AR Magazine vous présente dans chaque numéro des reco musique, cinéma et des livres !
Lo’Jo – [Fonetiq Flowers]
La poésie court les rues. Évadée de nos cahiers d’écoliers, elle se cache souvent dans les poches percées de Denis Péan. Ce chanteur désarmant assaisonne de « polkas guaranies », de « virgules de cantiques » ou de « matins nus » le swing cosmopolite de son groupe. Enregistré entre la Chine, le Bénin et leur Maine-et-Loire natal, le quinzième album de ces vagabonds au grand cœur invite à flâner béatement dans une brume sonore hantée par un joueur de panduri géorgien et un rappeur suisse. Tout un monde !
Makan « Badjé » Tounkara – Daba
Fils et petit-fils de griot, Makan Tounkara joue aux côtés des plus grands (Salif Keïta, Baba Maal…) d’un tout petit instrument. Le n’goni est en effet un luth effilé, dont les cordes vibrent au-dessus d’une étroite peau de chèvre. Entre les mains délicates de « Badjé », il évoque d’orageuses saisons des pluies, une terre à demi assommée de soleil ou la vie simple des paysans maliens qui la cultivent. Une sagesse immémoriale irrigue d’ailleurs ce nouvel album, sous la forme de proverbes répétés par des voix capiteuses. Un passeport pour l’Afrique de l’Ouest.
Makan « Badjé » Tounkara – Daba
Oumou Sangaré – Mogoya
« Elle est la plus grande chanteuse africaine vivante », clame le dossier de presse. Ce genre d’affirmation donne une folle envie de sortir un double décimètre pour aller mesurer la concurrence. Peine perdue : ce n’est pas par sa taille, ni même par sa puissance vocale (pourtant peu commune) que se distingue la diva malienne, mais par sa façon de s’impliquer, de s’engager dans chaque syllabe qu’elle chante. Mogoya est un grand disque sur les Africaines d’aujourd’hui, signé – tout simplement – par une grande chanteuse.
