Chili – Cap sur le cap Horn

 

Atteindre des destinations extrêmes reste un must si l’on veut briller dans les dîners. Direction la Terre de Feu pour une navigation inoubliable qui fait entrer le passager dans le club restreint
des bout-du-mondistes.

 

Je t’écris du cap Horn, au carrefour des océans Atlantique et Pacifique, tout en bas des Amériques. La pointe la plus méridionale du globe, hors Antarctique. Ce graal du voyageur se présente sous la forme d’un gros caillou. À son sommet, un paysage austère d’herbes et de rocailles. Un phare et une maison abritant son gardien, un sergent de la marine chilienne vivant ici avec sa famille. Une petite chapelle en bois. Et c’est tout. Le bout du monde est battu par des vents à plumer les manchots. Les bourrasques sont si violentes qu’elles ont détruit la sculpture en acier dédiée aux victimes du lieu. Franchi pour la première fois en 1616, le cap Horn, avec ses conditions extrêmes, a causé plus de 800 naufrages et ôté la vie d’une dizaine de milliers de marins.

 

Cap-hornier du dimanche

Je suis ici, je suis donc un baroudeur chevronné, membre du club restreint des cap-horniers. Je vais pouvoir faire le malin dans les dîners. Certes, je ne suis pas venu en barrant un voilier en solitaire (mon goût de l’aventure est subordonné à mon instinct de survie), mais sur le Stella, navire de la compagnie Australis, à l’occasion d’une croisière d’expédition. Les termes peuvent sembler contradictoires. Il ne s’agit ni d’une croisière de type « ville flottante peuplée de 4 000 retraités » ni d’une expédition au sens « survie en autonomie dans un milieu hostile ». C’est entre les deux.

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Écrit par
Julien Blanc-Gras

Né en 1976, Julien Blanc-Gras est un écrivain et journaliste-reporter.
Après des études de journalisme à Grenoble, il obtient un DEUG d’histoire puis une maîtrise en journalisme, puis à Hull en Angleterre.

En 2005, il publie au Diable vauvert, « Gringoland », qui conte un périple latino-américain et sera ensuite lauréat du festival du Premier Roman de Chambéry et « Talents à découvrir » des librairies Cultura.

En 2008, il publie « Comment devenir un dieu vivant », une comédie apocalyptique déjantée, puis « Touriste » en 2011, et « Géorama » en 2014.

Il a également séjourné aux îles Kiribati à l’automne 2011 pour réaliser son livre, « Paradis (avant liquidation) » (2013).

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