Alain Robert – Vertiges de la tour

 

Alain Robert grimpe aux tours les plus vertigineuses comme d’autres prennent un café le matin. Peut-être qu’un jour, il aura son nom dans le dictionnaire Robert des noms propres entre Robert II Courtecuisse et Hubert Robert. En attendant, Alain Robert nous reçoit à La Défense entre deux ascensions.

 

 

Nous sommes à La Défense, c’est un peu votre jardin. Il y a quelques jours vous grimpiez la tour Total.

La tour Total est une tour esthétique et d’une grande  hauteur. Avec ses 187 mètres, elle est l’une des plus hautes de La Défense. Je l’avais déjà escaladée. Elle n’est pas trop dure et je m’y sens à l’aise. 

 

 

Vous dites que c’est la peur qui excite votre désir de grimper ?

Cela fait quarante ans que je fais de l’escalade, j’aime les situations engagées où la vie est potentiellement mise en danger, toutefois, j’essaie au maximum de travailler dans le risque calculé. Il y a beaucoup de professionnalisme, des milliers et des milliers d’heures d’entraînement derrière. Quand j’attaque une ascension, je me concentre sur l’objectif. Il n’y a plus de place pour penser et donc pas de peur parasite.

 

À Paris, convoitez-vous encore quelques tours où bâtiments ?

Cela devient difficile car j’ai quasiment fait la totalité de ce qui est haut. J’ai encore deux ou trois objectifs. Il y a toujours des choses faisables et d’autres au contraire totalement impossibles.

 

Qu’est-ce qui est impossible ?

La tour EDF ne peut pas être escaladée car elle ne présente pas de cadres au niveau des vitres, or si je n’ai rien pour caler mes doigts, je ne peux rien faire.

 

À Londres, il y a le Shard construit par Renzo Piano ?

Impossible. On m’a vu rôder auprès de la tour et les propriétaires ont eu recours à un grand cabinet d’avocats pour mettre en place une injonction contre moi. Si un membre de la sécurité me voit m’approcher à moins de 50 mètres, il peut appeler la police qui a le droit de m’arrêter pour être allé à l’encontre d’une décision de justice. Si j’ai envie, je peux le faire. J’y vais avec une casquette de rappeur, un blue jeans, une moustache et l’on ne me reconnaîtra pas. Le problème est qu’il y aura une interpellation au sommet. D’après mon avocat, si je grimpe, le juge qui sera en charge de mon cas pourra me mettre à l’ombre pour aussi longtemps qu’il le désire. (…)

 

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Photographe : Alex Crétey-Systermans
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Écrit par
Michel Fonovich
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