Canal de Bourgogne
Canal de Bourgogne

Yonne tu m’étonnes

C’est un pays de champs et de forêts, de collines et de rivières; un pays de villages aux clochers pointus, de châteaux plantureux et de paisibles canaux; un pays où poussent la vigne, les fromages et les écrivains… C’est un pays qui signe son nom d’un Y qui veut dire Yonne. Allons-y !

Vue de l'Yonne et de la Cathédrale Saint-Etienne d'Auxerre
La Cathédrale Saint-Étienne d’Auxerre vue de l’autre rive de l’Yonne

La ronde des châteaux

Escalier central du château de Maulnes

Du côté de Tonnerre, on a l’impression que le château de Maulnes nous tourne le dos. C’est l’unique château à structure pentagonale de France avec un escalier central autour duquel tout s’organise. Construit d’une traite entre 1566 et 1573 par le duc d’Uzès et la comtesse de Tonnerre, tous deux familiers de la cour du roi de France, il ne sera quasiment jamais habité par ses propriétaires. Peu épargné par les avanies au cours de l’histoire, le château toucha véritablement le fond au XXe siècle en étant laissé à l’abandon et il fallut l’intervention du Conseil général de l’Yonne en 1997 pour qu’il échappât à une amère destinée. Il exerce toujours sur le visiteur le pouvoir de fascination imaginé par son architecte dont l’identité d’ailleurs demeure incertaine. En 1917, le général Pershing, commandant du corps expéditionnaire américain, a séjourné pendant un temps avec son état-major dans le château de Maulnes. On dit qu’il aurait ensuite soufflé l’idée du pentagone au Département de la Défense des États-Unis quand ce dernier se mit en tête déconstruire un nouveau quartier général. Pour résumer, le fameux Pentagone aurait quelque chose en lui de Maulnes.

Noyers-sur-Serein: le village médiéval idéal

Le village de Noyers-sur-Serein

Blotti dans une boucle du Serein, le village, l’un des plus beaux de France, est délicieusement moyenâgeux. Ce n’est que ruelles pavées, maisons à pans de bois, arcades, placettes, chapiteaux sculptés, tours, remparts… Comment ne pas en tomber amoureux ? Il y a douze ans Yazmhil et Brice Corman n’ont pas trouvé la réponse et depuis ont pris racine. «Après vingt années passées au fin fond du Wyoming en compagnie des bisons et de retour en Europe, on cherchait un coin en Bourgogne parce qu’on aime la bouffe et le vin, racontent-ils d’une même voix. Comme les dames qui s’y promenaient portaient toutes de beaux sacs à main, on y a vu comme un signe, car aux États-Unis nous avions appris le métier de maroquinier. Leur marque est symbolisée par un bison, ce n’est pas si courant dans l’Yonne.

Yazmhil et Brice Corman, dans leur atelier de maroquinerie

Le pays de Colette

Bibliothèque du second étage
Bibliothèque du deuxième étage du musée Colette

À Saint-Sauveur-en-Puisaye, on a vu naître une grande écrivaine, Colette, précisément au numéro 8 de la rue de l’Hospice, devenue rue Colette. La maison où elle vécut jusqu’à ses dix-huit ans est toujours là. Jamais elle n’oubliera son village dont elle dit dans Claudine à l’école, son premier roman, qu’elle l’adore même s’il n’est pas très joli. C’est injuste, mais Saint-Sauveur-en-Puisaye, loin de lui en tenir rigueur, a transformé un château du XVIIe siècle en musée Colette. Au deuxième étage, une bibliothèque contient 1500 livres bien singuliers. Aucun ne porte un titre. Tous présentent sur une page un extrait plus ou moins court de l’œuvre. Piochée au hasard, voici une phrase précieuse pour qui baguenaude sur les petites routes champêtres de l’Yonne, les sens en éveil: «À qui vit aux champs et se sert de ses yeux, tout devient miraculeux et simple.»

Photographe: Maïté Baldi

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Écrit par
Michel Fonovich
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