Espagne – Les Asturies, l’autre nom du paradis

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Au nord-ouest de l’Espagne, les Asturies déroulent une côte spectaculaire avec en arrière-plan de magnifiques montagnes. Les Français connaissent encore peu cette région mais cela ne devrait pas durer ! On s’y régale et il règne en été une fraîcheur apaisante.

Gijón, entre terre et mer 

Rodigo Cuevas sur un cochon rose © Franck Ferville

Gijón qu’on écrit Xixón en asturien et qu’on prononce « chiconne » estla ville la plus dynamique des Asturies. Face à la mer Cantabrique, elle reste à l’écart des chemins touristiques bien qu’elle soit proche de la frontière française. Première surprise, dans le vieux quartier de Cimadevilla autrefois peuplé de pêcheurs. Une statue avec un homme avec des moustaches qui chevauche un gros cochon bien rose avec des lunettes. Il brandit une bouteille de cidre ! Cet enfant du pays aux goûts excentriques est Rodrigo Cuevas, un chanteur excentrique qui anime les soirées de la région. La ville compte une centaine de statues.

Éloge de l’horizon d’Edouardo Chillida & Árbol de la Sidra © Franck Ferville

Dans le parc Santa Catalina en surplomb de la mer on se retrouve à contempler celle édifiée par le sculpteur basque Eduardo Chillida, Éloge de l’horizon. 10 m de haut et 500 tonnes, l’œuvre de béton se distingue à l’horizon comme le symbole de la ville. Et pourquoi pas une dernière statue pour la route ? Celle-ci est formée par un empilement de 3 200 bouteilles de cidre vides. Son nom : Módulo Sícera ou Árbol de la Sidra (Arbre à cidre). Hommage rendu au cidre, boisson vénérée dans la région.  

Le cidre dans le sang

Depuis 2024, la culture asturienne du cidre est inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité, preuve éclatante que ce breuvage à base de pommes ne compte pas pour des prunes.  « Le cidre coule dans les veines des Asturiens, affirme Marta Garcia, qui travaille au llagar (cidrerie) Castañón fondé en 1938.  Il a forgé notre identité et crée toujours du lien social. Mais attention pour verser ce cidre là il faut beaucoup d’adresse. On dit chez nous, « escanciar ». Démonstration. De la main gauche, et se tenant de profil, Marta ouvre le robinet de l’immense tonneau. Un jet puissant vient percuter la paroi du verre qu’elle tient le plus loin possible en tendant le bras droit à l’opposé.

Sidreria Castanon & escanciador © Franck Ferville

Dans une sidreria ou un restaurant, en l’absence de tonneau, l’escanciador tient la bouteille très haut au-dessus de sa tête et verse le liquide dans le verre qu’il tient très bas au niveau des cuisses en regardant droit devant comme l’exige la règle. Surtout ne pas s’aviser de jeter un œil sur l’opération sous peine de passer pour un amateur. 

Llagar Sidra Castañón, Quintueles (Villaviciosa). Visite guidée du pressoir sur réservation.sidracastanon.com

Sous le charme d’Oviedo

Boire du cidre, certes, mais il faut aussi manger. Les pinxos, ç’est extra mais on apprécie aussi les douceurs, les sucreries. Pour ça, il faut se rendre à Oviedo, la capitale, où fut créé en 1924 le carbayón, un délice de pâtisserie de forme oblongue à base de pâte feuilletée, d’amandes moulues, d’œufs, de sucre et de vin doux, et recouverte de glaçage. Inventeur de la recette, la vénérable maison Camilo de Blas perpétue la fabrication  avec l’arrière-petite-fille Paloma de Blas.

Carbayónes, confiserie Camilo de Blas © Franck Ferville

Sur une photo, on peut voir Woody Allen et Scarlett Johansson la mine réjouie devant la vitrine. C’était en 2007 à l’occasion du tournage d’une scène du film Vicky Cristina Barcelona. Tombé sous le charme, le réalisateur avait prononcé ces mots : « Oviedo est une ville délicieuse, exotique, belle, propre, agréable, tranquille et piétonne. C’est comme si elle n’appartenait pas à ce monde, comme si elle n’existait pas, Oviedo est comme un conte de fées. 

