Nationale 7, comme un goût d’Amérique

Derrière le cliché d’une route heureuse bordée de platanes, la Nationale 7 cache une identité plus riche et complexe qu’il n’y paraît d’abord. Ici, le soleil de la Côte d’Azur deviendrait presque californien …

Je n’ai en fait jamais emprunté la Nationale 7. Aucun souvenir d’enfance ne s’y rattache. Aucune odeur, aucune image, rien. Pour moi, elle n’a longtemps été qu’une chanson lointaine entendue chez une grand-tante. C’était pendant des vacances ennuyeuses. J’y voyais une petite reproduction de la Route 66, simplement plus proche, plus accessible. Trenet la chantait pendant les Trente Glorieuses. Ces années restent pour moi une série de photos jaunies dans un album. Je n’y suis pas encore né.

Malgré cela, et dès les premiers kilomètres après la Porte d’Italie, il m’a semblé la reconnaître. Sur la route Tout l’imaginaire de la Nationale 7, les routiers, les platanes, l’odeur de la Côte, une certaine idée des vacances, tout cela m’appartenait. Car, dans l’imaginaire collectif, c’est encore elle qui représente le mieux l’idée française de la Route. Et c’est bien d’imaginaire dont il s’agit. Il n’y a qu’à écouter Trenet et sa chanson, qui la fait passer par la Bourgogne et atterrir à Sète pour se rendre compte qu’il s’agit moins d’une route réelle que de l’image fantasmée d’une certaine idée du bonheur. (…)

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Photographe : Matthieu Raffard
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Écrit par
Albéric D'Hardivilliers
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