Suisse : au cœur du Valais

Connaissez-vous un endroit où le soleil brille 300 jours par an ? Où on cultive la vigne et les abricots ? C’est, c’est… C’est évidemment le Valais en Suisse. Vous avez un doute ? Suivez-nous à travers 4 expériences dans des panoramas fabuleux.

Le Gornergrat RailwayTrain avec vues

Montée au Gornergrat, le 24 septembre 2018

Vous le reconnaissez ? Oui, c’est bien lui, c’est le Cervin ! Le roi des Alpes, avec son pic en forme de pyramide qui s’élève à 4478 m. Pour l’admirer en majesté on prend le Gornergrat Railway, un petit train nous transporte de Zermatt (1600 m) presque jusqu’au Gornergrat à 3133 m. À l’arrivée, bienvenue dans l’univers de la haute montagne, on profite d’une vue à 360° sur 29 sommets à plus de 4000m. Dire qu’il n’a fallu que 33 minutes pour se retrouver aux premières loges. On remercie ce premier train à crémaillère électrique de Suisse, qui est aussi le train à crémaillère le plus haut d’Europe en plein air.

Helmut, notre guide, pointe l’exploit des pionniers qui ont construit ce chemin de fer il y a 126 ans : « Ayons une pensée pour les ouvriers qui ont monté les lignes et posé les rails si haut. Il n’y avait ni pelleteuses ni hélicoptères à cette époque. C’était la première fois en Europe qu’on travaillait à une si haute altitude.  Les conditions étaient très rudes à cause du froid et du manque d’oxygène. »  Nous quittons cet imposant témoin du passé situé au beau milieu du décor alpin pour redescendre à pied. Bien nous en prend, car nous marchons au bord du Riffelsee (2 725 m), superbe lac où se reflète la silhouette du Cervin.

Rencontrons les moutons

Non loin de là, nous tombons sur un troupeau de moutons nez noir typiques du Valais. En été, ils sont près de 120, sous la houlette d’une bergère, à brouter dans la région du Gornergrat. Ils se distinguent des moutons ordinaires par leur bouille toute noire. On dit qu’ils sont les plus mignons du monde. Certains d’entre eux portent des colliers équipés d’un GPS, afin que l’on puisse les localiser sur une carte en ligne et leur rendre visite dans leur milieu naturel. L’expérience « Meet the Sheep » est ouverte au public de fin juin à début septembre 2024.

NostalChic Class

Embarquez à bord d’un wagon de 1961 remis en service pour un voyage exclusif jusqu’au Gornergrat. Tout commence à Zermatt par un apéritif riche au Edward’s Bar-Café de l’hôtel Monte Rosa, avant de monter à bord du train nostalgique. Durant le trajet entre Zermatt et le Gornergrat, un guide multilingue prend soin de vous et vous prodigue informations et anecdotes passionnantes sur l’histoire du Gornergrat Railway. Une halte au mythique Riffelalp Resort à 2222 m est l’occasion de se régaler d’un menu de quatre plats avec un accord de vins au Ristorante Al Bosco. Ajoutez les meilleures vues sur le Cervin et ses majestueux compagnons depuis votre place fenêtre garantie et vous avez une idée des moments exceptionnels offerts par la NostalChic Class. 

La NostalChic Class circule les mercredis et samedi, du 26 juin 2024 au 14 septembre 2024. La taille des groupes est limitée à 22 personnes par trajet. Les billets sont disponibles sur www.gornergrat.ch au prix de 320 CHF par personne. 

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Aletsch ArenaOn a marché sur le plus grand glacier des Alpes

Ce matin, on a rendez-vous avec le Grand Glacier D’Aletsch, 20 km de long avec jusqu’à 800 m d’épaisseur de glace. Yvan Volken est notre guide de montagne. Après avoir emprunté une télécabine depuis Riederalp, on marche presque 2h pour approcher la bête. Une fois au bord du plateau, on aperçoit en contrebas le gigantesque, le colossal, le monumental glacier d’Aletsch, boa de glace jamais repu, qui avale la montagne sans se presser. Yvan désigne un rocher à mi-pente. « L’an passé, le glacier arrivait jusqu’à cette hauteur. Ça fait au moins trente mètres d’écart. Quand il aura fondu et qu’un lac aura pris sa place, j’apprendrai aux touristes à nager », commente-t-il avec un fatalisme teinté d’ironie.

