Blotti entre l’océan et l’estuaire de la Gironde, le Médoc Atlantique cultive à l’abri de la foule son naturel sauvage. Au programme des plages qui n’en finissent pas, des carrelets perchés sur leurs pilotis, des villas Belle Époque. À l’horizon, le majestueux phare de Cordouan veille. Prêt pour l’évasion ?

Phare de Cordouan ou le Versailles de la mer
Au Verdon-sur-Mer, on embarque sur la vedette amphibie Bohème IV. Cap sur le phare de Cordouan à l’embouchure de l’estuaire de la Gironde. Nous voici au pied de la merveille des merveilles, classée au patrimoine mondial de l’Unesco en 2021 et surnommée le « phare des rois ». Sébastien un des deux gardiens du phare nous accueille pour présenter le dernier phare de France en mer encore habité et le seul au monde ouvert à la visite « On est plutôt considéré comme gardien de monument historique car on assure la maintenance, le nettoyage et les visites. Le phare est automatisé, on dort dans nos chambres et s’il y a une panne de la lanterne, l’alarme nous réveille pour intervenir. »


© Maïté Baldi
En grimpant doucement les 301 marches pour accéder à la lanterne et à la vue panoramique une chose frappe, le monument de 1611 a l’air comme neuf : « Le phare demande de gros travaux de rénovation car la pierre calcaire n’aime pas le sel. On le refait pierre par pierre tous les 50 ans. La dernière restauration a fini en 2022 après quelques 30 aller-retour en hélico pour changer les pierres ! » avoue Sébastien. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour redorer le lustre de ce symbole du patrimoine maritime, consacré 2ème monument préféré des Français en 2025.
Visite du phare de Cordouan en bateau avec un départ depuis Port Médoc, Le Verdon-sur-Mer. Tarif adulte, à partir de 47 € (4h). Départ en fonction des marées.
Connaissez-vous le waveski ?
Club CKLG, Lacanau
Vingt-cinq clubs de surf à Lacanau et un seul de waveski ! Cette discipline à mi-chemin entre le kayak et le surf, procure pourtant des sensations de glisse dès la première séance. C’est un champion du monde qui vous le dit, Pablo Arrouays, figure emblématique du club de waveski, le CKLG de Lacanau : « C’est plus accessible que le surf ! Assis sur la planche avec une ceinture qui nous tient fort et les pieds bien calés, on peut faire des figures sur la vague rapidement. C’est très adapté à tout âge et idéal pour les handicapés des membres inférieurs. »


© Maïté Baldi
Pablo qui a découvert la discipline à l’âge de dix ans dans ce même club a immédiatement accroché : « Bonne ambiance, peu d’esprit de compétition ! Les vagues sont très changeantes ici, ça fait un super terrain d’entraînement. On est le plus gros club de France et aussi le plus médaillé. » Aujourd’hui, il s’implique à fond dans le club, en gérant la base et donnant des cours tout au long de la saison et reste coach bénévole du club pour entraîner les jeunes. À la fin de la saison, il s’éclate dans les barrels (vagues tubulaires) autour du monde. En Indonésie, il a même réalisé une première mondiale en surfant une vague de rivière à Sumatra. Pour pas un rond. Mais pour un film Take a seat 2 à guetter sur YouTube.
Pour prendre des cours de waveski avec un champion du monde : canoe-kayak-lacanau.com
Oh ! les jolies villas de Soulac-sur-Mer
Le saviez-vous ? Jean Dujardin a craqué pour une villa à Soulac. C’est vrai qu’ici à la pointe du Médoc, loin de tout, le désir de tranquillité est vite comblé. La bien nommée basilique Notre-Dame-de-la-Fin-des-Terres annonçait la couleur dès le XIIe siècle. Aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, elle est restée ensevelie sous le sable pendant 120 ans. En 1847, les habitants après force pelletées ont réussi à la dégager. D’où le blason de la ville : « Ex arena rediviva surgit » qui signifie « Du sable elle surgit et revit ».

