Douce errance en Lozère

 

Un pays de hauts plateaux, de routes qui cherchent leur destin, d’herbes qui dansent et de silence des pierres. Un pays où quelques hommes et femmes s’accrochent à une vie de solitude. Un voyage sous forme de méditation à voix haute à travers des paysages qui pourraient prochainement être inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. 

 
 
L’odeur n’est pas celle que j’avais imaginée, mélange de suint et de paille moite, c’est au contraire une odeur de vent et de pierre sèche, une odeur de chênes verts et de genévriers sur laquelle se fixe un fond de résine tiède. Le Causse, pour quelques jours encore, trouve le temps de respirer avant l’étouffement de l’été à venir, la pierre est encore grise, tachée de lichen jaune, et non pas blanche et brûlée par la chaleur. On devine pourtant, en arrivant sur le plateau par la route de Florac, un paysage ras et longtemps poncé, un « morceau de continent chauve » selon les mots de Julien Gracq.
 
 
La tentation du silence
 
J’aime ces paysages de moyenne montagne, perdus aux franges du Massif Central, détachés comme une île du reste de la France et suspendus à la diagonale du vide. Ils m’attirent, comme les îles du Nord et les déserts d’Asie centrale. Malgré leur apparent dépouillement, chaque détour, chaque repli du terrain cache une nouveauté discrète faite de demi-tons et de nuances silencieuses. (…)
 
 
 
 
Photographe : Matthieu Raffard
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Écrit par
Albéric D'Hardivilliers
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