La descente de la Meuse en canoë

Entendrais-je des voix ? En tout cas, une m’a soufflé d’aller voir du côté de la Lorraine où une certaine Jeanne d’Arc en entendit plusieurs, il y a déjà quelques siècles. Cette voix, connaissant mon goût pour l’insolite, me disait d’emprunter une voie navigable, en l’occurrence la Meuse. « En canoë », précisait-t-elle. Et voilà pourquoi j’ai descendu une portion du fleuve en partant un peu en aval de Commercy, la ville ou fut créée la madeleine en 1755. Une boîte de ces délicieux gâteaux figurait évidemment dans mes provisions.

Activité Canoë itinérant 

Durée 1,5 jours

Localisation Meuse, Grand Est 

Distance Environ 20 km

Niveau Facile 

Saison idéale Juillet – début septembre 

Beau projet que celui de descendre la Meuse, mais peut-être faudrait-il plutôt parler de la Meuuuuuuhse, car on y voit le long des berges plus de vaches que d’humains. Aucune ne s’est encore plainte d’un excès d’affluence aux abords de ses pâturages. Ainsi, les ruminants ruminent en toute tranquillité tandis que les pagayeurs ruminent de jolies pensées à l’égard de la nature. Pourvu que ça dure. N’étant point misanthrope, j’ai partagé cette escapade avec un ami adepte comme moi des destinations auxquelles on ne pense pas forcément.

C’est à Pont-sur-Meuse que nous avons pris nos canoës. Un jour et demi plus tard, nous avons débarqué à Saint-Mihiel, ville natale de Ligier Richier (1500-1567), un sculpteur lorrain de la Renaissance dont le talent lui valut d’être comparé à Michel-Ange. Entretemps, nous avions pu admirer des cabanes accrochées aux rives boisées, toute une panoplie de nids d’oiseaux, et, bien sûr, pour nous rafraîchir, nous avions piqué quelques têtes. 

Jour 1 – 17 km

De Pont-sur-Meuse à La Table des Bons Pères 

On accède à la Meuse sauvage en empruntant le pont de débarquement des bateaux à Pont-sur-Meuse. Descente tranquille, on croise quelques rares villages comme Brasseitte ou Ailly-sur-Meuse. Aucune difficulté technique, il suffit de se faire porter par le courant. Ça laisse du temps pour contempler les berges dont les arbres manifestement attirent les cigognes en quête d’un lieu où construire un bon nid. Après avoir laissé derrière nous le pont de la D964, on débarque à l’hôtel-restaurant La Table des Bons Pères à Bislée. L’établissement possède un local où l’on peut disposer son canoë pour la nuit.

© Clara Ferrand

Jour 2 – 8 km

De la Table des Bons Pères à Saint-Mihiel 

Deux heures seulement suffisent pour rejoindre la ville de Saint-Mihiel. C’est presque frustrant. On aurait bien donné quelques coups de pagaie supplémentaires. Une fois, les canoës rendus, on part à la découverte de Saint-Mihiel, labellisée Petite Cité de Caractère, sans omettre de déjeuner (à condition de ne pas être végétarien) à la maison Polmard, célèbre pour servir une viande exquise en provenance de son propre élevage de Blondes d’Aquitaine

À voir à Saint-Mihiel

La bibliothèque bénédictine. Magnifique édifice construit entre 1768 et 1775. Il abrite plus de 8800 ouvrages dont 86 incunables. On y trouve les meilleurs auteurs de l’antiquité, mais aussi de la Renaissance et du XVIIe siècle. 

Trois œuvres de Ligier Richier. La mise au tombeau à l’église Saint-Étienne, La Pâmoison de la Vierge à l’église abbatiale et La Sainte Élisabeth au musée d’Art Sacré. 

Pratique

Accès : Arrivée à la gare de Meuse TGV à environ 25 km de Verdun

Hébergement : Auberge  

Équipement : sacs étanches, GPS (application téléphone ou montre), 1 l d’eau par jour et par personne au minimum, maillot de bain, gilet de sauvetage, lunettes de soleil, chaussures d’eau.

Où louer son canoë ? Au Canoë-Kayak club de Saint-Mihiel. Tél. : 06 01 78 96 41

Manger

Maison Polmard, Saint-Mihiel. Chez les Polmard, on est boucher de père en fils depuis six générations et éleveur-engraisseur depuis quatre. Chez les Polmard, on a porté l’art de la boucherie à son point culminant. Dans leur boucherie de Saint-Mihiel, ils ont eu l’idée de créer un restaurant. Plutôt que d’acheter un steak à la boucherie, on le déguste sur place.

La Table des Bons Pères, Bislée. Un hôtel-restaurant fidèle à une cuisine traditionnelle : tête de veau sauce gribiche, choucroute, blanquette de veau… 

Plus d’infos

Office de tourisme Cœur de Lorraine. Tél. : 03 29 89 06 47. www.coeurdelorraine-tourisme.fr

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Écrit par
Clara Ferrand
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