C’est le moment de s’équiper de crampons, et de nous encorder. En parcourant seulement quelques mètres on pénètre dans un univers parallèle en suivant les crêtes de crevasses insondables. On monte, on descend. Dans un creux, cernés par les parois de glace, on s’étonne tout à coup de ne même plus apercevoir les cimes des montagnes. On monte, on descend, jusqu’à atteindre la moraine médiane de Trugberg où comme prévu on prend un casse-croûte. Mais voilà que le ciel menace. Il faut se presser de repartir.  

Le Grand Glacier d’Aletsch en 4 chiffres 

20 km de long. Le plus grand glacier des Alpes.

10 milliards de tonnes. Si le géant de glace devait fondre, chaque citoyen de la terre pourrait recevoir un litre d’eau par jour pendant 3,5 ans.

800 m. La plus haute épaisseur de glace.

50 m de recul chaque année, à cause du réchauffement climatique.

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Entre Nendaz et VeysonnazItinéraire bisses

Mais pourquoi donc aller à Nendaz et Veysonnaz ? Pour longer un bisse ! Soit l’un de ces canaux d’irrigation qui sillonnent le Valais depuis le XIVe siècle. Si beaucoup ont été abandonnés au fil du temps, d’autres ont résisté et ont même été retapés pour le plus grand plaisir des touristes. Ainsi, sur les 300 qui ont été répertoriés, 200 continuent à acheminer l’eau des torrents jusque dans les terrains cultivés.

Suivons le bisse de Vex, un des plus beaux. Départ de Planchouet (1505 m). La rivière se nomme Printse, elle provient directement des glaciers. Le bisse en détourne une part et descend en pente douce jusqu’à Veysonnaz (1 358 m), huit kilomètres plus loin, et s’étire encore sur quatre kilomètres jusqu’aux Mayens de Sion (1 335 m). Au cours de la balade, tantôt on longe le bisse, tantôt on l’enjambe en empruntant un pont, tantôt on marche dans la forêt, tantôt on marche à découvert et l’on peut alors contempler au loin la vallée du Rhône et le versant valaisan des Alpes bernoises.

Vaches de caractère

Tiens, voici que l’on croise une poignée de vaches. Elles ont l’air paisible comme ça, mais avec leurs congénères, c’est une autre paire de manches. Ce sont des combattantes ces vaches d’Hérens, elles luttent entre elles pour établir une hiérarchie dans les alpages. Les éleveurs organisent chaque année des combats par catégorie d’âge et de poids et les gagnantes reçoivent le titre de reine. Les vaches d’Hérens donnent un lait avec lequel on produit le fromage à raclette du Valais AOP. 

L’art du raclage

Pour déguster une bonne raclette, il faut un bon racleur dont la mission consiste à racler pour les convives. Au restaurant Le Grenier à Nendaz, le racleur se nomme Didier. Avec à chaque doigt des bagues en forme de tête de mort et un débardeur Harley-Davidson il n’a pas forcément le look attendu, mais il s’avère un expert dans l’art du raclage. « Dès que le fromage frétille, je racle avec le dos du couteau et recueille le fromage fondu dans l’assiette, explique-t-il. On arrose le tout avec un fendant. Ici, on dit qu’il vaut mieux avoir la maladie de Parkinson que celle d’Alzheimer, car il est préférable de renverser un peu son fendant que d’oublier de le boire. » 

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Région Dents du MidiLe sourire des montagnes 

