Écosse : les beaux jours à Édimbourg - A/R Magazine voyageur

Écosse : les beaux jours à Édimbourg

Je t’écris d’Édimbourg et je voudrais être certain que tu ne négliges pas l’apport considérable de l’Écosse à l’humanité. Pour mémoire, c’est à ce petit peuple septentrional aux jambes dénudées que nous devons le téléphone (Graham Bell), la télévision (John Baird), la pénicilline (Alexander Fleming), le pneu (John Dunlop), le frigo (William Cullen), le goudron (John McAdam), le grille-pain (Alan McMasters), le mythe de l’explorateur africain (Docteur Livingstone, I presume ?) et le capitalisme (Adam Smith), sans oublier le golf, le whisky et James Bond (le vrai).

 

Il faut dire que la révolution industrielle a démarré dans les parages et qu’il pleut 240 jours par an, deux facteurs qui favorisent la créativité. Édimbourg tient aujourd’hui encore une bonne forme économique et peut se targuer d’être la ville la plus diplômée d’Europe. Petite capitale (500000 habitants, peanuts à côté de sa voisine Glasgow, 3 millions), Édimbourg voit sa population doubler en été du fait de touristes comme vous et moi qui viennent se pâmer devant cet étrange, mais fascinant mélange d’architecture gothique, géorgienne et néo-classique perchée sur de verts talus qui étaient des volcans voilà quelques millions d’années.

 

Les touristes comme vous et moi sont également attirés par l’offre culturelle foisonnante durant l’été. Sur le Royal mile, l’artère piétonne qui mène au château (n’y allez pas), des artistes de rue jonglent avec des haches pour un oui ou pour un non, des marcheurs s’absorbent dans un parcours artistique immersif et des myriades de joueurs de cornemuses en uniforme surgissent sans sommation pour préparer le Military tattoo, un des 128000 festivals que compte la ville, le plus célèbre étant The Fringe, qui se targue d’être le plus grand événement théâtral du monde et dont le programme est épais comme l’annuaire (vous vous souvenez des annuaires ?).

 

Fuyons la surpopulation d’Old Town et l’ennui commercial de New Town pour nous réfugier sur le promontoire de Calton Hill, où l’on comprend pourquoi Édimbourg est surnommée l’Athènes du nord avec son National monument qui se prend pour le Parthénon, ses colonnes doriques (ou ionique, j’ai un doute) et sa vue sur la mer qu’on voit danser le long des golfs verts. Hasardons-nous dans le quartier portuaire de Leith, où les anti- héros de Trainspotting trainaient leurs seringues. Circulez. Renton, Begbie et Spud ne vivent plus là depuis longtemps, la zone ayant été mangée par la gentrification avec son cortège d’établissements pour hipsters sans gluten accros au smashed avocado. Tout fout le camp, c’est sûr, sauf peut-être la chaleur des pubs patinés par les siècles de bière, où des rouquins jouent du banjo en tapant du pied sur des parquets qui en ont vu d’autres, entonnant des ritournelles puisées au fond des âges pour contrecarrer la grisaille du dehors et ranimer le cœur du voyageur blasé d’avoir trop voyagé.

 

Plus d’infos :

www.edinburghfestivalcity.com

www.visitscotland.com

 

Lire aussi : Highlands, un voyage en hiver

© Kat… – Flickr Creative Commons

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Écrit par
Julien Blanc-Gras

Né en 1976, Julien Blanc-Gras est un écrivain et journaliste-reporter.
Après des études de journalisme à Grenoble, il obtient un DEUG d’histoire puis une maîtrise en journalisme, puis à Hull en Angleterre.

En 2005, il publie au Diable vauvert, « Gringoland », qui conte un périple latino-américain et sera ensuite lauréat du festival du Premier Roman de Chambéry et « Talents à découvrir » des librairies Cultura.

En 2008, il publie « Comment devenir un dieu vivant », une comédie apocalyptique déjantée, puis « Touriste » en 2011, et « Géorama » en 2014.

Il a également séjourné aux îles Kiribati à l’automne 2011 pour réaliser son livre, « Paradis (avant liquidation) » (2013).

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