Emmanuelle Devos : comment elle a voyagé...

Emmanuelle Devos : comment elle a voyagé…

Vous souvenez-vous de votre premier voyage ?

Oui, et d’autant plus que je crois que j’avais seulement quatre ans ! C’était en Tunisie. Mes parents qui étaient acteurs travaillaient en été dans un village de vacances fortement axé sur la culture. Pendant trois semaines, ils ont joué des scènes et des pièces de théâtre pour les vacanciers. Vu mon âge à l’époque, je n’ai évidemment que des souvenirs très parcellaires : la maison que nous habitions, les très nombreux scarabées que nous trouvions sur la plage et que nous mettions dans un sceau, sans oublier la découverte des chameaux ! Et puis il s’agit également de mon premier voyage en avion, un avion à hélices en l’occurrence. Les conditions inconnues jusque là d’un voyage dans les airs puis l’exotisme et le dépaysement à l’arrivée : autant d’éléments inédits pour l’enfant que j’étais et qui restent donc gravés dans ma mémoire même lacunaire !

Êtes-vous retournée en Tunisie depuis cette première expérience ?

Une seule fois, en 1998, pour le tournage de Peut-être, le film de Cédric Klapisch. Nous étions à Tozeur qui est l’une des portes du désert du Sahara. Et même si pour des raisons politiques et sociales, l’atmosphère générale était alors morose, je me souviens malgré tout de ma découverte du désert justement. Au cours d’une excursion notamment où j’ai fait connaissance avec cet environnement si particulier qui m’a profondément marquée.

Ce premier voyage à l’étranger fut-il le premier d’une série durant votre enfance puis votre adolescence ?

Absolument pas ! Mes parents n’avaient pas le goût des voyages et dans mon enfance je ne suis pas allée à l’étranger. C’est plus tard que je suis partie. Mais ce tropisme parental avait une explication : ils ont très rapidement créé deux festivals de théâtre en été, l’un à Aigues-Mortes, l’autre à Albi. Évidemment, je les y accompagnais et je connais fort bien ces deux villes : la Camargue et le pays albigeois n’ont aucun secret pour moi en raison de ces séjours multiples à la fois familiaux, culturels et artistiques. Je passais donc un mois de vacances avec mes parents et un mois de vacances ensuite chez mes grands-parents, la Marne d’un côté et le Loiret de l’autre. Rien de très glamour peut-être pour ces dernières destinations. Mais je garde des souvenirs merveilleux de ces moments à la campagne, en famille, avec beaucoup de monde et dans la bonne humeur.

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Photographe : Christophe Beauregard
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Écrit par
Michel Fonovich
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