Combat de coqs - A/R Magazine voyageur 2017

5 choses à voir et à faire absolument en Haïti

Dire qu’il n’y a pas si longtemps, Haïti était surnommée la Perle des Antilles. On ne comptait plus les pipoles qui y séjournaient. Bill Clinton qui n’était pas encore président y invitait Hillary pour leur lune de miel en 1975. Elle trouvait ça si romantique. Et puis les dictatures, la corruption, l’anarchie, les ouragans à répétition et pour finir le terrible tremblement de terre de 2010 ont mis le pays à genoux. Depuis, à chaque fois qu’on parle d’Haïti, c’est pour dire que c’est l’un des pays les plus pauvres du monde. Dur à supporter pour les Haïtiens fiers de vivre dans la première république noire de l’Histoire issue d’ailleurs de la seule révolution d’esclaves ayant réussi. Alors, oui, Haïti a des problèmes, mais il ne faudrait pas que cela empêche les gens de venir visiter une île encore largement préservée, une île des Caraïbes authentique.

 

1- Goûter à l’ambiance des combats de coqs

 

Un immense manguier fait de l’ombre à la gaguère où les combats de coqs vont se disputer. Dans les gradins, l’ambiance est bouillante. Le maître de cérémonie récolte les gourdes des parieurs. Ne pas se méprendre. Il n’a que faire de récipients portatifs pouvant contenir une boisson, il s’intéresse plutôt aux billets haïtiens libellés en gourdes. Deux éleveurs préparent leurs champions. Affûtage des ergots à l’aide de tessons de bière Prestige, plumaison du cou qu’ils oignent ensuite de jus de citron afin de désensibiliser la peau. Les deux gladiateurs peuvent désormais se rentrer dedans. Ça va saigner. Autre jeu très prisé par les Haïtiens : la loterie ou borlette. Les banques (guichets) de borlette jalonnent les rues des villes et des campagnes.

 

Dans les rues de Port au Prince - A/R Magazine voyageur 2017

 

2- Arpenter les quartiers chaotiques de Port-au-Prince

 

Chaos et Port-au-Prince sont deux mots qui vont bien ensemble. Difficile d’y circuler. Près du marché en fer, il faut à pied éviter le flux frénétique des portefaix, des marchands ambulants, et des badauds, échapper aux tap-tap, ces taxis collectifs bariolés de couleurs vives et se plaisant à arborer des maximes du genre « Merci Jésus » ou « Confiance en Dieu ». Chaos, mais pas K-O. Le soir, la capitale se déhanche à l’hôtel Oloffson, le temple du rock vaudou cher à Richard A. Morse et son groupe RAM ou au Quartier Latin (Pétionville), un joli repaire pour casser la croûte, boire un coup et écouter de la bonne musique… Sur ordre du président Michel Martelly, le bidonville a été repeint dans un camaïeu de tons pastel. La misère est sans doute moins pénible en couleurs. « Papisela svp ». Pour comprendre le créole, il faut, paraît-il, le lire à haute voix.

 

3- Découvrir le village artistique de Noailles

 

A Croix-des-Bouquets, le village artistique de Noailles est incontestablement la capitale haïtienne des artisans du fer découpé. Ils sont des centaines à découper et marteler de la tôle. Quelle pièce rapporterez-vous ? 

Plus d’infos sur le village artistique de Noailles : https://www.facebook.com/Villageartistiquedenoailles/

 

A la ferme écologique de Wynne - - A/R Magazine voyageur 2017

 

4- Visiter la ferme écologique de Wynne à Kenscoff

 

Kenscoff, commune perchée à 1500 m d’altitude au-dessus de Port-au-Prince Un magnifique belvédère pour contempler les montagnes voisines aux versants rasés de près, ravinés pas la pluie. Comme ailleurs dans l’île, la forêt a été ratiboisée pour fournir du bois de chauffage. En 1956, Victor Wynne, un ingénieur civil américain, achète des parcelles de terrain pour y fonder une ferme. Son objectif : développer et promouvoir des méthodes de gestion durable des sols pour combattre l’érosion. Il met en place la culture en terrasses, introduit des plantes d’Amérique du Sud et préserve les espèces locales menacées de disparition. Sa ferme se transforme vite en un sanctuaire de la nature dont l’exubérance tranche avec le décor alentour. À sa mort, Jane Wynn, sa fille reprend le flambeau. La très pêchue septuagénaire n’a quitté sa montagne que le temps d’étudier la sociologie et un soupçon de biologie végétale. Tout le reste, elle l’a appris de son père. « Les jeunes viennent nous dire : on ne comprend pas l’environnement, expliquez-nous. » Chez Jane, ils ont frappé à la bonne porte.

Plus d’infos sur la ferme écologique de Wynne : https://www.wynnefarm.org/

 

5- Traverser le canal de Saint-Marc sur la côte des Arcadins

 

Partez sur l’île de la Gonâve. La mer bleu cobalt, le soleil, la mer bleu turquoise, le soleil…, de délicates franges d’écume blanche puis un rivage enchanteur. Un bateau en construction soutenu par un échafaudage malingre. Des ouvriers armés de patience et de quelques outils de bricolage dont des serpes, s’échinent sur la carcasse de bois. Ce n’est pas le problème des enfants.

Plus d’infos sur : http://www.haititourisme.gouv.ht/

 

En savoir plus dans A/R Magazine voyageur n°39 

Photographe : Franck Ferville
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Écrit par
Albert Zadar
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