Le festival Circulation(s), comme chaque année, brasse les codes esthétiques et les idées et favorise les rencontres autour de l’image. Pour cette 15e édition, la photographie lituanienne est mise à l’honneur. Le portfolio met un coup de projecteur sur 6 jeunes pousses à suivre absolument.
Circulez, y’a tout à voir ! Ce printemps, 23 jeunes photographes de 13 nationalités différentes déboulent au CENTQUATRE-PARIS. L’occasion de prendre le pouls de la scène émergente européenne et de découvrir une programmation audacieuse. Cette nouvelle génération interroge les notions de mémoire, de liberté, de migration, d’identité et le sentiment d’appartenance.

Circulation(s) Festival de la jeune photographie européenne
Du 5 avril au 1er juin 2025
PAULIUS PETRAITIS
Enjoy the Now

La série Enjoy the Now explore les stratégies médiatiques utilisées pour déshumaniser les migrants entrant en Lituanie depuis le Bélarus pendant l’été 2021. C’est ainsi que Paulius Petraitis a rassemblé un corpus d’images de presse où l’identité des migrants est masquée. Ces images de visages pixelisés, occultent ainsi leur humanité et effaçent tout signe de leur présence. Ces blocs pixelisés, agissent sur l’empathie du spectateur. Ils réutilisés par l’artiste comme arrière-plan d’une série de paysages lituaniens dont la luxuriance semble presque étrange.
En revisitant ces sites, lieux de passage des migrants sur son territoire, Paulius Petraitis part en quête des traces de cette présence humaine invisibilisée. Mais il n’en trouve aucune, ce qui souligne d’autant plus cette volonté d’effacement de l’identité et de l’appartenance.
EMELINE AMÉTIS
peyi manman, au pays des mères

À l’origine de cette série, il y a un geste : la veille de ses trente ans, la mère de l’artiste lui offre un album. Ce dernier retrace quatre décennies de sa propre vie de son enfance modeste en Guadeloupe à son quotidien de jeune fille fraîchement arrivée dans l’Hexagone des années 1970. Le récit photographique se poursuit jusqu’au début des années 2000. À son tour, Emeline Amétis photographiera l’archipel natal de sa mère comme ce qui lui semble être un territoire de cachettes, marqué par la violence et l’imprévisible.
À travers l’usage des archives, du textile, de l’installation, de la photographie de portrait et de paysage, la série crée une tension entre l’imaginaire, la mémoire et la perte. Elle pose la question de l’héritage dans le contexte migratoire caribéen. Comment l’imagination comble-t-elle les manques créés par la distance, l’oubli et le silence ?
peyi manman attire l’attention sur une histoire commune à de nombreuses familles matrilinéaires antillaises et propose une traversée spatiale, historique et spirituelle.
Photo de couverture : Artem Humilevskyi
Ce portfolio est à retrouver dans son intégralité dans le AR N°70, disponible en kiosque et sur notre boutique.
