Dans l’Ouest américain, les conifères rivalisent de beauté. Certains sont considérés comme de véritables monuments.
Dans les forêts de l’Oregon, on voudrait chanter à tue-tête du Tino Rossi tant elles sont riches en conifères. « Mon beau sapin, roi des forêts, que j’aime ta verdure… » Si l’on se retient, c’est uniquement pour épargner aux Américains un nouveau supplice.


Rocky Mountain Douglas © Tony Frates
Ce qui m’a marqué dans cet État de l’Ouest, c’est la diversité de ses paysages. Durant la journée, on peut être au bord de l’océan dans une ambiance bretonne, puis se retrouver dans une forêt qui évoque les romans de Jack London, traverser une réserve indienne en plein désert et enfin voir des gens skier sur les pentes du mont Hood en plein mois de juillet.
Le plus spectaculaire à mes yeux, c’est la rencontre avec les arbres. Dans le monde, on compte environ 600 espèces de conifères. Une trentaine pousse ici. L’espèce la plus courante est le Douglas, Pseudotsuga menziesii, qui a été introduit en France au XIXe siècle. Son nom latin est dédié à Archibald Menziès, qui explora la côte Pacifique avec le capitaine Vancouver. Le surnom de Douglas provient quant à lui d’un hommage à David Douglas, un autre explorateur écossais qui rapporta des graines de cet arbre en Angleterre.
Sitka, Picea sitchensis
Autre conifère qui m’a séduite immédiatement : l’épicéa de Sitka, Picea sitchensis, qui longe la côte de l’Oregon. Son tronc peut devenir très volumineux et, ainsi, on se sent tout petit en randonnant à ses pieds. Par ailleurs, je suis tombée par hasard sur le spécimen de Klootchy Creek, considéré longtemps comme le plus vieil arbre de l’État, avec ses quelque 750 ans. Cependant, il n’a pas survécu à un violent orage en 2007 et il n’en reste aujourd’hui que le tronc, qui mesure plus de cinq mètres de diamètre et quinze mètres de circonférence. D’ailleurs, c’est le premier arbre à avoir été classé « Heritage tree », arbre remarquable ou patrimonial. Un panneau explicatif nous rappelle qu’en 1503, quand Léonard de Vinci peignait La Joconde, le résineux avait déjà 200 ans. On est si peu de choses à côté !


L’arbre-pieuvre et le phare de Cape Meares © Getty Image
Un autre épicéa de Sitka insolite surnommé Octopus tree, l’arbre-pieuvre, pousse près de Cape Meares, connu pour son phare et sa vue grandiose sur le Pacifique. Il n’a plus de tronc central, mais des troncs secondaires massifs s’élevant comme des tentacules. La créature est âgée d’environ 300 ans. On ignore si cette forme est d’origine naturelle ou façonnée par les Amérindiens. Mystère !
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