Ljubljana est la capitale vraiment verte de la Slovénie, une ville pour flâner à pied ou à vélo en étant sûr de tomber sur un édifice bâti par Jože Plečnik, l’architecte qui l’a réinventée.
Visiter la maison Plečnik

Ici, vécut et travailla l’architecte et urbaniste Jože Plečnik (1872-1957), qui après avoir fait ses armes à Vienne puis à Prague refaçonna sa ville natale entre la Première et la Seconde Guerre mondiale en tirant profit des destructions causées en 1895 par un séisme.
Impossible d’échapper à ses œuvres, elles sont partout: des ponts, un marché, un stade, la bibliothèque nationale et universitaire, les berges de la Ljubljanica, un théâtre, une écluse, un cimetière, des églises… Le tout en témoignant d’un amour immodéré pour les colonnes. Plečnik aurait pu dire sans forfanterie: « Ljubljana, c’est moi ».
L’Unesco a classé au patrimoine mondial l’ensemble de ses réalisations. À côté du grand bureau encore chargé de tous les ustensiles, le lit étroit et inconfortable nous dit qu’il vivait seul et qu’il devait se lever tôt pour accomplir son grand œuvre qui allait transformer Ljubljana la provinciale en capitale.
Rencontrer Prešeren, le poète malheureux

Sur la place Prešeren se dresse la statue en bronze de France Prešeren (1800-1849) considéré comme le plus grand poète slovène. C’était un romantique. C’était aussi un alcoolique qui passait avec aisance des vers aux verres. Une cirrhose mit fin à son existence. Dans sa trentaine, il s’amourache d’une jeune beauté, Julija Primicova, qui n’a que faire de lui. Ignoré par la dame de ses pensées, il écrit pour elle quinze sonnets.
Une véritable prouesse vu que le dernier vers de chaque sonnet constitue le premier du suivant et que tous les derniers vers forment le quinzième sonnet dont la première lettre de chaque vers compose verticalement le nom de sa muse. Un acrostiche pour conclure. Chapeau bas !
À proximité de la statue de Prešeren, dans la rue Wolfova, on peut voir Julija, représentée dans un haut-relief, qui, émue, regarde en direction du poète. Fadaises !
Naviguer sur la rivière Ljubljanica

À Ljubljana coule la Ljubljanica. Rien de mieux pour la découvrir que de monter à bord d’une ladjica, un petit bateau touristique. Les sportifs opteront pour un kayak ou un paddle. On passe sous le pont des Dragons, les ponts de Plečnik (le Triple Pont, le pont des Cordonniers), on longe les quais conçus par Plečnik, les saules pleureurs nous saluent. Tiens, quel est ce gros rongeur qui bulle sur la pelouse ? «Un ragondin », m’informe le capitaine. On voit aussi les halles couvertes de dos et l’écluse monumentale construites par qui vous savez.
Nebotičnik, le rooftop à ne pas manquer

Achevé en 1933, ce gratte-ciel haut de 70m a été pendant longtemps le plus haut bâtiment yougoslave. En slovène, nebotičnik signifie littéralement «touche-ciel». Sur son toit, un bar en terrasse offre une vue à 360° sur la ville et bien au-delà. L’endroit idéal pour siroter un verre au coucher du soleil. À noter que Plečnik n’est pour rien dans sa construction qui a été confiée à Vladimir Šubic.
Place de la Révolution française

Hommage à Napoléon avec un obélisque de marbre blanc où figure notamment le visage en bronze de l’Empereur et cette inscription en français et en lettres d’or :
« Sous cette pierre, nous avons déposé tes cendres, soldat sans nom de l’armée napoléonienne pour que tu reposes au milieu de nous, toi, qui en allant à la bataille pour la gloire de ton empereur, es tombé pour notre liberté. »
Pourquoi tant de reconnaissance à l’égard de celui qui annexa en 1809 la Slovénie avec l’Istrie et la Dalmatie pour les intégrer à l’Empire en tant que Provinces illyriennes ? Il y a bien sûr le Code civil napoléonien qui a introduit la fin des privilèges, la démocratie, l’égalité devant la loi… mais sur tout, il y a l’élévation du slovène au rang de langue officielle. Pour la première fois, on enseigne aux écoliers leur langue maternelle. Merci qui ? Napoléon et l’inévitable Plečnik à qui a l’on doit l’obélisque et la place.
Pratique
Y aller
En avion: Paris Orly–Ljubljana (2h), AR à partir de 100€ avec Transavia. En train: Paris Est–Ljubljana(14h avec deux changements), AR à partir de 400€
Dormir

The Hotel. Au cœur de la vieille ville et au bord de la Ljubljanica, l’hôtel très confortable est le pied-à-terre parfait pour partir en balade.
