Venise – Balade buissonnière

 

Une bicyclette pour découvrir Venise, il y a sûrement maldonne. L’engin est taillé pour rouler et non pas pour voguer. Profitons-en pour se balader le long du Sile, un fleuve qui fait le lien entre la très chic Trévise et la lagune. De là, à bord d’un bateau, on passe en revue les îles du nord, délicats amuse-gueule avant de débarquer à Venise, enfin ! Mais on n’était plus si pressé d’y arriver.

 
Pour commencer, laissons les gondoles à Venise, les gondoliers aussi avec leurs marinières, chapeaux de paille à ruban et Ray-Ban, mettons de côté la place Saint-Marc, le palais des Doges, la Campanile, le Grand Canal, les pigeons odieux, les pèlerins venus en masse se recueillir et s’esbaudir dans la ville faite Art, celle qui supplante toutes les autres en matière de clichés. À force de jouer à la plus belle ville du monde, à la plus romantique, à la plus mélancolique si encline à la noyade, on peut se demander si derrière le masque un cœur bat encore. Point de gondoles donc, mais des bicyclettes, véhicules bien connus pour ne pas goûter les ponts en escalier et dont la capacité à flotter sur les canaux est pour ainsi dire nulle. Une incompatiblité si radicale avec Venise appelle le détour, le contournement, l’escapade, pousse à envisager les alentours. Une bici comme disent les Italiens donne des ailes pour aller voir ailleurs et ce n’est pas plus mal. Avant de voir Venise, éloignons-nous. La ville de Casanova ne saurait bouder quelques préliminaires toujours précieux pour attiser la flamme du désir. Et que dire d’une pincée de jalousie pour relever le tout. Ainsi, une visite à sa voisine, Trévise, s’impose. (…)
 
 
 
 
Photographe : Virginie Sueres
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Écrit par
Albert Zadar
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