Bien sûr en Isère, on ne va pas passer à côté du grand classique, le gratin dauphinois. Mais on a sélectionné 7 façons de déguster les saveurs locales. C’est bon et c’est inattendu !
1- Célébrer 130 ans de cuisine chez le Pèr’Gras au sommet de la Bastille
C’est l’adresse emblématique de Grenoble. La même recette du succès depuis 1896, une maison familiale qui sert sur une cuisine généreuse, locale et entièrement faite maison. Pour s’y rendre il faut commencer par prendre les fameuses « bulles » et admirer en surplomb toute la vallée du Grésivaudan.


Laurent Gras, chef du Chez le Per’Gras © Michel Fonovich
« Tout commence en 1896 avec mes arrière-arrière-grands-parents, raconte Laurent Gras, le chef. Ils ont pris une ferme sur ces terres qui appartenaient au fort. Dans les années 60, on a dit au revoir aux dernières bêtes pour se consacrer entièrement à la restauration, une restauration rustique. » On peut compter sur son gratin dauphinois à arroser avec un blanc issu d’une des trois parcelles de vignes du Pèr’Gras juste à côté.
2 – Se mettre à La table d’Uriage
Et si la meilleure cure était gastronomique ? Oubliez bains, massages, applications de boue et mettez-vous à table, celle de l’inventif Martin Berger qui magnifie les produits locaux. Sa cuisine devrait être remboursée par la sécurité sociale.


Martin Berger chef de La table d’Uriage © Nicolas Leblanc
3 – Déambuler dans le 2eme marché de France à Vienne
Certains viennent à Vienne pour un concert de jazz lors du festival Jazz à Vienne, pour y faire leurs courses au gré des étals du marché. Un marché spectaculaire avec plus de 300 commerçants. Chaque samedi il s’étale dans les rues du centre-ville et draine les producteurs dans un rayon de 30 km autour de Vienne. Parmi eux, beaucoup de maraîchers. on peut aussi acheter en vrac son lait de chèvre ou vache tout frais. Là, de la rigotte de Condrieu (AOP), un fromage de chèvre à pâte molle et à croûte fleurie.

C’est le fleuron du territoire. Un autre fleuron est le galet du Rhône, créé par le chocolatier Fleury Panel dans les années 1930. Ronald Reagan s’en faisait livrer à la Maison Blanche.
4 – Déguster au bar à lait
À l’entrée de l’étable de la ferme des Vallons de Piaillon, à Autrans-Méaudre, Christian Perrin a installé une cabane de jardin avec à l’intérieur un distributeur de lait en libre-service.

« L’idée était de redonner aux gens l’envie de venir chercher du lait à la ferme comme avant. C’est ouvert 24h sur 24. Les gens remplissent leurs bouteilles puis mettent les sous dans la caisse. Ça marche à la confiance. Autrement, à l’heure de la traite autour de 17h, ils peuvent nous faire un coucou, et rencontrer nos vaches à qui le bleu du Vercors-Sassenage et le Saint-Marcellin doivent beaucoup. »
5 – Savourer un goût d’Italie sur le plateau du Vercors
À deux pas de l’église un restaurant pour les bons vivants qui en pincent pour la Botte : Annata . Léo Bocaccio, le chef, s’explique : « Notre fil conducteur, c’est l’Italie, mais on en joue subtilement. On ne veut pas ressembler à une trattoria. Ça peut être juste une note de citron, de noisette du Piémont, de colatura… sur des produits de chez nous. Le tout à savourer avec des vins nature. »

Enfant du pays, Léo a travaillé pendant 7 ans en Corrençon-en-Vercors au Palégrié, un étoilé Michelin qui l’a soutenu quand il s’est lancé et le soutient encore. « Après un premier restaurant, j’ai ouvert Annata en mars. Avec Palégrié, désormais installé à Méaudre, on travaille ensemble sur le réseau fournisseurs, sur l’élaboration du pain dans leur four à bois, et puis on avance ensemble sur les recettes, la ligne directrice commune avec le feu de bois … »
6 – Se prendre un pain des Branleurs
À Bourg-d’Oisans, dans la rue piétonne, il faut absolument s’arrêter dans la boulangerie Aux pains par Les Branleurs, on y va pour le nom provoc et on y revient pour leurs pains de choc ! Ici pas de baguettes, mais des pains bio au levain et aux farines anciennes exposés dans l’entrée comme des trophées. Tristan et Guillaume ont ouvert leur boulangerie carrément dans le fournil. Ainsi, on les voit travailler et pour sûr, c’est pas des branleurs.


Aux pains par Les Branleurs © Jérémie Vaudaux
7 – Découvrir un gratin aux herbes au sommet
Resto d’altitude Chez Passoud – L’Alpette
On l’aime et pas qu’un peu ce resto à l’arrivée du téléphérique du Dôme des Rousses, à 2100 m. Sa spécialité ? Le gratin aux herbes. Un mélange savoureux de gratin et de soufflé aussi léger qu’un nuage.

Martine a reçu cette recette de sa grand-mère et l’a transmise à sa fille Anne-Marie aujourd’hui en cuisine. Et parce qu’elle est sympa Martine, elle nous la livre : « On tapisse le fond du plat d’un râpé de pommes de terre très fin, on ajoute des œufs, de la crème, de la mie de pain, et toutes sortes d’herbes que vous avez sous la main, poireaux, blettes, persil, ciboulette… On remue bien et on le met dans un four doux pendant une heure. » Un plat qui réchauffe le cœur et le corps.
Un reportage est à retrouver dans AR N°75, disponible en kiosque et sur notre boutique.
