Jours heureux à Odessa

 

Odessa. Trois syllabes comme trois notes de musique. O-DE-SSA. Au bord de la mer Noire,  la ville somnole sous le soleil de l’été.  Les plages ne sont pas loin. Elles aimantent les Odessites comme les estivants venus de Russie ou d’ailleurs pour s’amuser, s’oublier, se délasser ou se soigner. O-DE-SSA. Comme une prière pour couler des jours heureux le temps des vacances.

 

Odessa. Et dire que je n’y avais jamais pensé. Je suis arrivé à Odessa par le train de nuit en provenance de Lviv. C’était un train soviétique dont la lenteur saccadée, dès les premiers mouvements, m’a rappelé ceux que j’avais pris, quelques années auparavant, pour traverser les steppes kazakhes et rejoindre la mer d’Aral. Une de ces  machines sombres au confort désuet, aux sièges de skaï bleu, aux fenêtres couvertes de dentelles défraîchies où le sommeil s’étire le long de la nuit, entrecoupé de rêves aux noms de gares incertains. Au réveil, le paysage avait changé et ressemblait presque aux plaines jaunes et sèches d’Anatolie. Sans la mer qui longe la presqu’île de Crimée, je me serais cru arrivé en gare d’Erzurum. Mais, justement, il y avait la mer. Et c’était elle que j’étais venue chercher ici, pour trouver, loin de chez moi, un air de vacances et d’éloignement, une nouvelle manière de voir  peut-être, une autre façon de passer l’été. (…)

 

 

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Photographe : Matthieu Raffard
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Écrit par
Albéric D'Hardivilliers
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