Nous voilà à Champéry prêts à monter dans un téléphérique à destination de la Croix-de-Culet, 928 m plus haut. Vu la saison, les skieurs ont cédé la place aux vététistes. Ceux-là roulent à l’électrique et vont trouver comme terrain de jeux 350 km de pistes balisées. L’un d’eux se réjouit : « Avec un VTTE, tu peux faire de grandes distances sans trop d’efforts. Ce qui est cool ici, c’est qu’il y a beaucoup de restos équipés avec des chargeurs, tu peux utiliser à fond ta batterie, utiliser le mode turbo tout le temps sans craindre de tomber en panne. »

Du sommet on contemple à loisir la vallée, les Dents du Midi, et le domaine skiable et cyclable des Portes du Soleil qui au-delà des montagnes se déploie dans la Haute-Savoie voisine. Un randonneur pointe du doigt un col haut perché, le Pas de Chavanette, et nous explique : « Là-bas, c’est le départ de l’une des pistes de ski les plus raides au monde avec 37° de pente moyenne et des passages à 76°. Sans parler des bosses qui peuvent atteindre deux mètres. Bien sûr, elle n’est jamais damée. » L’absence fort naturelle de neige à cette époque de l’année nous dispense heureusement de toute expérience périlleuse sur le fameux Mur Suisse. 

La galerie Défago

Propriétaire de l’Hôtel de la Croix-Fédérale à Champéry, Emmanuel Défago décide vers 1862 pour séduire les touristes d’aménager un étroit sentier le long de la paroi rocheuse qu’il voit tous les jours de l’autre côté de la vallée au fond de laquelle coule la Vièze. Une fois les travaux de creusement achevés, il pose une barrière pour sécuriser la promenade. À plus de cent mètres de hauteur, toute chute serait mortelle, ce qui n’est jamais bon pour le commerce. Et puis, il fait peindre sur le rocher en rouge et blanc, les couleurs du Valais, le mot « galerie ». Au départ de la gare de Champéry, au pied du téléphérique, une rando en boucle de deux heures passant par la galerie Défago permet de profiter des meilleures vues sur le val d’Illiez. 

Pratique

Y aller

En train. TGV Lyria. Paris – Genève (3h10), Paris – Lausanne (3h40).

Circuler

Swiss Travel Pass. Ce pass permet de voyager sans limites en Suisse en train, bus ou bateau. Le Swiss Travel Pass est disponible pour 3, 4, 6, 8 ou 15 jours consécutifs.

À faire

Gornergrat Railway. Ce train vous permet d’accéder au Gornergrat à plus de 3000 m d’altitude. L’horaire est adapté aux saisons, ce qui permet aux trains de circuler 365 jours par an, du matin au soir. La station de départ se trouve directement en face de la gare de Zermatt.

Excursion sur le glacier d’Aletsch. L’excursion habituelle d’une journée sur le plus grand glacier des Alpes dure environ 6 heures. Sur ce total, vous passez environ 2 heures sur le glacier lui-même.

Téléphérique Champéry – Croix-de-Culet. En 5 minutes, la cabine avale les 899 mètres de dénivellation avec un départ à 1037 m d’altitude pour arriver à 1936 m. Après, la montagne est à vous.

Portes du Soleil. Le plus grand domaine transfrontalier au monde entre Suisse et France paradis des skieurs, des vététistes et des randonneurs.

Randonnée du bisse de Vex. Pour ne pas faire l’aller-retour sur le même chemin, Nendaz et Veysonnaz Tourisme ont mis en place une « navette des bisses » qui permet de faire un trajet en bus et le retour à pied.

Dormir

Hôtel Central, Brig. L’hôtel familial est vraiment central à 5 minutes de la vieille ville. Un tableau du Cervin dans chaque chambre. On est bien dans le Valais et nulle part ailleurs.

Hôtel des Alpes, Fiesch. Définition de simple : dont les manières, les goûts ne dénotent aucune prétention. Exemple : l’hôtel des Alpes est un hôtel simple. Il est bon de constater que dans les montagnes on cultive encore cette vertu qui ici va de pair avec une chaleureuse affabilité. Le restaurant est simple lui aussi. À noter que le patron fait sa propre bière. En toute simplicité.

