Éthiopie – Le retour aux origines

 

Qui n’a jamais eu envie de voyager dans le temps, un temps où la foi chrétienne s’épanouissait en églises creusées dans la roche, mais aussi un temps avant l’homme, avant l’animal ou le végétal, un temps où seul le minéral régnait en maître ? Les terres à la fois splendides et désolées du Nord éthiopien sont le théâtre de cet étonnant retour aux sources.

Un marché aux bestiaux sur les hauts plateaux est toujours l’occasion de se frotter à la complexité ethnique d’un pays fort de 75 langues et de 200 dialectes. Dans les enclos saturés de poussière, une foule dense et compacte se coudoie et se rudoie au milieu des cornes et des bouses fraîches. Les coups de canne pleuvent sur les croupes des vaches et les crânes des moutons hébétés. Les cannes sont celles des Oromos, des éleveurs semi-nomades venus du Kenya au XVIe siècle. Il y a aussi des kalachnikovs, portées négligemment en bandoulière par des Amharas, grands guerriers et brillants administrateurs qui sont parvenus à imposer leur langue et leur culture à l’Éthiopie. Dans le tourbillon des châles et des couvertures qui protègent encore vendeurs, badauds et mendiants de la morsure du froid, un anthropologue avisé pourrait également reconnaître des Tigréens, des Afars, peut-être encore des Somalis. Autant de peuples qui constituent en partie la grande nation éthiopienne forte aujourd’hui de 91 millions d’habitants. Il est toujours réconfortant de savoir qu’il reste encore des pays où les gens en bord de route saluent les voitures qui passent. (…)

 

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Texte et photos : Christophe Migeon

Photographe : Christophe Migeon
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Christophe Migeon
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