À Quimper et au cœur de la Cornouaille historique, on plonge dans le cœur battant de la culture bretonne. Rencontres avec des hommes et des femmes engagés corps et âmes sur leur territoire. 5 bonnes raisons de mettre le cap complètement à l’ouest.
Deux oreilles, un bol à Quimper
Vous le reconnaissez ? Mais oui, il des petites oreilles pour être mieux saisi et sur son ventre un prénom est peint. Lui, c’est le bol breton. Il a vu le jour en 1690 dans la faïencerie Herniot à Quimper, dans le quartier de Locmaria. 335 ans plus tard, il est toujours fabriqué et décoré à la main. Si depuis la famille s’est très largement agrandie avec des centaines de références (vases, assiettes, pichets, objets religieux …), il reste le plus vendu. « Il y a une telle diversité de prénoms maintenant qu’on laisse de la place pour écrire le prénom sur commande », fait remarquer Fabienne, peintre en faïencerie depuis 37 ans. Un savoir-faire qui a valu à Henriot d’être labellisé « entreprise du patrimoine vivant ».


Manufacture Henriot © Maïté Baldi
Manufacture Henriot, place Bérardier, Locmaria, Quimper. Visites entre avril à fin septembre. Une boutique très bien achalandée permet de faire ses emplettes. Tarif :5 €
Un whisky pur blé noir à la Distillerie des menhirs à Plomelin
Ça aurait pu s’appeler la Distillerie des trois frères, mais comme il y avait un menhir dans le jardin… ils ont glissé ce symbole breton dans leur nom. Cinq générations se sont succédé ici. L’histoire commence en 1921, quand l’arrière-arrière-grand-mère achète un alambic pour fabriquer de l’eau de vie de cidre, le lambig. Aujourd’hui les trois frères, Kévin, Erwan et Loig dirigent l’entreprise et perpétuent cette tradition. Cependant, ils ont su aussi innover dès 2002 en créant le fameux whisky au blé noir, unique au monde. Son nom ? Eddu, qui veut dire … blé noir en breton. Ça va de soi.


Eddu le whisky au blé noir © Maïté Baldi
Aujourd’hui, il se décline en plusieurs versions dont la production annuelle s’élève à 200 000 bouteilles. Leur dernière fierté ? Une médaille d’or au Concours général agricole Paris 2025 pour le Eddu Grey Rock Tourbe. Leur secret ? Les tonneaux en chêne de Brocéliande dans lesquels vieillit le whisky ont été baptisés par un druide. Merci Alcolix !

Pour découvrir l’histoire de la distillerie avec ses alambics ancestraux et le superbe chai cathédrale unique en Bretagne, une visite s’impose. Boutique ouverte tous les jours sauf dimanche.
Enfin un musée Sérusier !
Châteauneuf-du-Faou
Dans ce petit village qui compte aujourd’hui 3 600 habitants, Paul et Marguerite Sérusier se sont installés au début du XXe. Là, ils ont peint de nombreux tableaux inspirés par les traditions et les paysages. Après quinze ans de maturation, un musée à leur nom vient d’ouvrir ses portes. Un évènement rare dans un territoire rural. En 1988, le jeune Paul Sérusier rencontre Paul Gauguin à Pont-Aven qui lui donne une vraie leçon de peinture, à savoir peindre ce qu’il ressent et non ce qu’il voit.
Après un été prolifique, il s’aventure dans les terres de Bretagne car il trouve Pont-Aven et le Pouldu déjà trop touristiques ! Il découvre Châteauneuf et tombe amoureux de son coté rural et authentique. La mise en place d’une politique d’acquisition par la mairie a permis de collectionner plus de 200 pièces. Ils espérent 15 000 visiteurs par an qui permettront de revitaliser la ville. Il y a aussi un circuit Dans les pas des Sérurier pour découvrir le baptistère de l’église peint par Paul Sérurier et les paysages emblématiques immortalisés par le couple.

Musée Sérusier, 1 place André Le Gall, Châteauneuf-du Faou. Exposition inaugurale « La collection révélée » jusqu’au 4 janvier 2026. Ouvert tlj. sauf le lundi. Fermeture annuelle de janvier à fin mars. Plein Tarif 7 €
Un château extraordinaire
Domaine de Trévarez
On dit que c’est le dernier château qui fut bâti en France. Son propriétaire, James de Kerjégu (1846-1908), un riche politicien né à Trévarez, avait envie d’une résidence secondaire pour chasser sur ses terres. Pas question de faire dans le tradi. Ce dandy se fait construire un château monumental, qui en plus d’être rose mélange les styles rococo, gothique et baroque. Plus que tout, il veut être vu comme un homme à la pointe de la modernité et du luxe. Électricité et eau chaude à tous les étages, salles de bains majestueuses, téléphone … Il y a même un ascenseur qui dessert sa chambre à coucher. À la fin du XIXe, c’est le comble de l’innovation.

