Mali – Le long du blues

 

C’est bien connu, le blues a poussé sur les bords du Mississippi, dans les champs de coton où trimaient les esclaves noirs déportés d’Afrique de l’Ouest. C’est moins connu, les graines du blues ont germé il y a  très longtemps quelque part sur les rives d’un autre fleuve, le Niger. Récit d’un voyage musical au Mali à la recherche de la source.

Le 7 mars 2006, le Blues malien subit une grande perte avec la mort d’Ali Farka Touré. Mais à l’époque de ce voyage, Farka était bien vivant et j’écoutais en boucle quelques-uns de ses albums : Niafunké, Talkin’ Timbuktu, The source. C’est celui-ci qui m’a décidé : les origines, les racines du Blues, là-bas au Mali. Premiers rythmes de Blues À Bamako, ce furent d’abord les odeurs d’essence, de poussière, et la terre rouge ; une cigarette à l’avant du taxi collectif, ma guitare entre les genoux, la nuit chaude et l’air épais. Puis les premiers rythmes de blues des femmes battant le linge le long du fleuve. Toumani Diabaté, le grand joueur de kora, ne le sait pas encore, mais j’ai rendez-vous avec lui. Enfin pas tout de suite… J’ai d’abord pris quelques jours pour me faire à la ville, à ses odeurs, aux chèvres, au bruit des voitures, aux chauves-souris dans les arbres et aux néons qui la nuit éclairent seuls les rues. Une fois acclimaté aux « goudrons », « carrés », et autres « dourounis », je suis arrivé à Badalian III, sous la ligne de chemin de fer reliant Dakar à Bamako, à la maison de Toumani. Le maître est absent, il vient de perdre sa mère, mais on m’invite à rester et à l’attendre. (…)

 

Photographe : Arthur Andrieu

 

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Écrit par
Albéric D'Hardivilliers
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