À une heure de Grenoble, le massif des Grandes Rousses dans l’Oisans en impose avec sa verticalité. Le domaine skiable Espace Alpe d’Huez est un immense terrain de jeu de 250 km de piste. Sa particularité ? Il est reparti entre 5 villages : l’Alpe d’Huez, Auris-en-Oisans, Oz-en-Oisans, Vaujany et Villard-Reculas. 5 ambiances hivernales à vivre.
1 – Ça glisse à Vaujany !
Quel est l’endroit le plus prisé de Vaujany ? La patinoire. Véritable signature de la station, elle est ouverte toute l’année pour les simples amateurs de glisse comme les pros du triple axel. Hockey, curling, patinage artistique, la présence de cet équipement suscite des vocations et permet d’accueillir des galas et des compétitions de haut vol. Champion d’Europe en 2011, Florent Amodio a troqué ses paillettes de patineur pour ouvrir son académie de formation à Vaujany il y a 8 ans. Chaque matin on peut assister aux entraînements rigoureux de ses élèves venus du monde entier. Si la patinoire héberge les sportifs de haut niveau on peut aussi saluer ses performances énergétiques.

Fabien Jacquemet, responsable du pôle Sport Loisirs explique comment le froid produit du chaud. « On a conçu un système qui permet de récupérer l’énergie créée pour produire la glace afin de chauffer la piscine et le complexe sportif. Cet échange d’énergie limite au maximum l’utilisation du fioul. » Ce système vertueux mériterait bien une médaille !
2 – Oz, la montagne magique
La commune d’Oz-en-Oisans s’étage sur 2 600 m de dénivelé, depuis le hameau de L’Île d’Oz jusqu’au sommet du Pic Blanc à 3300 m. Impressionnant. On n’en fera pas autant en raquettes. Juste une virée au-dessus de l’Alpette à 2 100 m d’altitude avec Alain Hillion. « Tiens, un lièvre est venu ronger les pousses de bouleaux … cette coulée date de la dernière avalanche… ce lac enneigé est une retenue collinaire qui permet de fabriquer la neige de culture… là-bas, le col du Sabot n’a rien à voir avec une galoche, son nom dérive de Sabaudia, la Savoie en patois, qui se trouve juste derrière… » Quel plaisir d’écouter Alain Hilion accompagnateur en moyenne montagne depuis 30 ans qui n’a pas son pareil pour décrypter le paysage !


Alain Hillion en raquette © Jérémie Vaudaux
Chaussés de raquettes, on lui colle au train dans le secteur hors-piste des Perrins. Sous nos pas, le crissement de la neige rend plus palpable le silence. « On marche le plus naturellement possible et dans la descente on fait des petits pas », conseille Alain. Il prête sa voix à un paysage grandiose mais muet, et affûte nos yeux qui voyaient sans comprendre. Grâce à lui, cette randonnée en raquettes se transforme en éveil des sens et du sens.
3- Villard-Reculas, le village en balcon
À une heure de Grenoble, le village de Villard-Reculas ne se lasse pas de contempler les massifs des Écrins, du Taillefer et de Belledone. Il y a pire comme vis-à-vis. Relié à l’Alpe d’Huezdepuis 1946, il a tout de même fait le choix de rester un village typique avec ses chalets en pierre et bois. On vous conseille 3 lieux qui témoignent de l’esprit montagnard.

Le comptoir du Villard de Julien Richard.
C’est le seul commerce de proximité du village. Tout le monde se retrouve ici pour boire un verre, jouer aux fléchettes, faire ses courses, acheter son journal, son pain, sa tarte aux myrtilles. Envie d’une raclette ? Il a ce qu’il faut, fromage et charcuterie.
La Chevre-rie de Clément Marais
« J’adore vivre ici avec mes 70 chèvres alpines même si l’agriculture de montagne est dure physiquement. Je cherche à produire un lait moins carboné. Grâce à la sélection génétique, mes bêtes produisent plus de lait avec un meilleur taux de matières grasses tout en consommant moins de nourriture. »