Cathédrale San Salvador © Franck Ferville

Dansla cathédrale San Salvador (XIVs.), construite à partir de la « Cámara Santa » (VIIIe s.) qui conserve encore aujourd’hui les principaux trésors et reliques de l’ancien royaume des Asturies, on se presse pour jeter un œil au suaire du Christ et admirer un gigantesque retable en bois sculpté polychrome qui retrace la vie de Jésus

Centre Niemeyer, la touche brésilienne

Centre Oscar Niemeyer © Franck Ferville

Quand en 2011, on inaugure le Centre Oscar Niemeyer sur l’estuaire d’Avilès, une zone autrefois dédiée à l’industrie, son architecte, Oscar Niemeyer lui-même, a 103 ans. Que dire sinon que le vénérable maître brésilien était resté vert et fidèle à son amour des courbes sensuelles. Impossible de le confondre avec un autre. Son esthétique empreinte de poésie nous transporte dans un rêve aux accents futuristes qui contraste avec le décor du centre historique. C’est la seule œuvre de Niemeyer en Espagne.

Des villages authentiques

llanes © Franck Ferville

Cangas de Onís, aux portes des pics d’Europe est un village dont le sublime pont romain enjambe gracieusement la rivière Sella. Cudillero, téméraire village de pêcheurs qui s’accroche à la falaise. Plaisir de se perdre dans l’entrelacs de ses ruelles escarpées. Lastres, considéré comme l’un des plus beaux villages d’Espagne. Llanes, joli port de pêche parsemé de casas dos indianos, ces opulentes maisons bâties par des Asturiens rentrés au pays après avoir fait fortune aux Amériques.

Pratique

Y aller

En avion. A/R Paris – Oviedo avec Vueling à partir de 150 €.

Dormir

Hotel Artiem Asturias, Quintueles-Villaviciosa. À proximité de Gijón, cet hôtel paisible prend ses aises dans un cadre campagnard. Spa et jolie piscine extérieure. Le restaurant mérite qu’on s’y arrête.

Hotel Hacienda de Don Juan, Llanes. Belle bâtisse dans la ville côtière de Llanes. La mer vous tend les bras, mais les Picos de Europa paraissent si proches. Spa sympa.

Manger

Plazas, Avilès. Crevettes à l’ail pour se mettre en appétit. Surlonge au foie gras pour les choses sérieuses. Pain perdu brioché avec glace au lait pour se quitter bons amis. Un exemple parmi d’autres des prestations de cette maison de qualité.

La Galana, Gijón. Sur la plaza Mayor, un restaurant blanchi sous le harnais. Dans une salle très haute de plafond et plongée dans un clair obscur, les gourmets trouvent leur bonheur. 

Tierra Astur el Vasco, Oviedo. Dans un décor tout entier inspiré par l’univers du cidre – on peut manger dans des espèces de barrique – on se régale avec des tapas, de la charcuterie, des fromages … tout en sirotant comme il se doit du cidre.

Tierra Astur el Vasco, Oviedo © Franck Ferville

Hotel rural Casa Cipriano, Sotres. Là-haut dans la montagne, un lieu rustique idéal pour goûter la fabada, ce ragout asturien à base de haricots blancs, de chorizo, de lard et de boudin, qui tient bien au corps. 14 chambres en plus du restaurant et du bar.

Visiter

Laboral – Cité de la culture, Gijón. En 2007, l’ancienne Université Laboral s’est transformée en Laboral Cité de la culture, un espace unique pour l’éducation, la production culturelle et l’industrie créative. Il s’agit du plus grand bâtiment d’Espagne. Laboral, c’est colossal !

Musée des Beaux-Arts, Oviedo. Plus de 15 000 pièces. Les collections de peinture comptent des Greco, Picasso, Miró, Goya … et des œuvres de peintres asturiens du XXe s. parmi lesquels Nicanor Piñole, Evaristo Valle et Aurelio Suárez.

Quesería Maín, Sotres de Cabrales. Jessica et Javier vous font découvrir le processus de fabrication et de maturation de leurs fromages en visitant une grotte.

Javier Diaz et Jessica Lopez (à droite) et leur fromages. Quesería Maín. © Franck Ferville

Plus d’infos pour organiser votre voyage : turismoasturias.es

Un reportage est à retrouver dans AR N°73, disponible en kiosque et sur notre boutique.

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Écrit par
Michel Fonovich
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