5 chemins historiques en Italie à découvrir à pied

L’Italie mise sur grands chemins historiques. Sous l’impulsion d’ENIT S.p.A — l’Agence nationale italienne du tourisme — et du ministère du Tourisme, le projet « Antichi Cammini d’Italia » prend forme. Financée par l’Union européenne via NextGenerationEU, l’initiative entend mettre en lumière cinq itinéraires de marche d’envergure européenne : la Via Francigena, la Via di Francesco, le Cammino di San Benedetto, la Romea Strata puis la Via Romea Germanica. Objectif affiché : faire de la Botte l’une des grandes destinations mondiales du tourisme pédestre.

Le mausolée de Romulus, proche de Rome

La marche s’impose aujourd’hui comme l’une des formes de voyage les plus appréciées en Europe. Le Programme des Itinéraires culturels du Conseil de l’Europe a structuré un réseau de plus de quarante parcours transnationaux certifiés. Le programme avait été lancé à Strasbourg en 1987 avec la reconnaissance des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ces itinéraires sont idéaux pour découvrir le patrimoine, permettre le dialogue interculturel et développer le tourisme durable. Dans ce cadre, l’Italie joue un rôle central : 5 chemins convergent vers Rome, point névralgique du pèlerinage occidental.

Au-delà de leur dimension historique, ces parcours répondent à une évolution du tourisme contemporain. Le voyageur d’aujourd’hui privilégie l’expérience à la simple destination. Le voyageur d’aujourd’hui privilégie l’expérience à la simple destination. Il recherche un rapport plus authentique au territoire et veut prendre son temps.Le chemin devient ainsi un espace de découverte progressive, où paysage, mémoire et spiritualité se rencontrent.

Via Francigena

La Via Francigena est l’itinéraire italien le plus reconnu à l’international. Certifiée Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe en 1994, elle s’appuie sur le récit du voyage de l’archevêque Sigeric de Cantorbéry, qui, en 990, décrivit les 79 étapes de son retour de Rome.

En Italie, le tronçon principal s’étire sur près de 1 000 kilomètres, du col du Grand-Saint-Bernard à Rome, en 45 étapes à travers sept régions. Mais c’est dans le Latium que l’approche de la Ville éternelle prend toute sa force : la Via Francigena traverse la Tuscia de Viterbe, entre Bolsena, Montefiascone, Viterbe, Sutri et La Storta, avant l’arrivée à Saint-Pierre.

Montefiascone, province de Viterbe

Dans le Latium, le chemin concentre certains de ses paysages les plus évocateurs : villages de tuf, basiliques romanes, anciennes voies de pèlerinage, parcs naturels et traces étrusques accompagnent les marcheurs jusqu’à Rome. La gestion de l’itinéraire est confiée à l’Association européenne des chemins de la Via Francigena, reconnue par le Conseil de l’Europe.

Via di Francesco

La Via di Francesco relie les lieux les plus significatifs de la vie de François d’Assise. Elle se compose de deux axes principaux convergeant vers Assise, centre spirituel majeur.

Chateau de Tora, Rieti, Italie

Si plusieurs itinéraires convergent vers Assise, c’est dans le Latium que la Via di Francesco révèle l’une de ses dimensions les plus intenses. La voie du Sud part de Rome et parcourt environ 300 kilomètres à travers la Sabine et la vallée de Rieti. Dans ce paysage de collines, de villages et de sanctuaires, quatre lieux structurent la mémoire franciscaine : Greccio, où François réalisa en 1223 la première crèche de l’histoire ; Fonte Colombo ; La Foresta ; et Poggio Bustone.

À travers la Vallée Sainte de Rieti, le chemin associe spiritualité, nature et mémoire des communautés locales. Les pèlerins peuvent obtenir le Testimonium, certificat attestant l’accomplissement du parcours. Ce chemin attire un public en quête d’une expérience à la fois intérieure et profondément liée au territoire.

Cammino di San Benedetto

Le Cammino di San Benedetto relie les trois lieux majeurs de la vie de saint Benoît : Norcia, Subiaco et Montecassino. Structuré dans sa forme actuelle grâce au travail de Simone Frignani, il s’étend sur environ 300 kilomètres en 16 étapes entre l’Ombrie et le Latium.

L’abbaye de Fossanova, dans la région du Latium, Italie

Le parcours traverse des zones montagneuses préservées — monts Sibillini, Reatini, Simbruini — et des lieux de grande importance historique et spirituelle. Parmi eux, Subiaco, avec le Sacro Speco et l’abbaye de Sainte-Scholastique, berceau de l’imprimerie italienne, ou encore Cascia et Roccasecca.

Ce chemin se distingue par son caractère contemplatif et par l’importance accordée à la tradition monastique, qui a profondément marqué l’histoire culturelle européenne.

Romea Strata

La Romea Strata est le chemin le plus récemment certifié Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe : la reconnaissance lui a été attribuée le 17 juin 2025. Elle reconstitue le réseau d’anciennes voies qui menaient les pèlerins à Rome depuis l’Europe centrale-orientale et baltique : plus de 4 700 kilomètres à travers sept pays, 245 étapes et plus de cinquante sites UNESCO.

Gaète, région de Latium, Italie

La section italienne principale se développe sur environ 1 000 kilomètres en 47 étapes, en passant également, dans le Latium, par Bolsena, Montefiascone, Viterbe et San Martino al Cimino, avant d’atteindre Rome comme couronnement du voyage. Depuis 2024, le dernier tronçon ne rejoint plus la Via Francigena, grâce à un minutieux travail de reconfiguration cartographique mené par un réseau de bénévoles, qui a redéfini l’itinéraire en lui donnant une identité propre et une entrée inédite dans Rome.

Via Romea Germanica

Certifiée en 2020, la Via Romea Germanica retrace le parcours des pèlerins venus du monde germanique. Elle s’inspire du récit de l’abbé Albert de Stade dans les Annales Stadenses du XIIIe siècle. L’itinéraire s’étend sur environ 2 200 kilomètres de l’Allemagne à Rome. Le tronçon italien, d’un peu plus de 1 000 kilomètres, commence au col du Brenner. Il traverse ensuite plusieurs régions avant de rejoindre la Via Francigena à Montefiascone.

Monument au Pèlerin

Dans le Latium, la Via Romea Germanica rejoint la Via Francigena à Montefiascone et partage ensuite l’approche finale vers Rome à travers la Tuscia : Bolsena, Viterbe, Vetralla, Sutri, le parc régional de Veio et La Storta. Une variante septentrionale touche également Civita di Bagnoregio, suspendue sur un éperon de tuf.

Une vision intégrée

La promotion de ces cinq itinéraires répond à une nécessité claire : donner une visibilité cohérente à un patrimoine longtemps fragmenté. « Antichi Cammini d’Italia » vise aussi à positionner l’Italie comme une référence du tourisme culturel lent en Europe.

Cette stratégie s’appuie sur les nouvelles attentes du voyageur : recherche d’expériences durables et de sens dans ses vacances. Le chemin devient un véritable espace de rencontre entre patrimoine, nature et introspection.

Cinq itinéraires, une même direction : le Latium et Rome, une Italie qui se découvre pas à pas.


Projet financé par l’Union européenne – Next Generation EU «Antichi cammini d’Italia», PNRR – Mission M1C3 Investissement 4.3 Intervention 274 – porteur du projet MINISTÈRE DU TOURISME ITALIEN, Agence exécutante ENIT S.p.A.

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