Juste derrière la frontière, la Forêt-Noire prend ses aises. La porte d’entrée idéale ? Fribourg-en-Brisgau. Avant de découvrir cette douce montagne qui attire tant les Français.
Fribourg, la verte
Ici, la Forêt-Noire s’avance jusqu’aux portes de la ville. Elle est si proche qu’on peut y aller à pied depuis le centre-ville. Ici, les voitures font profil bas. Depuis 1971, elles sont interdites dans l’hyper centre. Ici, les habitants circulent à vélo. 80 % de la population en possèdent un. Dès le milieu des années 90 sont sortis de terre les premiers écoquartiers européens. Ici, l’écologie allemande est née et s’est développée. Dire qu‘à seulement 40 km de Colmar on peut découvrir une écoville du futur.

Au fil de l’eau
Fribourg qui se flatte d’être la ville la plus ensoleillée d’Allemagne est également une ville d’eaux à sa manière. Dans le labyrinthe de ses ruelles médiévales, on peut suivre les bächle, de petites rigoles en pierre où ruissellent les eaux de la rivière Dreisam. Au Moyen âge, ils servaient à l’alimentation en eau potable de la ville autant que de réservoirs en cas d’incendie. Aujourd’hui, ils rafraîchissent au cœur de l’été les pieds des passants et les bières pour l’apéro. En cas de fortes chaleurs, on peut aller carrément barboter dans la Dreisam qui traverse paisiblement la ville.

La Forêt-Noire est-elle noire ?
On dit que la Forêt-Noire est la sœur des Vosges car avant que le Rhin ne les sépare, elles ne faisaient qu’un. On dit aussi que son nom viendrait des romains venus jadis conquérir ce territoire. Au contact de ces forêts denses de feuillus et de conifères qui laissent à peine pénétrer la lumière, ces Méridionaux ruminent des idées noires si bien que la forêt lugubre devient la Forêt-Noire. De nos jours, elle s’est bien éclaircie et donne le sourire à ses visiteurs.


© Nicolas Leblanc
Rankmühle, le moulin qui résiste
Sud de la Forêt-Noire à 900 m d’altitude. Commune de Sankt Märgen. Au bout d’un chemin qui serpente entre forêts ténébreuses et prairies bien dégagées un chalet nous attend avec son balcon à moitié englouti par des géraniums en délire. Josef Saier, vêtu de sa traditionnelle chemise bleue brodée nous apprend que le chalet est en fait un moulin qui a failli disparaître. « Quand en 1975, le meunier et sa famille sont partis, le moulin mis en service en 1802 a été abandonné. Voir ce bijou dépérir était trop triste, »

En 2020, ils ont fondé une association pour le rénover complètement : cuisine, four à pain, pièce où on file la laine et on répare les horloges. On a remis en état de marche tous les mécanismes du moulin ! « Tout le monde veut venir voir le Rankmühle, c’est la maison la plus photographiée de la Forêt-Noire, notre tour Eiffel ! », conclut triomphalement Josef.
Visite sur rendez-vous. Chaque dernier samedi du mois, le moulin est en activité.
Les bonnes eaux salines de Bad Dürrheim
Nos amis anglais pourraient s’en étonner, mais en Allemagne, on se réjouit de la présence du mot Bad dans le nom d’une ville. Cela signifie qu’il s’agit d’une ville thermale. À nous les bains bons pour la santé. Parmi les 17 villes thermales recensées en Forêt-Noire, une seule propose des cures salines : Bad Dürrheim. Sarah Hildebrand du centre de bien-être et de santé Solemar explique les particularités de la station.

« En 1822, on a découvert des gisements de sel à 300 m sous terre. C’est devenu l’or blanc de Bad Dürrheim, car il servait à conserver les aliments. Depuis 1970, le sel est réservé aux thermes. Une cure d’eau salée a des effets bénéfiques sur les articulations, les muscles et la circulation sanguine. Elle renforce aussi le système cardiovasculaire, dégage les voies respiratoires et régénère la peau. »

La toute dernière nouveauté ? « Une cabine infrarouge et un espace de cryogénie où le corps est plongé en entier à -110 °C pendant 3 minutes maximum. Cette pratique connue des grands sportifs est reconnue pour la récupération physique, le soulagement des douleurs et le bien-être en général. »
Ouvert tous les jours de 9 à 22h. Tarif : 19 €.
Pratique
Y aller
En train
Stuttgard, Karlsruhe, Fribourg-en-Brisgau, Baden-Baden et Offenburg sont situées sur les itinéraires à grande vitesse (ICE, TGV, Intercity, EuroCity et CityNight).
Dormir
Hotel Victoria, Fribourg-en-Brisgau. En face de la gare et à l’entrée de la vieille ville, cet hôtel à la façade 1870 joue la carte écolo : panneaux solaires et éoliennes sur le toit-terrasse, chaudière aux granulés de bois, réduction des déchets, textiles en coton bio, vélos en libre-service… Accueil familial, chambres spacieuses, buffet bien garni pour le pdj. 64 ch. à partir de 110 € + 23 € pdj.
Gasthof Linde, Löffingen. Une auberge traditionnelle aux mains de la famille Messmer depuis 1823. Accueil familial et carte bien tradi. Attention ! Les cuisines ferment à 20h, mieux vaut passer commande avant. Ch. doubles à partir de 130 €.
Sure Hôtel, Bad Dürrheim. En face du jardin de la ville et à deux pas des thermes, cet hôtel de 58 ch. possède une réception à l’architecture brutaliste surprenante. Vélos électriques en libre-service. 80 chambres avec balcon à partir de 130 €.
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