jadis à cet endroit» alors que d’autres n’y verront que des tombeaux et cela jusqu’à une date récente.

Le Deir

Dans les tombeaux, les bédouins ont d’ailleurs élu domicile. Ils n’en partent sous la contrainte que dans les années80 quand la renommée de Pétra va grandissante et que leur présence nuit au développement touristique. En 1981, il y avait un seul hôtel autour du site, aujourd’hui, ils sont une cinquantaine. De quoi en déduire que le nombre de visiteurs a lui aussi bondi. Vous ne marchez jamais seul à Pétra, mais selon les endroits il y a plus ou moins de foules. Certains par exemple rechignent à crapahuter pendant trois bons quarts d’heure pour rejoindre le Deir, un monastère taillé dans un cône de grès jaune, et ils ont tort.

Moins ciselé que le Khazneh, le Deir présente une façade plus grande (la largeur de la cathédrale Notre-Dame de Paris). De quoi être à nouveau ébloui. Si parvenu jusqu’à ce point vous n’arborez pas autour du cou un keffieh, c’est que vous avez su résister aux boniments des marchands bédouins installés tout du long du chemin.

Mais peut-être le regrettez-vous? Qu’à cela ne tienne, vous pourrez en acheter un en redescendant. Surtout bien le choisir. Ce conseil s’adresse avant tout aux hommes. On dit en effet qu’il est plus difficile de changer de keffieh que de femme: «Le keffieh, il faut le payer avec de l’argent alors qu’une femme peut s’échanger contre une chèvre.» Encore faut-il avoir une chèvre!

Pétra Jordanie
Le Deir

Le Wadi Rum au summum

désert Jordanie
Désert, Wadi Rum

Wadi Rum! Il suffit de prononcer ce mot pour convoquer la légende, celle écrite par le colonel britannique Lawrence dans Les Sept Piliers de la sagesse. Désert de sable de 500km² hérissé de montagnes aux formes fantaisistes entre lesquelles on se faufile en 4×4, à dos de chameau ou simplement à pied, cela dépend du temps dont on dispose. Généralement, ce n’est jamais assez. Wadi Rum, plutôt que d’en parler en long et en large, suivons la suggestion de Théodore Monod, grand spécialiste des déserts: «Parler du désert, ne serait-ce pas, d’abord, se taire, comme lui, et lui rendre hommage non de nos vains bavardages, mais de notre silence?

Mer morte

La mer Morte en 5 points

1.Ce n’est pas une mer, mais un lac d’eau salée d’environ 810km².

2.Elle a perdu un tiers de sa superficie depuis 1960.

3.Elle se situe à environ 430m sous le niveau de la mer.

4.Son taux de salinité est de 27,5% (contre 3,5% pour la mer Méditerranée).

5.À cause de sa salinité, aucun poisson, crustacé ou animal n’y vit.

Y aller

Royal Jordanian. A/R Paris-Amman (4h45) à partir de 650€. Attention, ne pas confondre avec Air Jordan, une marque de baskets qui aux dernières nouvelles ne permettait toujours pas de survoler la Terre.

Visa électronique. Environ 53€ pour une validité de 2 mois à entrée unique et environ 79€ pour une validité de 3 mois à entrées doubles.

Jordan Pass. Acheter le très avantageux Jordan Passen ligneavant le départ (à condition de rester au minimum 3nuits dans le royaume). Avantage: lepassregroupe à la fois les frais de visa(1 seule entrée)et l’entrée de 40 sitesdont Pétra, le Wadi Rum, Jerash. Il coûte70-75 ou 80JD, selon le nombre de jours souhaité à Pétra (1 à 3jours). Change: 1 dinar jordanien (JD) = 1,28€

Dormir

Le Royal Hotel, Amman

Royal Club Room

Sa posture altière laisse penser qu’il a une haute idée de lui-même. Sentiment justifié par le fait que c’est l’un des plus grands bâtiments de la ville. Il est bien sûr, pourvu d’un toit-terrasse. Question luxe,personne pour lui faire la leçon. Que dire sinon qu’il est royal.

Hayyat Zaman Petra, Wadi Musa

Chambre au Hayyat Zaman Petra

À flanc de montagne au-dessus de Pétra, un hôtel ou plutôt un village du XIXe siècle avec ses rues, ses maisons et ses boutiques. Un univers de vieilles pierres en accord avec un site minéral grandiose.

Photos : Jeremy Suyker

Un reportage à retrouver dans AR63

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Écrit par
Michel Fonovich
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