La Guyane, c’est un département français perdu au milieu de la forêt amazonienne. Mais encore ? Si elle reste mystérieuse on peut y vivre des aventures uniques dans une nature sauvage. Voyager en pirogue, rencontrer les communautés autochtones, débarquer sur une île prison, visiter le centre spatial ou dormir en carbet. C’est pourquoi nous sommes partis et revenus emballés !

La Guyane en Amazonie française, un mythe recouvert de toiles d’araignées, des images jaunies par le temps et les maladies, des aventures rocambolesques et des histoires à dormir dans un hamac. La Guyane c’est aussi une série télévisée où la réalité dépasse la fiction. Cayenne, un nom qui résonne au son d’une mélodie suave et moite chantée par Bernard Lavilliers. Kourou, « Une ville où la fusée décolle au-dessus d’un bidonville » phrase choc de Valéry Giscard d’Estaing dans les années 1970. Bref, la Guyane, est à l’image de son plat typique, le bouillon d’awara, un subtil mélange d’épices qui donne ce goût si particulier et ne laisse personne indifférent.

« La Guyane, personne ne vous croira »
Une formule d’accroche proposée par le Comité du Tourisme Guyanais il y a quelques années et qui a fait son effet. À ses mots, une campagne d’affiches toutes aussi belles les unes que les autres avec par exemple une photo de carbet, cette cabane de forêt typique de là-bas, la nuit sous un ciel étoilé avec comme légende « Je n’ai séjourné que dans des hôtels couverts d’étoiles ».
Un patchwork de cultures

Par petits groupes, histoire de vivre des expériences en immersion complète, nous partons à la rencontre des acteurs locaux passionnés et disposés à partager leurs savoirs faires. Ainsi l’association Kalawachi aux portes de Kourou a fait connaitre la communauté amérindienne Kali’na à travers son artisanat, son histoire, son intégration et ses projets culturels. En effet, il ne faut pas oublier que la particularité de la Guyane réside dans ses nombreuses communautés. Comme des Hmong, venus du Laos et installés par le gouvernement français en 1977 au fin fond de la forêt pour développer l’agriculture dans cet univers hostile. Il ne faut pas manquer le village de Cacao pour admirer le joli marché traditionne. De nombreux guyanais s’y rendent le dimanche pour gouter aux spécialités culinaires laotiennes. Un vrai régal dans une ambiance colorée.
Voyage sur le fleuve Maroni
A l’autre bout du territoire, à la frontière avec le Surinam, certain se promenaient en pirogue sur le fleuve Maroni pour mieux comprendre le quotidien des communautés noires. Ils vivent de chaque côté du fleuve au milieu d’un va et vient incessant de belles pirogues peintes et habiles. Grâce aux guides de l’Office de Tourisme de la ville de Saint Laurent, nous avons pu en apprendre davantage sur cette culture propre à cet endroit.


Les Bushinengue « hommes de la forêt », sont des descendants d’esclaves africains qui se sont échappés des plantations aux XVII et XVIIIème siècle de Guyane hollandaise et française pour se réfugier en forêt. Aujourd’hui, les Marrons sont organisés en véritables sociétés. Ils ont leurs chefs politiques et religieux, leurs règles sociales, leurs rites, leurs langues… Ainsi que leurs arts comme la peinture Tembe qui raconte leur histoire. Le long du fleuve, il y a ainsi des villages Aluku ou Boni, Ndyuka, Saramaka et Paramaka, tous avec leurs identités mais avec un point commun, les enfants vont tous à l’école le matin en pirogue pour apprendre le français.
Dormir en carbet

Des fous rires il y en a eu quand il a fallu s’initier au couchage en hamac sous un carbet en pleine forêt. Après la petite appréhension de se dire que la chute ne sera pas pour cette fois et la visite nocturne de la mygale non plus, quel plaisir de dormir en apesanteur au son de la nature sauvage.
Un passé carcéral toujours présent
Des émotions, il y en a eu au moment de se plonger dans le passé douloureux mais ô combien réel de la détention et du bagne. Un pan de l’histoire qu’on va affronter lors de sa visite des îles du Salut au large de Kourou. Coté pile, palmiers verdoyants, tortues marines à la surface de l’eau bleu outremer, salutations coquines des singes saïmiris, baignade sécurisée dans la piscine des bagnards et repas généreux depuis la terrasse surplombant l’île du Diable et la célèbre cabane du prisonnier Dreyfus.

Côté face de la carte postale, les vestiges de briques rouges marquées par le signe AP comme Administration Pénitentiaire. Des infrastructures délabrées qui prouvent bien que Dame nature sera toujours plus forte, même des envies les plus dures de punir la condition humaine. De ce côté les dortoirs des gardiens, de l’autre la belle maison du directeur. Un peu plus loin, un grand bâtiment en ruine, l’hôpital qui en a vu de toutes les couleurs. Sur l’île principale, l’île Royale, l’administration, les services communs, les lieux de vie. Sur celle juste à quelques brasses, dénommée l’île Saint Joseph, la mort rôdait continuellement entre les cellules en file indienne, le silence absolu, les quartiers disciplinaires, les cachots et le cimetière pour une dernière prière. Aujourd’hui, la végétation rend ce lieu encore plus tragique avec un entremêlas de racines parmi les barreaux rouillés.
La vie au bagne
Autre lieu, même ambiance au Camp de la transportation à Saint Laurent du Maroni. Là, pas d’eau infestée de requins en guise de gardiens, mais une grande guillotine au milieu de la cour pour intimider les plus téméraires à prendre la fuite. Le couperet n’est plus exposé aujourd’hui mais le guide nous précise bien la technique tranchante du principe. Nous l’écouterons sans broncher.

Une infrastructure bien rodée comme il y en a eu d’autres en Guyane installées ici et là selon les besoins du gouvernement de l’époque à placer ses individus rejetés de la métropole. Certain se retrouveront même au milieu de la forêt à lutter contre la moiteur et les coups de fouets, totalement nus pour avoir volé une pomme sur l’étal d’un marché. Une autre justice. Certains souvenirs sont plus opaques que d’autres. Les photographes, eux, retiendront plutôt le graffiti dans la célèbre cellule du détenu Henri Charrière alias « Papillon ».
Kourou et ses fusées
Changement total de décor et d’époque avec un saut dans le futur. Mais aussi un regard dans le rétroviseur pour tout connaitre sur cette aventure spatiale voulue par le Général de Gaulle. Encore un volet qui nous laisse sans voix. Quelle vision et surtout quel travail encore de forçat pour sortir de terre sauvage un site de haute technologie.

Respect. Les questions fusent de toute part pour tout savoir sur le nombre de boulons, le poids des propulseurs… Ou encore sur la durée du lancement, la puissance du moteur Vulcain et autres subtilités scientifiques de haut vol. La visite du site sécurisé est très instructive, et la salle opérationnelle Jupiter constitue le clou du spectacle. Un moment suspendu dans le temps et l’espace. Alors ouila Guyane, pour y croire, il faut venir la voir.
Séjour organisé par Nomade Aventure : Voyage Guyane Amazonie : Un autre regard sur la Guyane – Nomade Aventure
Reportage effectué pendant l’Assemblée Générale de l’AJT, l’Association des Journalistes du Tourisme en novembre 2025. Grâce à Jean-Luc Le West, le Président du CTG et Sonia Cippe la grande organisatrice.
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