quetzal resplendissant, femelle.(Pharomachrus mocinno). Parc national de Los Quetzales. Costa Rica.

Costa Rica : sur la piste du Quetzal

Pas de doute, cʼest un bel oiseau. Les Aztèques et les Mayas le vénéraient comme la réincarnation animale du dieu Quetzalcóatl. Pour espérer apercevoir la divine volaille, il faut se laisser digérer par la jungle costaricaine qui, toujours prodigue, dévoile sans façon tout un bestiaire de plumes, de poils et dʼécailles.

Il paraît que la taille ne compte pas. Peut-être, mais la femelle du quetzal resplendissant nʼest pas de cet avis. Entre plusieurs candidats au batifolage, la bougresse prend soin de choisir le mâle doté de la plus grande queue. Celle-ci dépasse parfois le mètre, spectaculaire attribut qui, combiné à un plumage bleu-vert sur le dos, rouge écarlate sur le ventre, le fait passer pour le plus bel oiseau du pays, voire du monde. Ce piaf nʼest pas resplendissant pour rien. Il ne faut pas le confondre avec ses cousins simplement « brillants » ou « dorés » qui à ses côtés font figure de péquenauds.

Mangroves dans le Golfo Dulce. © Christophe Migeon


Quetzal où es-tu ?

La quête du Graal emplumé a commencé ce matin du côté de San Gerardo de Dota à 90 km au sud de San José sur les contreforts du massif de Talamanca. Et voici déjà bientôt 5 heures que lʼon sʼuse les rétines sur le vert de frondaisons insondables. Les cervicales, arquées et tendues à lʼextrême, sont au bord du dépôt de bilan. Le nom du parc national Los Quetzales a beau être de bon augure, lʼindélicat volatile ne daigne pas montrer le bout du bec. Le Costa Rica compte 1 380 couples de quetzals resplendissants. Il nʼen faudrait quʼun pour être heureux. 

Lʼespoir dʼapercevoir le joyau du Costa Rica est sur le point de sʼévanouir quand, alléluia, un couple est enfin repéré, sagement perché sur une branche. Un coup dʼœil dans la lunette dʼEladio montre que le mâle a déjà perdu les longues plumes de sa queue dont il se débarrasse lors de la nidification. Elles repousseront pour la prochaine parade amoureuse. Quelle arnaque ! Enfin, la bestiole est aussi belle que dans les livres. Le cœur léger et lʼesprit apaisé, il est alors possible de sʼenfoncer dans les tréfonds de la forêt pluviale tropicale.

Face à face avec les animaux dans le parc du Corcovado

Une centaine de kilomètres à vol de toucan plus au sud, la brise marine caresse les longues plages de la péninsule d’Osa, fief dʼun autre haut-lieu de la biodiversité, le parc national du Corcovado. Cette langue de terre qui titille le bleu du Pacifique a été longtemps exploitée par de petites fermes, des fincas, qui y faisaient pousser bananes et cultures vivrières. Depuis la création du parc en 1975, la nature a repris ses droits.

Ici la faune sʼaffiche et sʼexhibe sans pudeur ni retenue : tandis quʼun couple de tapirs fourrage sous le tapis de feuilles mortes avec un air dʼindifférence bovine, des gangs de coatis rançonnent les sous-bois en toute impunité, fourrant leur long nez dans le moindre tronc creux à la recherche de crabes ou dʼinsectes. Un basilic alangui sur un tronc se réchauffe aux premiers rayons du soleil. Là-haut dans les branches, un paresseux à deux doigts  ― lʼunau  des mots croisés  ―  poursuit une vie de roupillons quasi ininterrompus en parfaite harmonie avec lʼunivers. Les vociférations dʼun couple dʼaras en pleine dispute conjugale ne lʼextirpent même pas de sa léthargie. Cʼest la vie dans toute son exubérance, toute sa folie organique. Une « pure vie »  comme on dit ici. Pura vida !

Ara rouge (Ara macao). © Christophe Migeon

PRATIQUE – Randonner dans le parc de Corcovado

Malgré la quasi-absence de dénivelé, les balades dans le parc peuvent être éprouvantes en raison de la chaleur et de lʼhumidité. Un guide est obligatoire pour randonner dans le parc de Corcovado. Une demi-douzaine de circuits de randonnée sont possibles. Parmi eux : de la Leona à la Sirena, 16 km soit 6 à 7 h de marche sur un sentier côtier passant par des plages désertes et la forêt. Partir très tôt pour éviter la chaleur. De la Sirena à Los Patos, 19 km dont 6 km de faible montée soit 7 h de marche. Cʼest le sentier le plus forestier et le plus propice à l’observation de la faune.

Entrée du parc : 15 USD par jour. Guide entre 90 et 150 USD par jour et par groupe.

Trekking dans le parc national du Corcovado. Parc national du Corcovado. © Christophe Migeon

Y aller

Vol A/R Paris-San José à partir de 900 € avec Iberia (avec une escale à Madrid). www.iberia.com

Quand partir ?

La saison sèche court de décembre à mars sur la côte Pacifique. Éviter absolument les pluies torrentielles dʼoctobre à début décembre.

Dormir

Casa Drake. 8 chambres dʼhôtes tenues par une famille costaricaine dans une belle villa en bois sur la baie de Drake. À partir de 110 € par personne. www.casadrake.com

Ecolodge La Leona. 23 tentes-bungalows luxueuses disposées le long dʼune superbe plage à la lisière du parc de Corcovado. Entre 160 et 180 € la nuit. www.laleonaecolodge.com 

Tami Lodge. 10 tentes safari grand confort à la sortie du village La Providencia dans le parc de Los Quetzales. Autour de 90 € la nuit. www.santostour.net/en/tami-lodge

Un article à retrouver dans le AR numéro 64, disponible en kiosque et sur la boutique.

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Écrit par
Christophe Migeon
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