La rivière La Dordogne traverse langoureusement la Corrèze avec des paysages époustouflants. Un itinéraire le long de la vallée permet tantôt de prendre de la hauteur, tantôt de glisser au fil de l’eau. Il n’y a qu’à se faire aller !
1- Suivre l’Itinérêve d’évasion
Pour approcher au mieux la rivière, il n’y a qu’à se laisser happer par « l’itinérêve », un parcours épique qui fait de la Dordogne une intime compagne de route sur des centaines de kilomètres. Plus précisément 420 km sur les deux rives de la Dordogne en 30 étapes et 30 jours de marche pour les gros mollets qui souhaiteraient le faire en totalité. Les gens normaux pourront se contenter d’en piocher les meilleurs morceaux.

Derrière ce circuit au long cours, il y a Jean-Marc Chirier, un enfant du pays, ancien représentant en surgelés, et qui à force d’écumer sa vallée chérie s’est dit qu’il serait bon de trouver un moyen de l’explorer au plus près. Il crée une association avec une quinzaine de maires et avec le concours d’une soixantaine de bénévoles, parvient à défricher et baliser le chemin.
ladordognedevillagesenbarrages.com, tout le détail du circuit sur « Gorges de la Dordogne, 30 jours de marche » aux Éd. Belles Balades.
2 – Visiter le barrage de Bort-les-Orgues
Un barrage de 120 m de hauteur, 80 m d’épaisseur à sa base et 8 à son sommet… Du costaud. Du moins, c’est ce qu’on se dit avant d’avoir inspecté les entrailles du mastard d’un peu plus près. Car Bort-les-Orgues, le plus important barrage sur la Dordogne, se visite. Dans le temps, pour inspecter la structure, on vidangeait complètement le lac de retenue. Une opération un peu plus longue que pour une baignoire – pas moins de 4 à 6 mois — et qui présentait l’inconvénient de fragiliser l’ouvrage.

Aujourd’hui on parcourt les galeries qui longent la muraille, toutes ruisselantes de l’eau du lac. On s’attendait à un édifice aussi étanche qu’une bouteille thermos et voilà qu’on se retrouve devant des murs avec la goutte au nez ! Le guide a beau dire qu’un béton poreux est un gage de sécurité, on n’en retrouve pas moins l’azur du ciel corrézien avec un certain soulagement.
Visite guidée du barrage de Bort-les-Orgues, 1h30, 8 €. De mai à novembre. Tél. : 05 19 60 00 30.
3-Sortez les pagaies
Au XIIIe siècle, les moines sont venus chercher calme et recueillement au fond des gorges et y ont construit un petit monastère dédié à Saint Léobon que les gabariers invoquaient contre le mal des Ardents. Cette maladie provoquée par l’ergot de seigle, ce champignon qui rendait fou ou vous pourrissait les membres, a fort heureusement disparu.

En tout cas, les bâtiments ont été noyés en 1935 par la mise en eau du barrage de Marèges. Les ruines sous la surface se laissent deviner par quelques ombres discrètes. Le silence n’est brisé que par le clapotis des pagaies et le cri lointain d’un milan noir. Le kayak frôle des fantômes d’arbres morts depuis 90 ans. Leurs troncs décharnés, toujours dressés au-dessus de la surface, semblent monter la garde sur les eaux sombres. Vers la confluence de la Diège, un héron cendré s’envole dans un grand battement d’ailes et son croassement rauque se répercute contre les parois des gorges. Voici déjà le promontoire de Saint-Nazaire et ses falaises vertigineuses qui invitent à faire demi-tour.
Smile Kayak propose des locations canoë ou kayak depuis Val Beneyte 20 € pour 3h-4 h. Tél. : 05 55 95 77 68
Baguette magique
Il est des passions auxquelles il est difficile d’échapper. Installé à Marcillac-sur-Croisille, non loin du barrage de Chastang, Philippe Lalite a toujours été obsédé par les batteries. Dès l’âge de 8 ans, il apprend à jouer… sur un vieux fauteuil. Plus tard, il bricole des barils de lessive, les recouvre de nappes en plastique tendues par du scotch. Dans les années 1970, il écume les orchestres de bal. « Le batteur, c’est l’ossature de l’orchestre. En fait, tu sais que tu es un bon batteur quand on ne te dit rien. » Alors musicien, c’est bien, mais fabriquer des instruments, c’est encore mieux. Direction la capitale où il commence par retaper des batteries d’occasion. « Elles ont le charme des vieilles bagnoles… »

