Bérézina – Sylvain Tesson

 

Sylvain Tesson est un survivant. Il  joue sa vie à la roulette russe et jusqu’à présent il a toujours gagné. Ce qui nous vaut des récits épiques. Hiver 2012, il entreprend de refaire la Retraite de Russie deux siècles après Napoléon. Pile deux siècles après. Comment ? Au guidon d’un side-car Oural, même si « l’expression motocyclette à panier adjacent est plus esthétique ». Pour cette aventure il s’entoure de Thomas Goisque, photographe et ami de toutes les idées folles et Cédric Gras, diplomate et écrivain, fin connaisseur de la Russie.  Tous les trois roulent sur les routes qui n’en finissent pas de s’étirer entre forêts de bouleaux et villes déprimantes.  Leur obsession ? « Saluer la mémoire de centaines de milliers de malheureux soldats victimes d’avoir suivi leur chef . » À Borodino, l’auteur s’interroge : « Comment ces hommes faisaient-ils pour supporter ce qu’ils voyaient ? […] Ne piétinaient-ils pas carrément des champs de chair ? » Depuis 200 ans, il sort chaque jour  quelque part dans le monde, un livre sur le Premier Empire, mais Bérézina n’est pas un livre de plus. Tesson  a donné de sa personne pour refaire ce chemin. Non seulement il s’est gelé les miches par -15°C, mais il a tout simplement risqué sa vie, comme lui fait remarquer avec une pointe d’étonnement un camionneur croisé sur une route patibulaire : « Vous êtes fatigués de vivre ? » Mais notre irréductible a le dernier mot : « Rien n’arrêtera notre Oural, pas même ses freins. »  

 

 

Bérézina, Sylvain Tesson

Paulsen

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Écrit par
Sandrine Mercier
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