La Bergerie tenu par Françis Barlerin
Quand en 1970, son père a décidé avec le conseil municipal de faire du tourisme mais sans les promoteurs, on l’a pris pour un extra-terrestre. Une position pas facile à tenir à l’époque pour un maire alors qu’on bétonnait les Alpes. Il a construit ce resto d’altitude, sur la piste de Villard, en faisant du vieux avec du neuf. Il a récupéré tout ce que les gens jetaient : skis en bois, sabots, râteaux… pour recréer une ambiance montagnarde.
4 – Auris-en-Oisans, la montagne en héritage
Une grappe de petits hameaux suspendus au-dessus de la Romanche a donné naissance à la station d’Auris-en-Oisans en 1970. En face, la montagne mythique de la Meije (3983 m) attire tous les regards. Dans ce décor spectaculaire des jeunes réinventent le tourisme. Romann et Louis ont grandi ici, sont partis, puis sont revenus pleins d’idées. Romann Cayol est devenu accompagnateur de moyenne montagne et son ami d’enfance Louis Duroule a ouvert le snack d’altitude Sol&Monta. À 26 ans, ils misent tous les deux sur la convivialité pour faire découvrir leur pays.

Romann a lancé des rando raclettes, des apéros sunset gourmands, et des fondues en iglou : « Il faut 40 minutes en raquettes pour rejoindre l’iglou que j’ai construit moi-même sur les crêtes de Poutran. Assis sur des peaux des bêtes, on partage la fondue, et on redescend au clair de lune. » Louis Duroule a installé sa cabane gourmande sur les pistes, en haut des remontées des Sûres d’où l’on peut admirer le massif des Écrins. Un emplacement exceptionnel pour celle qui ressemble à une guinguette avec ses lampions et sa terrasse.

5 – Nana Land à l’Alpe d’Huez
L’Alpe, comme ils disent ici, est une des plus anciennes stations de France. 90 ans et toutes ses pistes. Célèbre avant tout pour son domaine alpin (250 km), elle se flatte aussi de posséder un domaine nordique d’un beau calibre (80 km) sur lequel veille une équipe 100 % féminine. 3 questions aux pisteuses Valérie, Maud, Maud (dite Josette), Amandine et Martine.
À quoi ressemble votre terrain de jeu ?
28 km de pistes de ski de fond et 50 d’itinéraire piéton. À 2100 m d’altitude, c’est le plus haut domaine nordique de l’Isère et le plus grand de l’Oisans. Un plateau ouvert avec du dénivelé, une belle neige, pas de sapins, mais des lacs. La Boucle des Lacs longue de 18 km permet d’en approcher plusieurs en marchant.

Une journée type ?
C’est très varié. On dame les pistes, il faut qu’elles soient bien lisses pour assurer une bonne glisse, on patrouille en skis pour remettre en place la signalétique et les filets de sécurité, on renseigne les pratiquants, on fait de la pédagogie sur la montagne, les jours de course, on s’occupe de la logistique. On a toutes choisi ce métier en passant le brevet de pisteur nordique parce qu’on aime cette approche douce de la montagne. Il faut être sportives quand même, on fait entre 10 à 20 km de ski par jour.
Observez-vous de nouvelles tendances ?
Les jeunes traileurs viennent courir sur la neige, les cyclistes s’entretiennent l’hiver en faisant du fond. Finie l’image du ski de fond à l’ancienne ! Chez nous, c’est une pratique plus sportive à haute altitude avec du dénivelé. On accueille aussi plus de marcheurs.
PRATIQUE
Aller dans l’Oisans sans voiture
En arrivant en train à Grenoble, des lignes de bus existent vers Le Bourg-d’Oisans et les stations de l’Oisans. Avec l’ascenseur valléen Eau d’Olle Express, situé à Allemond, vous reliez la station d’OZ 3300 en 8 minutes. Le parcours offre une vue spectaculaire sur la vallée et le lac du Verney. Une fois arrivés, on chausse les skis pour les pistes de l’Espace Alpe d’Huez, les raquettes, ou les chaussures de rando en été.

Ce projet s’inscrit dans une démarche de mobilité douce en montagne, permettant aux visiteurs de laisser leur voiture à Allemond leur évitant ainsi 10 km de routes de montagne, l’encombrement des parkings, tout en adoptant une démarche responsable. Pendant l’hiver, les navettes « Oisans » vous emmènent gratuitement d’une station à l’autre, 7 jours sur 7. Il existe aussi un ascenseur valléen à Venosc qui permet d’accéder aux 2 Alpes. Plus besoin de prendre sa voiture.
Plus d’infos pour préparer votre séjour sur : oisans.com
