Face à face avec le (pas si diabolique) diable de Tasmanie - A/R Magazine voyageur 2019

Face à face avec le (pas si diabolique) diable de Tasmanie

Drôle de diable…

 

La France est fière de son coq, la Tasmanie est fière de son diable et entend bien le sauver grâce au programme Save the Devil. Il ne fut pourtant pas toujours à la fête. Considéré comme nuisible, il fut impitoyablement chassé pendant plus d’un siècle au point déjà de presque dis-paraître et ne dut son salut qu’à son classement comme espèce protégée en 1941. Mais à quoi donc ressemble ce diable ? Rien à voir avec un koala grignotant des feuilles d’eucalyptus à longueur de journée sur son arbre ou un kangourou bondissant sans penser au lendemain à travers les prairies bien que tous les trois se flattent d’être des marsupiaux.

 

Le diable de Tasmanie, une espèce de roquet aux proportions fantaisistes

 

Le diable est d’abord un cri, un grognement. Le premier colon qui l’entendit au coeur des ténèbres se dit qu’il ne verrait pas l’aube se lever. Une bête monstrueuse tout en crocs et griffes allait sans doute le déchiqueter, aussi fut-il soulagé en découvrant dans le bush une espèce de roquet aux proportions fantaisistes. Il ressentit aussi un peu de honte. Celui à qui il devait d’avoir souillé son pantalon pesait une dizaine de kilos et lui arrivait au niveau du mollet. Deux minuscules oreilles rondes et rougeaudes affleuraient d’une énorme tête occupée presque entièrement par une mâchoire de carnivore. Au cou bien tassé succédait une cage thoracique boursouflée qui allait en s’amenuisant jusqu’au derrière étriqué et affligé d’une queue incertaine. Le tout, il faut bien le dire, avait la forme grossière d’un radis, d’un radis posé sur quatre courtes pattes et enrobé d’un pelage noir. Son nom était tout trouvé : gros radis poilu de Tasmanie. Au lieu de ça, on l’appela en référence à son cri, diable de Tasmanie. Il faut dire qu’on n’a jamais entendu hurler un radis, mais a-t-on déjà entendu crier le diable ?

 

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Plus d’infos sur le site officiel de l’Australie

Photographe : Nicolas Leblanc
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Écrit par
Michel Fonovich
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