Mad Mount Hotel, Nendaz. Au cœur du village, et à seulement quelques pas d’une remontée mécanique, le flambant neuf Mad Mount envoie du bois. Cela au sens figuré, mais aussi au sens littéral attendu que ses chambres tout en bois procurent l’apaisante sensation d’être installé dans une cabane au fond de la forêt. Le spa est un petit bijou. Le bar est avenant. On y boit des bières et des vins locaux. La cuisine est d’inspiration italienne. En un mot, le « Mad », c’est fou !

Peanut Lodge, Val-d’Illiez. Ne pas se fier aux apparences. La très imposante bâtisse qui occupe presque à elle seule un côté de la place du village cache derrière ses murs d’antan une déco audacieuse qui fait référence selon les chambres à l’univers du refuge de haute montagne ou à la van life. Si vous avez la dalle, vous pouvez manger au Communal (le resto maison), c’est un régal.

Manger

Schlosskeller, Brig. Et pourquoi pas un gueuleton dans les caves du château à défaut du château lui-même ? C’est déjà ça. En dessert, le délicieux sorbet dans sa compote d’abricots rappelle que le Valais produit ces fruits qui font plus que soutenir la comparaison avec les abricots de notre vallée du Rhône. Un Toblerone vient avec le café, Suisse oblige.

Vis-à-Vis (3100 Kulmhotel), Gornergrat. Contempler des 4 000 m dont le célébrissime Cervin, ça ouvre l’appétit. L’altitude aussi. À 3 100 m, on envisage des plats qui en imposent. Ça tombe bien, l’un des restos implanté au Gornergrat n’est pas du genre à décevoir ces légitimes attentes. Les plins, raviolis valaisans à la viande de bœuf, font naître un pur sentiment de reconnaissance. La soupe au vin blanc avec des herbes de montagne dans laquelle nagent des morceaux de perche arrache des larmes de joie. Le tout arrosé d’une petite Arvine, vin blanc local, et l’on comprend comment la montagne, ça nous gagne.

Le Grenier, Nendaz. Comme il fait bon venir chez Anne-Laure et Didier pour déguster une raclette de derrière les fagots dans une ambiance très conviviale. Dans un coin, un antique juke-box (Didier est aussi antiquaire) diffuse des chansons qui sentent bon la nostalgie à condition de lui donner une pièce. Pour clore le festin, on ne dit pas non à une liqueur d’abricots du cousin Daniel. Tél. : +41 27 288 24 40

Buvette Cab’Anne Café, Veysonnaz. Dans le pittoresque hameau de Verrey au-dessus de Nendaz, accrochée à une pente bien raide, la Cab’Anne – attention, jeu de mots vu que c’est précisément Anne qui tient le café – jouit d’une sublime vue sur les crêtes et sommets alentour. Le décor de cette buvette est à la fois rustique et coquet. On y mange à l’intérieur, comme en terrasse, de bons produits du coin et notamment une délicieuse fondue à la tomate qu’on n’oublie pas de sitôt. Tél. : + 41 79 945 82

Chez Coquoz, Champéry. Aller chez Coquoz, c’est entrer dans l’histoire, celle du premier restaurant d’altitude ouvert dans les Alpes en 1952. Situé au cœur des Portes du Soleil, le plus grand domaine international ski & VTT au monde, Chez Coquoz jouit d’une sublime vue sur les Dents du Midi et vous réjouit avec sa cuisine ancrée dans le terroir. La cave détenant plus de 200 vins du Valais, il faut forcément prendre son temps.

Pour préparer son voyage

Le site de la région du Valais : www.valais.ch

Mais aussi : www.gornergrat.ch, www.aletscharena.ch, www.nendaz.ch, www.veysonnaz.ch, www.regiondentsdumidi.ch

Cet article est à retrouver dans son intégralité dans le AR N°67, disponible en kiosque et sur notre boutique.

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Écrit par
Michel Fonovich
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