Géorgie : le Caucase version XXL

Géorgie, capitale Tbilissi, et non pas Atlanta

Un pays difficile à situer sur une carte bien qu’il ait à plusieurs reprises fait parler de lui depuis son accession à l’indépendance en 1991 à la faveur de l’effondrement de l’URSS. Une guerre par ci, une guerre par là, une relation problématique avec l’irascible voisin russe, une « révolution des roses », des crises économiques et politiques… la vie n’a pas été un long fleuve tranquille durant toutes ses années, mais cahin-caha au fil des ans la Géorgie a retrouvé du peps et un teint de pêche. En témoigne l’éternelle Tbilissi où fleurissent aujourd’hui restos et bars branchouilles, hôtels chics, galeries d’art… Il y a même quelques bâtiments d’architecture contemporaine aux formes audacieuses qui ne dépareilleraient pas à Londres ou Oslo. Plus rien à voir avec la ville où j’ai vécu en 1995.

« L’électricité est revenue ! »

Mes premiers mots géorgiens furent « chouki movida ». On les prononçait avec une joie mêlée de soulagement pour s’exclamer « l’électricité est revenue ! ». Chouette, on allait pouvoir s’éclairer et faire marcher quelques appareils en attendant la prochaine coupure qui pourrait durer quelques heures ou quelques jours. C’était l’époque des bougies, des lampes à pétrole et des générateurs électriques. L’époque aussi des coupures d’eau – on la stockait dans des jerricanes –, des magasins d’alimentation déplumés, des Lada Jigouli au bout du rouleau qui trouvaient encore la force de braver des routes dévastées par des nids-de-poule. Pour conduire mieux valait avoir son « chamois d’or » ou une bouteille de tchatcha (eau-de-vie de raisin) dans le nez afin de slalomer en douceur entre les trous. Le trajet le plus ordinaire se transformait alors en expédition et il fallait prévoir large pour rejoindre un point quelconque dans le pays. Un voyage jusqu’en Svanétie au nord-ouest du pays dans le Grand Caucase prenait deux bonnes journées depuis Tbilissi. Autant dire qu’il fallait avoir de bonnes raisons de s’y rendre. Aujourd’hui, une journée suffit et cela tombe bien, car c’est là que nous allons pour découvrir une région sauvage, couronnée de sommets enneigés, et parsemée de villages où ont poussé au moyen âge, à côté des maisons, d’étranges tours carrées.

En savoir plus dans A/R 46

Plus d’infos sur : www.gnta.ge

Photographe : Bertrand Rieger
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Écrit par
Michel Fonovich
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