Débarrassé des grains de sable, le tourisme balnéaire pouvait commencer à s’épanouir. L’ouverture de la ligne de chemin de fer Bordeaux-Soulac en 1874 permet aux Bordelais de découvrir ce littoral et les bains de mer. Très vite, le train est baptisé « train de plaisir ». Dans le village, des villas fleurissent qui répondent aux désirs de la nouvelle bourgeoisie : façades en briquettes, épis de faîtage, tourelles, pignons, lambrequins fixés en bordure de toits qui leur donnent des airs de la Caraïbe sans oublier les cartouches en céramique qui affichent leurs petits noms affectueux : Ma Coquette, Ma Lubie, Solitude, Manon…. De vraies maisons de poupées comme autant de trésors éparpillés dans la ville.


Villas de Soulac © Maïté Baldi
Viens dans mon carrelet !
Symboles de l’estuaire de la Gironde, les carrelets sont ces petites cabanes sur pilotis éparpillées le long du littoral. S’ils sont nombreux, les carrelets restent inaccessibles au grand public, car tous sont privés. Pour corriger cette situation, l’association du Phare de Richard en a construit un. On peut le visiter ou le louer pour s’essayer à une pêche douce.


© Maïté Baldi
Le carrelet est le nom d’un poisson plat et d’un grand filet carré tendu au bout d’une perche. Par extension, la cabane a pris le nom de carrelet. Julien Escors, gardien du phare avoue que le grand plaisir, ce n’est pas le poisson : « C’est une philosophie, une forme de méditation face à la mer rythmée par la remontée du filet. C’est aussi un lieu de convivialité. On se retrouve en famille ou entre amis autour d’une table comme dans un cabanon provençal. La différence c’est que notre cabanon domine le plus grand estuaire d’Europe. On a l’impression d’être sur un bateau. »
Le phare de Richard et son carrelet pédagogique, Jau-Dignac-et-Loirac. Ouvert entre le 1ermars et la Toussaint. Visite du phare 3 €/adulte. Location carrelet 20 €/j + adhésion à l’association.
Rouge, blanc, rosé
Le temple de Tourteyron
À la fin des vendanges, Mélissa Bergey nous accueille dans son vignoble.« Excusez-moi, j’ai les mains violettes. Je les plonge souvent dans la cuve pendant le processus de macération qui va durer jusqu’en décembre. » Et les dents noires ? « C’est à cause des dégustations. » Œnologue et vigneronne, Mélissa n’arrête pas une seconde. Tantôt dans les vignes, tantôt dans le cuvier du XIXe siècle. « Il y a du boulot, car on travaille comme les anciens. »

Après avoir planté des haies et des arbres pour favoriser la biodiversité et atténuer les effets du réchauffement, la famille Bergey a replanté de vieux cépages tels que le petit verdot : « On est peu nombreux dans le Médoc à cultiver ce cépage bordelais qui avait disparu. L’avantage c’est qu’il supporte bien la chaleur tant qu’il a les pieds au frais. On aime ses tanins plus fins, plus fruités. » Si le Médoc est connu pour ses vins rouges, Mélissa a su innover avec un blanc à base de cabernet-sauvignon : « Un blanc de noirs très floral et poivré. » Mais sa grande fierté, c’est d’avoir été les premiers à faire du rosé dans le Médoc. « Dans le Médoc, c’était rageant de se voir proposer un côtes-de-provence à la table d’un resto ! » Faute de goût réparée.
Le temple du Tourteyron, Valeyrac. Programme des visites : cuvier du XIXᵉ siècle, chai à barriques, découverte des techniques viticoles et dégustation commentée.
PRATIQUE
Dormir
Ô Lac, Lacanau. À deux pas du lac, Alexandra a imaginé un lieu pour se déconnecter, un lieu en phase avec sa nouvelle activité d’accompagnatrice en bien-être physique et émotionnel. Structure bois, piscine chauffée, jacuzzi sous les bambous, atelier yoga, salle de jeux et terrasse avec vue sur le lac. On débranche tout. 5 chambres avec le pdj à partir de 108 €.
Hôtel Michelet, Soulac-sur-Mer. Une villa bourgeoise Belle Époque transformée en hôtel tout près de l’océan et du centre-ville. Un 2 étoiles qui mériterait bien plus, mais qu’on apprécie pour son petit prix. 20 chambres à partir de 79 € +12,50 € pour le pdj.
Pour bien préparer son voyage : medoc-atlantique.com