Délaissé à partir de la seconde guerre mondiale, le château sera repris par le Conseil Général en 1968 et s’ouvrira progressivement au public. Aujourd’hui, on peut profiter du panorama sur la vallée de l’Aulne, des bois, des jardins et des collections botaniques reconnues pour leur excellence (camélias, hortensias, rhododendrons). Trévarez est d’ailleurs l’un des plus beaux jardins de camélias au monde. Tout n’est que luxe, calme et modernité.
Le jardin est ouvert toute l’année. Réservation sur www.cdp29.fr
L’expérience du paysage
Le cap Sizun et ses pointes

« Je ne sais pas comment vous pouvez vivre sans ça ! », balance Antoine notre guide en désignant d’un geste la côte qui s’effiloche dans l’océan, les falaises abruptes et la vaste lande violette. Ici les artistes, c’est le vent qui sculpte le paysage, c’est la mer qui peint ses eaux de cinquante nuances de bleu. En empruntant le GR34 sur cette portion du tour de Bretagne, on relie la pointe du Millier et sa maison phare, la pointe du Van et sa chapelle tournée vers l’océan, avant de contourner la baie des Trépassés qui n’a rien de morbide, pour enfin arriver au bout du bout du monde, la pointe du Raz. C’est vrai ça, comment peut-on vivre si loin d’ici ?
PRATIQUE
Dormir dans le Finistère sud
La Maison du Capitaine Lala Saul, Quimper. Après avoir vécu mille vies, Pascale et Alain viennent d’ouvrir cette magnifique maison d’hôtes à seulement 5 minutes de la gare. 5 chambres, avec chacune un thème lié aux voyages fantasmés du fameux Capitaine Lala saul. Une terrasse, un spa et un mini rooftop. Merci capitaine. Ch. double avec pdj copieux et confitures maison. À partir de 80 €.


Pascale et Alain Tual, les propriétaires de la Maison du Capitaine Lala Saul et la ville de Quimper © Maïté Baldi
Ti.Ys hôtel, Audierne. Un hôtel posé sur la plage. Quelques marches à descendre pour avoir les pieds dans l’eau. 24 ch. doubles avec vue sur la mer à partir de 100 € avec le pdj.
Manger
Chez Max, Quimper. Le premier bouillon du Finistère a pris place dans une cour intérieure de l’ancienne maison du poète Max Jacob. Petits prix et grands classiques. Ouvert 7j/7.
Crêperie du Vieux Quimper, Quimper. On ne compte pas moins de 37 crêperies dans la ville, alors comment choisir ? Honneur à l’aînée qui joue la carte de la tradition de qualité. Murs en pierres, déco d’antan, une terrasse à l’arrière, cette crêperie tient ces promesses depuis 1950.
Eskemm, Quimper. Dans la petite rue Treuz à l’écart de l’agitation, un bâtiment classé où Camille Favain et Thibault Monnerie ont ouvert leur resto, il y a un an. Son nom Eskemm, qui veut dire Échange en breton. Échanges au rez-de-chaussée autour du bar et dans la salle de 18 couverts à l’étage. L’inspiration vient du Liban, du Japon et de l’Italie, mais avec des produits sont bien locaux. Souvenirs inoubliables d’asperges avec une béarnaise citronnée et crumble d’ail et d’un baba avec lemoncello, mascarpone, citron confit. À midi, menu à 28€ avec toujours une option végé.
Glaz, Pont-Croix. Le glaz décrit la couleur bleu-vert- gris de l’océan en Bretagne et aussi les carreaux posés au mur du resto. Émeline Macé, la sommelière, ne travaille que le vin nature tandis que le chef Tanios Nakhle Cerruti de mère italienne et de père libanais fait une cuisine de bistrot au goût des voyages. Carottes rôties féta, maquereau cuit sur peau en papillote avec sa fraise. On en redemande. Carte à partir de 25 € qui change tous les 15 joursavec toujours une option végé. Tél. : 02 98 54 43 47


Restaurant Glaz et cap Sizun © Maïté Baldi
Visiter
Musée départemental breton, Quimper. Situé dans l’ancien Palais des Évêques de la Cornouaille, ce musée est dédié à l’histoire de la Bretagne de la préhistoire à nos jours. Puis la nouvelle salle des costumes donne à voir la variété des vêtements au XIXe s. Une mode par territoire : Pays Bigouden, Aven, Glazik… Vous saurez enfin les différencier.
Plus d’infos pour préparer votre voyage :
www.toutcommenceenfinistere.com
Un reportage est à retrouver dans AR N°71, disponible en kiosque et sur notre boutique.
