Mon pays, c’est l’hiver – Québec

À l’arrière des traîneaux à chiens

Un esprit de Saint-Bernard dans une tête de loup. Demandez à n’importe quel musher (conducteur de traîneau) ce qu’il pense de ses chiens et il vous dira à quel point ils adorent tirer leur attelage de plusieurs centaines de kilos dans une neige aussi épaisse qu’un sirop d’érable. Une sorte de jogging canin en quelque sorte. Sans le survêtement. Huskys sibériens, malamutes de l’Alaska, groenlandais ou encore samoyèdes, les chiens de traîneaux font bien partie du patrimoine québécois. Dévoreurs de grands espaces, compagnons chaleureux au cœur de l’hiver, ils vont diablement bien avec le décor. À la demi-journée ou la journée, avec nuit en igloo ou carrément en immersion dans un chenil, où que vous soyez l’offre de randonnées ne manque pas.

Jamais sans mes raquettes

La bonne couche de neige qui recouvre le Québec en hiver n’a jamais découragé personne de se promener. Ni les touristes, ni les coureurs des bois, ni même les Indiens d’Amérique qui pratiquaient la raquette bien avant qu’un Européen mette un pied dans la poudreuse canadienne. Aujourd’hui, on ne compte plus les sentiers aménagés pour la pratique de la discipline. Pour titiller le castor et l’orignal, direction le parc national de La Mauricie. Pour une immersion dans le compartiment congélateur du Québec, en route pour le parc national des Grands Jardins et son paysage de taïga. Plus proches de Montréal, les parcs nationaux du Mont-Tremblant et du Mont-Orford dévoilent lacs et cascades figés dans les glaces.

Au chaud dans ma cabane en rondins

« Ma cabane au Canada est blottie au fond des bois, on y voit des écureuils », chantait Line Renaud à la fin des années 40. À l’époque, les vols transatlantiques étaient rares et il fallait la croire sur parole. Mais aujourd’hui, autant aller vérifier tout ça par soi-même. Car les fameuses cabanes des trappeurs sont loin d’être de l’histoire ancienne. Elles offrent des logements insolites mêlant confort et retour au naturel, certaines proposant le grand luxe : jacuzzi, billard, cheminée, sauna, etc. Seuls les trappeurs ont disparu finalement. Qu’importe ! On s’y croirait, lorsqu’au petit matin, au milieu des bois, une légère brume flottante au-dessus d’un lac, on embarque sur un canot pour débusquer le caribou.

Ah gla gla !
Ca y est, tu es au Québec. Je dis tu car le vouvoiement n’est pas de mise ici. Il fait frette et c’est tant mieux, car tu es venu chercher les plaisirs givrés de l’hiver. J’espère que tu as la couenne dure car le thermomètre flirte tranquillement avec les -20° C. Sans une tuque bien enfoncée sur la tête, tu risques d’être gelé comme une crotte. Mais pas question de faire ta moumoune. Pour souper, attends-toi à faire un trou dans la glace et à pêcher. Si tu rentres bredouille, il y aura toujours une poutine (plat de frites avec par-dessus une bonne ration de fromage, le tout nappé d’une sauce brune) à déguster et un grand verre de bière pour la faire descendre. Pas d’excès ! Tu ferais péter la baloune. Ah ! Je te le dis : tu va avoir du fun ! Tu vas tripper l’hiver.

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Écrit par
Michel Fonovich
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