À la confluence de trois rivières : l’Isole, l’Ellé et la Laïta, la ville de Quimperlé a un charme fou avec ses petits ports. On profite des petits fjords bretons et de la lumière qui ont tant charmé les peintres du 19ème siècle.
Quimperlé, un cœur breton
Là où l’Ellé rencontre l’Isole, soit au confluent de l’Ellé (Kemper Ellé), a été fondée Quimperlé au Ve siècle. En s’unissant, les deux rivières forment la ravissante Laïta. Celle-ci descend jusqu’à la mer qu’elle rejoint au Pouldu, 17 km plus loin. Ses crues sont craintes dans la ville basse particulièrement sur le quai Brizeux. Pourquoi croyez-vous que Saint-Michel a fait construire son église dans la ville haute ? Parce qu’il n’aime pas se mouiller les pieds.


Rue de la ville haute et église Notre-Dame © Antoine Lorgnier
Se promener dans Quimperlé, c’est traverser les époques ! Les ruelles médiévales autour de l’abbatiale Sainte-Croix et les belles demeures bourgeoises de la rue Brémond d’Ars nous rappellent les activités commerciales jusqu’au XIXème siècle.
Terre de peintres entre Clohars-Carnoët et Pont-Aven
Fin du XIXe siècle. À l’embouchure de la Laïta, le petit village du Pouldu vit tranquillement au rythme de la mer. Rien à voir avec Pont-Aven à une vingtaine de kilomètres où depuis 1850 des artistes ont pris leurs quartiers. Paul Gauguin débarque à Pont-Aven en 1886 pour la première fois. Coup de foudre pour la Bretagne. « J’aime la Bretagne : j’y retrouve le sauvage, le primitif. Quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends le son sourd, mat et puissant que je cherche en peinture. ».


Arrivée à Pont-Aven et l’atelier du Pouldu © Antoine Lorgnier
En 1889, Gauguin est de retour en Bretagne, mais cette fois il délaisse Pont-Aven encombré de touristes en faveur du Pouldu. Avec d’autres peintres, il s’installe à la Buvette de la Plage, une maisonnette où Marie Henry en plus de servir à boire loue quelques chambres. De Haan et Gauguin entreprennent de décorer la salle à manger des murs au plafond. L’établissement modifié à plusieurs reprises s’appelle aujourd’hui Café de la Plage. La Buvette, elle, a été reconstituée dans son état de 1889-90 à seulement dix mètres de l’originale. Voyage dans le temps assuré. Depuis cet été, La Buvette est incluse dans le tout nouveau centre d’interprétation « Gauguin, l’atelier du Pouldu » lequel présente au fil d’un parcours immersif la rencontre si fructueuse des peintres avec la Bretagne. Plus près de toi, mon Gauguin.
Les rias, là où la mer rencontre les rivières

En route vers les rias, ces profonds estuaires envahis d’eau de mer qui s’insinuent loin dans les terres, tracent en catimini leur sillon biscornu entre des rives peuplées de chênes, de hêtres, de châtaigniers, de pins maritimes… En route vers les rias, rubans de velours aux couleurs variant entre le bleu profond et le vert émeraude où se mirent avec délectation des maisons habillées en costume blanc étincelant. Cap sur les rias, dont l’estran à marée basse se découvre pour le plus grand plaisir des pêcheurs à pied. Faut-il présenter la ria du Bélon dont les huîtres sont devenues l’emblème ? Doëlan avec son port, son phare rouge et l’autre vert, séduit instantanément. La discrète ria de Brigneau cache coquettement un petit port au bout d’une route tortueuse ; celle de Merrien apparaît sans crier gare. Quelle délicieuse surprise !
PRATIQUE
Villa Anaurot, Quimperlé. Salades, tartines, ou plats traditionnels à déguster sur la place Saint-Michel, face à l’église Notre-Dame, dans la haute ville. Tél. : 02 98 39 36 86
Des bouteilles à l’amère, Clohars-Carnoët. Isabelle Ricard et Marc Frocrain ont créé cette micro-cidrerie en 2015. Selon leurs mots, ils font du vin d’arbre, soit un cidre d’auteur qui lorsqu’on le déguste fait voir des paysages. Visite du hangar-boutique et ravitaillement plus que recommandé.
Le Trois Mâts, Doëlan. En surplomb de la ria, un restaurant à la bonne franquette.
Pension du Moulin, Pont-Aven. L’ancien hôtel Gloanec qui recevait Gauguin et consorts est aujourd’hui la très chic Pension du Moulin. Chambres douillettes, cuisine raffinée.