Et puis en 1979, il monte la Baguetterie du côté de Pigalle, un « magasin-atelier-studio d’essai » qui devient bientôt la Mecque de la percussion en France. Des noms prestigieux viennent y jouer de la baguette : Manu Katché, Richard Kolinka, Ben Harper, Marc Cerrone… Aujourd’hui, alors que le magasin bat toujours la mesure sous la houlette de son fils Thierry, Philippe continue à construire dans sa grange des batteries d’exception par de subtils assemblages de bois choisis pour leurs qualités acoustiques, mécaniques ou esthétiques : érable ou olivier pour l’extérieur des fûts, acajou pour l’intérieur, ceba, un genre de balsa, pour le corps… « Le plus important, c’est de donner une âme à la batterie. »
La Baguetterie, 36-38 rue Victor Massé 75009 Paris, baguetterie.fr
PRATIQUE
Dormir
Le POD, Saint-Nazaire. Un petit hébergement de 4 couchages avec kitchenette réalisé et géré par l’Association « La Dordogne de Villages en Barrages » à 5 minutes à pied du site de Saint-Nazaire. Prévoir ses repas même si une épicerie sèche est à disposition. Sanitaires et douches à l’extérieur. 13 € par nuit/pers. Tél. : 06 47 12 83 66
Les chaumières de Brameix, Neuvic-en-Corrèze. Trois « tiny houses » troglodytiques aux formes arrondies pour 2/3 personnes chacune. 130 € la nuit+ 12 € le petit-déj. Panier campagnard pour 2 à 22 €.

Les Maisons de Coline, Sérandon. Pierre et Nicole Combezou tiennent ce domaine à deux pas du Belvédère de Gratte-Bruyère : 5 chalets +1 tiny house, à partir de 50 € /nuit + 50 € en pension complète. Bivouac en tente à partir de 14 € /nuit.
Domaine du lac de Soursac, Soursac. 6 cottages (4 pers.) à partir de 77 € la nuit et 4 chalets (2 pièces, 5 pers.) à partir de 87 € la nuit, disséminés dans le cadre enchanteur des rives du lac de Soursac.
À faire, à voir
Promenade en gabare. Depuis Spontour, une promenade d’environ 1h30 à bord d’une authentique gabare avec des commentaires sur la longue histoire des gabariers. D’avril à octobre, 3 départs par jour, 10h30, 14h30 et 16h30, 12 €. Tél. : 05 19 60 00 30,
Visite du château du Val. Cette forteresse a été construite au XVe siècle par la famille d’Estaing. Elle a failli être noyée en 1951 par la mise en eau du barrage de Bort-les-Orgues et se retrouve aujourd’hui sur une presqu’île. Visite guidée 8 €. Tél. : 04 71 40 30 20,


Château de Val & La Thébaïde Gorges de la Dordogne © Christophe Migeon
Plus d’infos pour préparer son voyage
Pour suivre Itinérêve, 430km de sentiers, 15 étapes sur chaque rive de la Dordogne, contacter l’association La Dordogne de Villages en Barrages, ladordognedevillagesenbarrages.com
Le site du tourisme de la Corrèze, tourismecorreze.com
Mais aussi, celui de Tourisme Haute-Corrèze, tourisme-hautecorreze.fr
