Riad Sattouf – Sa vie est un roman

 

Mon premier est la capitale d’un royaume du Moyen-Orient, mon second manque au pin pour être un arbre de Noël, mon troisième se dresse quelquefois sur une tête, mon tout est un auteur de BD, cinéaste à ses heures, qui vient de publier le second tome de l’Arabe du futur, un roman graphique où il se penche sur son enfance passée entre Libye, Syrie et France. Place à Riyad-Sa-Touffe.

 

 

Qu’est-ce qui vous a incité à vous lancer dans de projet de L’Arabe du Futur ?

C’est un projet que j’avais en tête depuis de nombreuses années, mais je n’osais pas vraiment m’y atteler, car il me manquait une sorte de fin symbolique. Quand la guerre en Syrie a commencé, j’ai aidé une partie de ma famille à venir en France. J’ai eu énormément de mal à obtenir les autorisations de la part des autorités françaises et j’ai eu envie de raconter ces mésaventures. J’ai su alors que je tenais ma fin, mais il me restait à raconter l’histoire depuis le tout début.

 

En matière de mémoire Proust se posait là, mais désormais il y a Sattouf pour lui faire de l’ombre. Comment faites-vous pour vous souvenir d’évènements survenus quand vous aviez entre 2 et 6 ans ?

Je me rappelle de moments quand je ne marchais pas encore. Mes souvenirs d’enfance, notamment de la très petite enfance, sont avant tout des souvenirs de sensations, souvenirs très forts d’images, d’odeurs, de sons,  des sortes de souvenirs-monde. Je peux aller me promener dedans, c’est très étrange.

 

 

Il n’y a pas une part de reconstruction sur la base de discussions avec votre mère ou votre père ?

Non. Pour le premier tome, j’ai vraiment essayé de partir avec ce que j’avais dans la tête, quitte à me tromper et en me disant que j’y reviendrais le cas échéant dans les tomes suivants en incluant alors les réactions de personnages qui auraient lu cette histoire qui est aussi la leur.

 

 

Dans la BD, il y a beaucoup de détails : des bâtiments mal fichus, des fissures dans les murs, de l’eau qui goutte, tout ça relève des souvenirs d’enfance ?

Les fissures, il y en avaient beaucoup là où on habitait en Syrie. Et quand une maison était parfaitement peinte et toute neuve, c’était un truc incroyable. La plupart des maisons étaient laissées à l’état de construction pour échapper aux impôts et l’ensemble du village semblait être tout le temps en chantier.(…)

 

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Photographe : Thomas Chéné
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Écrit par
Michel Fonovich
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