Ibrahim Maalouf – L’éveil des sens

Ce nouvel album est truffé d’invitations lancées à des musiciens cubains. Êtes-vous allé sur place ?

Non, j’y irai pour la première fois en janvier.

Qu’espérez-vous y trouver ?
Je suis tellement entré dans cette culture que je crois connaître un peu l’île. Je la sais très riche, notamment en rencontres. Je sais que les Cubains sont très chaleureux et qu’ils exorcisent un peu leurs souffrances et la misère qu’ils ont connues pendant de nombreuses années à travers leur musique et leur joie de vivre. Ça, c’est quelque chose qui me parle. C’est pour ça aussi que j’aime beaucoup les cultures tziganes, les cultures de l’Orient. C’est comme le blues, c’est comme les negro spirituals… J’aime les cultures des peuples qui ont beaucoup souffert, mais qui bénissent le soleil, qui le remercient parce que finalement la vie est belle. Dans leur art et dans leur musique, il y a autant de nostalgie que de fête. Je suis très touché par ça. Je pense retrouver ça à Cuba.

Vous allez emporter votre trompette ?
Ah, oui. Ce sera mon passeport. Je ne parle pas espagnol du tout. J’aurai forcément la barrière de la langue. Sans la musique, il serait difficile de dialoguer.
L’un des titres de ce nouvel album est intitulé Harlem. Est-ce, cette fois, un vrai souvenir de voyage o u un clin d’œil au latin jazz qu’a pu y jouer Dizzy Gillepsie ?
J’ai passé beaucoup de temps à New York. J’y passe toujours beaucoup de temps. En particulier à Harlem. Mais ce titre renvoie à un souvenir de voyage particulier. Ce morceau, je l’ai composé il y a 17 ou 18 ans. C’était la première ou la deuxième fois que j’allais aux États-Unis. Je jouais avec Lhasa de Sela au festival de jazz de Montréal. J’en ai profité pour faire un saut à New York. Je suis allé me balader dans les clubs de Harlem, que je connaissais mal. J’ai composé cette musique pendant ces promenades. Elle m’est restée. Il me semblait logique de l’intégrer dans ce nouvel album, parce que c’est mon premier morceau d’inspiration latine. En effet, il s’inspire de Dizzy et du jazz afro-cubain, l’une des couleurs du jazz que je préfère. (…) Lire la suite dans A/R49

Extrait S3nS

© Yann Orhan

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Écrit par
François Mauger
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